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Archéologie
des idées :
Bernard-Henry
Lévy en 2005.
Une
conception bien particulière du débat politique
Par Pierre Le Vigan
Référendum
européen de 2005. La campagne
pré-référendaire est vive. La France
est partagée entre les
‘’oui’’ et les
‘’non’’. Le site souvent bien
informé Acrimed
évoque
les polémiques anti-non, et l’antifascisme
ahurissant d’obsession de
l’omniprésent Bernard-Henry Lévy
« Pourquoi
Fabius, écrit
BHL, ne
s’est-il pas montré ? Pourquoi, chez
les partisans du non « de gauche », ce malaise
étrange, palpable ? Pourquoi,
chez tel leader écolo, ou chez un Montebourg, ces
éclairs de panique dans le
regard quand on attendait de l’exultation ? » C’est
vrai, pourquoi? La
réponse du philosophe-politologue tombe comme un couperet :
« Parce
qu’ils ont assez d’oreille, ceux-là au
moins, pour entendre Marine Le Pen dénoncer, à 20
h 10,
l’ ’’élite
politico-médiatique’’
dans les termes mêmes où, à 20 h 05 la
fustigeait
Emmanuelli. Parce que les
plus cyniques d’entre eux, ceux qui ont joué le
plus
éhontément sur les peurs,
les xénophobies, les réflexes souverainistes et
chauvins,
se sentent quand même
embarrassés de retrouver leurs mots, presque leur voix, dans
la
bouche
goguenarde du vieux Le Pen.
»
Et puisque les tenants du
’’non’’ de gauche et du
’’non’’
d’extrême-droite ont un vocabulaire commun, cette
campagne fût, selon notre
philosophe-démocrate, une « campagne
de
désinformation sans précédent [qui]
aura jeté [le texte du Traité
Constitutionnel Européen] aux
chiens des populismes de droite et de gauche. »
Une semaine plus tard, BHL persistait et signait dans
l’amalgame :
« C’était
Emmanuelli qui (...) réclamait
la
démission du président de la
République sur
le ton et dans les termes du Front national ». Et encore
« Krivine ou Besancenot retrouvant
l’antienne
FN pour rappeler que les
parlementaires, s’il leur avait été
donné de voter, auraient ratifié le
traité
à 90 %. » Puis c’est au tour
des altermondialistes, et des « dirigeants
d’Attac appelant, dans la langue
frontiste toujours,
à la
‘’résistance’’
contre une ‘’mondialisation’’
». (Acrimed, Mathias Reymond, 4 juillet 2005).
On apprend donc qu’il y a selon B-H Lévy
une
« langue frontiste », un
« ton frontiste », des expressions
intrinsèquement frontistes comme
celle d’ « élite
politico-médiatique ». Une chose est
sûre : la
langue de M. B-H Lévy est absurde et relève
d’une vision totalitaire et
paranoïaque des débats intellectuels.
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