http://www.esprit-europeen.fr/  esprit-europeen.fr  : revue indépendante de débat et d'intérêt général européen.

       

Lectures   Lu, dit, vu et... entendu   Sommaire



John Sadeq, le rappeur géopolitique qui exp(l)ose la haute trahison du gouvernement sarkozien envers la France, désormais
52e État de l'empire états-unien et supplétif des guerres décrétées par l'axe Washington-Tel Aviv.


    On  peut ne pas aimer le rap, ça hurle avec l'accent vulgaire de nos tristes favelas de l'hémisphère nord, c'est agressif, ça vous nique tout le monde à tour de bras, vos mères, vos flics, votre France, votre race... et j'en passe. Ça injurie le sens le plus élémentaire de l'harmonie musicale, ça fait l'éloge de la délinquance ordinaire des petites frappes des banlieues bigarrées. Gangsta-rap à la Joey  Starr facilement récupéré par le show-biz et la gauche des beaux quartiers, bobo-rap à la Doc Gynéco qui anime volontiers les soirées de l'UMP...

    Mais Sadeq n'est rien de tout ça. Certes, il garde l'anti-mélodie du rap, sa gouaille vulgaire, mais une chose est sûre, il ne roule pour personne, lui, ni pour la mode. Pour s'en convaincre, il n'est qu'à écouter ses paroles subversives et imaginer les grimaces de ceux qui les prennent en pleine figure, les traîtres, les lâches, les opportunistes de tout poil, les politichiens par qui nous avons le déshonneur d'être gouvernés.

    Pas de cadeaux pour la racaille en Rolls-et-Rolex, pour les carpettes de la Maison Blanche, les thuriféraires des massacreurs de Palestiniens, d'Irakiens, de Serbes et d'Afghans, pas de quartiers pour les laquais qui se comportent en monarques et enfoncent chaque jour un peu plus le fier pays qui naguère était le nôtre dans une irréversible décadence.
   
    Pour l'écouter, il suffit de cliquer sur l'affiche ci-dessus.

   
 


*





À Paris aussi on pouvait lapider une femme :
Michel Audiard raconte sa rencontre de 1944 avec les "libérateurs"
 

Au moment où l'Empire du Bien se complaît dans les récitations obligatoires d'un devoir de mémoire sélectif tout aussi convenues que les imprécations sélectives lancées à l'encontre des ennemis arbitrairement désignés de l'Occident (Serbes, Saddamites, Talibans, Iraniens...) au moment où il détourne pudiquement les yeux des crimes perpétrés actuellement à Gaza, Guantanamo, Bagram... il est bon de rappeler que toutes les guerres sont cruelles, que la "justice" expéditive des vainqueurs n'est jamais belle à voir, encore moins à subir, surtout lorsque la racaille en armes tient le haut du pavé, bref que l'horreur est humaine, trop humaine comme a pu le constater le célèbre dialoguiste du cinéma français, Michel Audiard, dont le témoignage qui suit nous est opportunément remis en mémoire par Pierre Le Vigan.



"L'homme qui n'est pas intérieurement préparé à la violence est toujours plus faible que celui qui lui fait violence." Soljénitsyne, L'archipel du goulag, 1973.


Michel Audiard :  

