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| Le
18 juin 1940 est l'une de ces images d'Épinal qui n'intéresse plus
guère les Français, si l'on en croit les sondages*. Plus elle s'éloigne,
pourtant, plus nos dirigeants, qui ont jeté le gaullisme par dessus le
bord depuis belle lurette, se gargarisent de discours et de
cérémonies... Légende dorée qui occulte l'autre part de mémoire de nos pères : celle qui fut rejetée dans l'opprobe, puis dans l'ombre. Et pourtant, comme la plupart des icônes mémorielles de la deuxième guerre mondiale (et de la première aussi), en fouillant un peu dans les détails de ce grand événement radiophonique, il n'est pas difficile de retrouver des ombres au tableau idyllique. Les images d'Épinal n'ont qu'un temps. Le roi soleil, les Conventionnels, Napoléon, Philippe Pétain moisissent dans les greniers de nos anciennes gloires. Il était inévitable que Charles de Gaulle empruntât à son tour le chemin des vide-greniers. |



| « J’aurais suivi De Gaulle avec joie contre les Allemands, mais je ne pouvais le faire contre les Français… Il me semblait qu’un Français de l’étranger devait se faire le témoin à décharge, et non à charge de son pays… Si je n’étais pas gaulliste, c’est que leur politique de haine n’était pas pour moi la vérité » (Antoine de Saint-Exupéry) |
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