« Nous autres, enfants du quatorzième arrondissement, on peut dire qu’on a été libéré avant tous les autres de la capitale, cela en raison d’une position géographique privilégiée. On n’a même pas de mérite. Les Ricains sont arrivés par la porte d’Orléans, on est allé au-devant d’eux sur la route de la Croix-de-Berny, à côté de chez nous. On était bien content qu’ils arrivent, oui, oui, mais pas tant, remarquez bien, pour que décanillent les ultimes fridolins, que pour mettre fin à l’enthousiasme des « résistants » qui commençaient à avoir le coup de tondeuse un peu facile, lequel pouvait – à mon avis – préfigurer le coup de flingue.
Cette équipe de coiffeurs exaltés me faisait, en vérité, assez peur. La mode avait démarré d’un coup. Plusieurs dames du quartier avaient été tondues le matin même, des personnes plutôt gentilles qu’on connaissait bien, avec qui on bavardait souvent sur le pas de la porte les soirs d’été, et voilà qu’on apprenait – dites-donc – qu’elles avaient couché avec des soldats allemands ! Rien que ça ! On a peine à croire des choses pareilles ! Des mères de famille, des épouses de prisonnier, qui forniquaient avec des boches pour une tablette de chocolat ou un litre de lait. En somme pour de la nourriture, même pas pour le plaisir. Faut vraiment être salopes ! Alors comme ça, pour rire, les patriotes leur peinturluraient des croix gammées sur les seins et leurs rasaient les tifs. Si vous n’étiez pas de leur avis vous aviez intérêt à ne pas trop le faire savoir, sous peine de vous retrouver devant un tribunal populaire comme il en siégeait sous les préaux d’école, qui vous envoyait devant un peloton également populaire. C’est alors qu’il présidait un tribunal de ce genre que l’on a arrêté l’illustre docteur Petiot – en uniforme de capitaine – qui avait, comme l’on sait, passé une soixantaine de personnes à la casserole. Entre parenthèses, puisqu’on parle toubib, je ne connais que deux médecins ayant à proprement parler du génie, mais ni l’un ni l’autre dans la pratique de la médecine : Petiot et Céline. Le premier appartient au panthéon de la criminologie, le second trône sur la plus haute marche de la littérature.
Mais revenons z’au jour de gloire ! Je conserve un souvenir assez particulier de la libération de mon quartier, souvenir lié à une image enténébrante : celle d’une fillette martyrisée le jour même de l’entrée de l’armée Patton dans Paris. Depuis l’aube les blindés s’engouffraient dans la ville. Terrorisé par ce serpent d’acier lui passant au ras des pattes, le lion de Denfert-Rochereau tremblait sur son socle. Édentée, disloquée, le corps bleu, éclaté par endroits, le regard vitrifié dans une expression de cheval fou, la fillette avait été abandonnée en travers d’un tas de cailloux au carrefour du boulevard Edgard-Quinet et de la rue de la Gaité, tout près d’où j’habitais alors. Il n’y avait déjà plus personne autour d’elle, comme sur les places de village quand le cirque est parti. Ce n’est qu’un peu plus tard que nous avons appris, par les commerçants du coin, comment s’était passée la fiesta : un escadron de farouches résistants, frais du jour, à la coque, descendus des maquis de Barbès, avaient surpris un feldwebel caché chez la jeune personne. Ils avaient – natürlich ! – flingué le chleu. Rien à redire. Après quoi ils avaient férocement tatané la gamine avant de la tirer par les cheveux jusqu’à la petite place où ils l’avaient attachée au tronc d’un acacia. C’est là qu’ils l’avaient tuée. Oh ! Pas méchant. Plutôt, voyez-vous, à la rigolade, comme on dégringole des boîtes de conserve à la foire, à ceci près : au lieu des boules de son, ils balançaient des pavés. Quand ils l’ont détachée, elle était morte depuis longtemps déjà aux dires des gens. Après l’avoir balancée sur le tas de cailloux, ils avaient pissé dessus puis s’en étaient allés par les rues pavoisées, sous les ampoules multicolores festonnant les terrasses où s’agitaient des petits drapeaux et où les accordéons apprivoisaient les airs nouveaux de Glen Miller. C’était le début de la fête. Je l’avais imaginée un peu autrement.
Après ça je suis rentré chez moi, pour suivre à la T.S.F la suite du feuilleton. Ainsi, devais-je apprendre, entre autres choses gaies, que les forces françaises de l’intérieur avaient à elles seules mis l’armée allemande en déroute. Le Général De Gaulle devait, par la suite, accréditer ce fait d’armes. On ne l’en remerciera jamais assez. La France venait de passer de la défaite à la victoire, sans passer par la guerre.
C’était génial. »


Michel Audiard, Le Figaro-Magazine, 21 juillet 1984. Rivarol 08/09.







*







POURQUOI IL FAUT ABROGER LA “LOI GAYSSOT”…
ET POURQUOI LA CENSURE NE SERT A RIEN


Posted by libertesinternets under Censure, Fascisme d'aujourd'hui, Libertés publiques, Parti de l'Ordre

[Claude Courouve - 29/09/2009]  http://laconnaissanceouverteetsesdetracteurs.blogspot.com/2009/09/pourquoi-il-faut-abroger-larticle.html



    Orwell dénonçait le totalitarisme et les atteintes aux libertés, notamment à la liberté d’expression. Aujourd’hui, le politiquement correct incarne ce Big Brother, grand surveillant des paroles et grand vigilant. La Gayssot attitude, initiée dès 1986 par des députés socialistes au nom de la défense de la vérité, bloque la marche du savoir, selon l’expression de l’historien François Furet[1], car elle empêche la confrontation des arguments. Ce que l’on appelle « loi Gayssot », en son article 9, est l’article 24 bis de la loi de juillet 1881 sur la liberté de la presse. En voici le premier alinéa :

    “Seront punis des peines prévues par le sixième alinéa de l’article 24 ceux qui auront contesté, par un des moyens énoncés à l’article 23, l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis par l’article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été commis soit par les membres d’une organisation déclarée criminelle en application de l’article 9 dudit statut, soit par une personne reconnue coupable de tels crimes par une juridiction française ou internationale.”

    Article 6 (c) de ce statut : ’ Les Crimes contre l’Humanité ’: “c’est-à-dire l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou persécutions, qu’ils aient constitué ou non une violation du droit interne du pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du Tribunal, ou en liaison avec ce crime.”

    On notera que l’expression « chambres à gaz » ne figure dans aucun de ces textes. Une société de connaissance ouverte peut difficilement accepter une telle disposition qui soumet le débat public aux décisions d’un tribunal militaire. La loi du 26 janvier 1884, article 3, alinéa 1, énonçait un « principe fondamental reconnu par les lois de la République (PFRLR) : “Le service public de l’enseignement supérieur est laïc et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique ; il tend à l’objectivité du savoir ; il respecte la diversité des opinions. Il doit garantir à l’enseignement et à la recherche leurs possibilités de libre développement scientifique, créateur et critique.”
    La mécanique du politiquement correct va-t-elle si vite que ces mots ne veuillent plus rien dire aujourd’hui ? Dans la culture occidentale, on doit, pour la qualité de l’instruction publique, pouvoir fournir en permanence les éléments objectifs établissant les faits scientifiques ou historiques, justifiant les diverses théories ou politiques élaborées à partir de ces faits. On ne peut s’en tenir à la position irréfléchie de 34 historiens français qui eurent ce que Paul Thibaud a appelé par la suite “un réflexe de cordon sanitaire” ; ils annoncèrent publiquement leur refus de débattre :

    “Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été techniquement possible puisqu’il a eu lieu. [...] Il n’y a pas, il ne peut pas y avoir de débat sur l’existence des chambres à gaz.” (Le Monde, 21 février 1979).

    Plusieurs d’entre eux furent d’ailleurs par la suite opposés à cette “loi Gayssot”, et aucun historien spécialiste de la deuxième guerre mondiale (Henri Amouroux, Henri Michel, René Rémond) ne figurait parmi les signataires. Comme l’écrivait le philosophe Jean-François Lyotard, “Comment savoir que l’adversaire est de mauvaise foi tant qu’on n’a pas cherché à le convaincre et qu’il n’a pas manifesté par sa conduite son mépris des règles scientifiques?”.[2] La « Gayssot attitude » s’était heurtée à l’opposition du Sénat ; cette loi du 13 juillet 1990 ne fut pas contrôlée par le Conseil constitutionnel[3] ; elle fut déplorée par la majorité des historiens et de juristes, de même que l’ensemble des lois mémorielles (colonisation, esclavage, Arménie) :

    Appel du 12 décembre 2005 de “Liberté pour l’histoire” :
   
    “Émus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l’appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les principes suivants : L’histoire n’est pas une religion. L’historien n’accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant. L’histoire n’est pas la morale. L’historien n’a pas pour rôle d’exalter ou de condamner, il explique. L’histoire n’est pas l’esclave de l’actualité. L’historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n’introduit pas dans les événements d’autrefois la sensibilité d’aujourd’hui. L’histoire n’est pas la mémoire. L’historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L’histoire tient compte de la mémoire, elle ne s’y réduit pas. L’histoire n’est pas un objet juridique.
    Dans un État libre, il n’appartient ni au Parlement ni à l’autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l’État, même animée des meilleures intentions, n’est pas la politique de l’histoire. C’est en violation de ces principes que des articles de lois successives – notamment lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005 – ont restreint la liberté de l’historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu’il doit chercher et ce qu’il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites. Nous demandons l’abrogation de ces dispositions législatives indignes d’un régime démocratique.”

    Les signataires : “Jean-Pierre Azéma, Elisabeth Badinter, Jean-Jacques Becker, Françoise Chandernagor, Alain Decaux, Marc Ferro, Jacques Julliard, Jean Leclant, Pierre Milza, Pierre Nora, Mona Ozouf, Jean-Claude Perrot, Antoine Prost, René Rémond, Maurice Vaïsse, Jean-Pierre Vernant, Paul Veyne, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock.” (http://www.lph-asso.fr/)

    Prise sous le coup de l’émotion de la profanation de Carpentras, Jacques Toubon jugeait cette disposition en ces termes : « Je suis contre le délit de révisionnisme, parce que je suis pour le droit et pour l’histoire, et que le délit de révisionnisme fait reculer le droit et affaiblit l’histoire [4] ».
    Le 7 octobre 1996, l’Académie des Sciences Morales et Politiques, à l’unanimité, avait souhaité que l’on revienne sur cette disposition (Le Figaro, 18 octobre 1996). Plusieurs juristes français avaient rapidement exprimé leurs réticences, leurs inquiétudes face à cette disposition d’inspiration totalitaire. Selon François Terré, professeur agrégé de philosophie du droit à Paris-II,

    « En érigeant le révisionnisme – lequel est aberrant – en infraction pénale, on porte atteinte: a) à la Déclaration de 1789 : “Nul ne doit être inquiété pour ses opinions [...]” b) à la libre recherche scientifique, consacrée par les lois de la République, et dont la liberté d’expression est une illustration. » (Le Figaro, 29 juin 1990, p. 2)

    Des affaires récentes (invitation de Dieudonné, Mgr Williamson, « point de détail » de Le Pen) ont montré que cette disposition est devenue, au nom de la lutte contre l’antisémitisme, la clef de voûte de la police de la parole. Je m’étonne que Mathieu Kassovitz, dans la plainte pour diffamation qu’il vient de déposer, mette sur le même plan Joseph Goebbels, auquel l’assimile le site Internet du JDD, et Robert Faurisson qu’évoque à son sujet L’Express (”Kassovitz en Faurisson du 11-Septembre”) ; il me semble que l’un a un palmarès largement différent de celui de l’autre.
    Cette égalisation montre que pour Kassowitz, comme avant lui pour Val et Siné, la seule liberté d’expression qui compte, c’est la sienne ; rares sont ceux qui comprennent que la liberté d’expression est une liberté, que la liberté est le premier droit fondamental et que le principe d’attribution des droits est l’égalité. La liberté d’expression doit donc valoir pour tous et pour tous les sujets, sinon elle se réduit à un privilège. Cette liberté d’expression est constitutionnellement la première des libertés[5] . La démocratie, ce n’est ni « Ferme ta gueule », ni « Cause toujours », mais cette esprit voltairien qui fait suivre le désaccord d’une argumentation, d’une réfutation si nécessaire :

    « En général, il est de droit naturel de se servir de sa plume comme de sa langue, à ses périls, risques et fortune. Je connais beaucoup de livres qui ont ennuyé, je n’en connais point qui aient fait de mal réel. […] Mais paraît-il parmi vous quelque livre nouveau dont les idées choquent un peu les vôtres (supposé que vous ayez des idées), ou dont l’auteur soit d’un parti contraire à votre faction, ou, qui pis est, dont l’auteur ne soit d’aucun parti : alors vous criez au feu ; c’est un bruit, un scandale, un vacarme universel dans votre petit coin de terre.
    Voilà un homme abominable, qui a imprimé que si nous n’avions point de mains, nous ne pourrions faire des bas ni des souliers [Helvétius, De l’Esprit, I, 1] : quel blasphème! Les dévotes crient, les docteurs fourrés s’assemblent, les alarmes se multiplient de collège en collège, de maison en maison ; des corps entiers sont en mouvement et pourquoi ? pour cinq ou six pages dont il n’est plus question au bout de trois mois.
    Un livre vous déplaît-il, réfutez-le ; vous ennuie-t-il, ne le lisez pas. » Voltaire, Questions sur l’Encyclopédie, article « Liberté d’imprimer ».

    Il faut rétablir une liberté d’expression globale, comme le souhaita le Fondateur d’Agoravox au Forum “Liberté de la presse et concentration dans les médias, site du Nouvel Obs, 21 février 2007 :
    Question [la mienne en fait] : « L´omerta autour du 11 septembre est un autre cas intéressant à étudier » [réponse à une question précédente] Parleriez-vous aussi d’omerta autour de l’Holocauste ?» Réponse de Carlo Revelli à ma question : «Je ne pense pas que j’associerais ces deux termes entre eux… En revanche, je pense que le fait qu’on puisse mal discuter de l’Holocauste tend à favoriser l’essor « underground » des thèses négationnistes. Je suis pour une liberté d’expression globale.»
    À la question de Montaigne : « Est-il chose qu’on vous propose pour l’avouer ou refuser, laquelle il ne soit pas loisible de considérer comme ambiguë ? » (Essais, II, xii, p. 503 de l’édition Villey), Immanuel Kant répondait : « Chacun est, qu’il le veuille ou non, forcé de croire à un fait tout autant qu’à une démonstration mathématique, pourvu que ce fait soit suffisamment avéré[6]. » D’où la nécessité de pouvoir examiner librement si le fait est, ou non, avéré.
    À défaut de ce libre examen, on porte tort, comme le notait John Stuart Mill[7] , au développement mental de ceux que l’on intimide par la crainte de l’hérésie. Il y a là un interdit public, de type religieux, défavorable à la fonction intellectuelle (ce que Sigmund Freud aussi notait), et contraire, par son aspect religieux, à la laïcité, prise sous l’angle de la liberté de conscience.



[1] Dans Commentaire, n° 80, hiver l997-98, Ernst Nolte et François Furet s’accordaient sur la légitimité du débat sur ce sujet. Leur correspondance a depuis été publiée en volume (Plon, 1998 ; Hachette Littératures, coll. Pluriel, n° 971, 2000). Le 5 septembre 1996, Ernst Nolte écrivait à François Furet : « Il faut répondre aux arguments révisionnistes par des arguments et non en engageant des procès. [...] Je me sens provoqué par [le révisionnisme], et je ne me vois pourtant pas m’associer à ceux qui veulent mobiliser les procureurs et la police contre lui. [...] Je considère comme fondamentalement fausse l’affirmation selon laquelle, si l’essentiel est incontestable, aucune affirmation particulière n’aurait plus besoin d’examen, et tous les doutes ne pourraient provenir que d’intentions mauvaises. Je crois qu’on menace au contraire le noyau de la chose lorsque on veut soustraire l’écorce à la discussion, non pas certes le caractère factuel de ce noyau mais le rang et l’importance qu’on lui accorde. » Ce à quoi François Furet répondait le 30 septembre 1996 : « Rien n’est pire que de vouloir bloquer la marche du savoir, sous quelque prétexte que ce soit, même avec les meilleures intentions du monde. C’est d’ailleurs une attitude qui n’est pas tenable à la longue, et qui risquerait d’aboutir à des résultats inverses de ceux qu’elle prétend rechercher. C’est pourquoi je partage votre hostilité au traitement législatif ou autoritaire des questions historiques. L’Holocauste fait hélas partie de l’histoire du XXe siècle européen. Il doit d’autant moins faire l’objet d’un interdit préalable que bien des éléments en restent mystérieux et que l’historiographie sur le sujet n’en est qu’à son commencement. »
À noter que dans leurs mémoires, ni Churchill, ni de Gaulle, ni Eisenhower, ni le maréchal Joukov, n’ont mentionné les chambres à gaz nazies. Par ailleurs les contradicteurs de Faurisson restent partagés entre ceux qui disent qu’il y a abondance de preuves et ceux qui disent que toutes les preuves ont été effacées ; il faudrait choisir.

[2] Jean-François Lyotard, Le Différend, Paris : Minuit, 1983, paragraphe 34.

[3] Les professeurs de droit public P. Avril, O. Duhamel et J. Gicquel se sont étonnés que cette “loi Gayssot” n’ait pas subi de contrôle de constitutionnalité. (Le Monde, 15-16 juillet 1990 ; Pouvoirs, n° 56, 1991. Certains parlementaires avaient alors fait état d’une intimidation qui les aurait dissuadés de déposer un recours. Lorsqu’une loi organique aura défini les conditions d’application du nouvel article 61-1 de la Constitution, il deviendra possible de contester la constitutionnalité de la “loi Gayssot”? ou plus exactement de l’article Gayssot de la loi sur la liberté de la presse.

[4] Assemblée Nationale, 3e séance du 21 juin 1991.

[5] « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. » Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, article 10, proposé par Louis de Castellane et Jean-Baptiste Gobel. « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, article 11, proposé par le duc de La Rochefoucauld d’Enville.

[6] Kant, Qu’est-ce que s’orienter dans la pensée ? (1786) ; traduction Pierre Jalabert, in Œuvres philosophiques, tome 2, Gallimard, 1985, coll. Pléiade.

[7] John Stuart Mill, On Liberty, chap. II, « Of the Liberty of Thought and Discussion » (1859).
 




A QUOI CA SERT, LA CENSURE ?

Posted by libertesinternets under Censure, Libertés publiques, 18 octobre 2009


    En général, il est de droit naturel de se servir de sa  plume comme de sa langue, à ses périls, risques et fortune. Je connais  beaucoup de livres qui ont ennuyé, je n’en connais point qui aient fait de mal  réel. […]

    Mais paraît-il parmi vous quelque livre nouveau dont les idées  choquent un peu les vôtres (supposé que vous ayez des idées), ou dont l’auteur  soit d’un parti contraire à votre faction, ou, qui pis est, dont l’auteur ne  soit d’aucun parti : alors vous criez au feu ; c’est un bruit, un scandale, un  vacarme universel dans votre petit coin de terre.

    Voilà un homme abominable,  qui a imprimé que si nous n’avions point de mains, nous ne pourrions faire des  bas ni des souliers [Helvétius, De l’Esprit, I, 1] : quel blasphème!

    Les  dévotes crient, les docteurs fourrés s’assemblent, les alarmes se multiplient  de collège en collège, de maison en maison ; des corps entiers sont en  mouvement et pourquoi ? pour cinq ou six pages dont il n’est plus question au  bout de trois mois.

    Un livre vous déplaît-il, réfutez-le ; vous ennuie-t-il,  ne le lisez pas. »

Voltaire, Questions sur l’Encyclopédie, article « Liberté  d’imprimer ».




Qui êtes-vous ?

Claude Courouvre :
LEPAUD, CREUSE, France
   
    Enseignant retraité, auteur d'études de philosophie et d'histoire des moeurs.
Partisan d'une conception radicale de la liberté d'expression







*




 LE BILAN AMER DES PERTES AMERICAINES EN IRAK!



Source: http://www.aljazeera.net/NR/exeres/FDA7820E-DB70-4B9A-BF89-9A17EE7F9348.htm/

   
   Depuis mars 2003, le total des pertes américaines en Irak atteint 4.306, selon un bilan établi à partir du site www.icasualties.org
Ce sont là les chiffres officiels. Et ils sont en augmentation régulière : pour le seul moi de mai 2009, 24 soldats usaméricains sont tombés au combat ou dans des accidents.
   C'est bien peu, jugera-t-on,  par rapport au chiffre des victimes irakiennes de cette guerre d'occupation qui s'élève, selon la plupart des estimations, à plusieurs centaines de milliers de morts, voire dépasse le million depuis longtemps.
   Mais les pertes américaines, d'après une enquête dévoilée sur la chaine Aljazeera, seraient beaucoup plus lourdes si l'on tient compte de celles subies par les nombreux mercenaires employés  pour la protection, la sécurité et des missions de combat (ils étaient 160 000 hommes au dernier compte),  auxquelles il faut ajouter les morts civils des très nombreux employés étasuniens et étrangers travaillant dans les services logistiques divers.
   Le coût global de cette guerre est également beaucoup plus élevé que la douzaine de milliards de $ admise officiellement.
   Voici quelques extraits de cet article de réinformation qui devrait faire dresser les cheveux sur la tête à tout citoyen de ce pays déjà plus qu'au bord de la faillite s'il les connaissait... Oui mais voilà, les statistiques officielles sont là, comme d'habitude, pour minimiser l'horreur lorsqu'elle apparaît dans notre camp et la maximiser lorsqu'elle provient du camp adverse.

    La guerre en Irak appartient à ce qu'on appelle une guerre asymétrique, c'est-à-dire une guerre de libération ou de partisans. Pour déterminer le rapport des tués aux blessés, nous avons tenu compte et fondé notre recherche sur les rapports officiels de l'armée américaine donnant le nombre des tués et des blessés depuis 2003 et jusqu'à la fin de 2008. Le nombre des blessés enregistrés auprès du ministère des anciens combattants pour les motifs les plus divers (couverture sociale, demande de soins et d'indemnités…) est de 224.000. Sur la base de un tué pour sept blessés, le nombre de tués serait de 32.000. 

    

    Ce chiffre est confirmé par de nombreuses sources fiables et de commissions américaines indépendantes. En tête de ces commissions, il y a la Commission Baker-Hamilton, désignée par le Congrès, qui a été aidée par 183 experts civils et militaires et qui a produit un premier rapport, reconnaissant pour la première fois que "le nombre d'attaques au mois d'octobre 2006, a atteint le chiffre de 180 par jour et celui des tués 102". Un autre rapport américain qui n'est pas moins important donne une idée sur les pertes réelles américaines. Il émane du GAO (Government Accountability Office) en date du 23 juillet 2008 et qui donne pour la première fois le nombre d'attaques exécutées par la résistance irakienne: 164.000 attaques considérées comme importantes et violentes, ce chiffre ne comprenant pas les attaques effectuées au sud et à l'est du pays. Ainsi, en ajoutant les 300 militaires tués lors des premières semaines de l'invasion américaine et jusqu'au mois d'avril 2003, les 1315 tués des entreprises de mercenaires, le nombre total des tués américains en Irak serait de 33.615, et ce jusqu'à la fin de 2008. On ne dispose pas par contre d'informations fiables sur le nombre de tués dans "les missions hors combat", les suicidés ou les blessés morts dans les hôpitaux allemands ou lors de leur évacuation, et qui traditionnellement ne sont pas comptés dans les morts officiels.  


    

   

    Le coût matériel, financier et économique de la guerre en Irak n'est pas moins important. Il est même plus important dans le cas des USA, compte- tenu des conditions de son financement. En 2003, le coût était estimé à 4,4 Milliards $. En 2008, il monte 12 Milliards $. Selon des sources américaines, notamment la commission économique conjointe du Congrès américain, l'étude Joseph Stiglitz, lauréat 2001 du prix Nobel d’Economie, professeur d’économie à l’Université de Columbia et co-auteur, avec Linda Bilmes, de The Three Trillion Dollar War : The True Costs of the Iraq Conflict. Effectué sur la base de documents officiels et avec le concours de l'organisation des anciens combattants. C'est une guerre à 3000 milliards $. Ce coût comprend les opérations, y compris les salaires du personnel militaire et des mercenaires, plus le coût du matériel, équipements et armements (blindés, chars, hélicoptères, avions) dont la moitié est devenue obsolète et le restant nécessitant des réparations et des remises en état pendant cinq ans comme le signale le rapport Baker-Hamilton- dans sa recommandation 48. Ce coût comprend aussi les dépenses engagées pour la couverture sociale et médicale des militaires blessés ainsi que des intérêts des emprunts faits pour le financement de la guerre, hors budget officiel. 


   

   

    En résumé: Nombre de tués de 2003 à 2008: 33.615 Nombre de blessés de 2003 à 2008: 224.000 Nombre d'attaques de la résistance irakienne de 2003 à 2008: 164.000, non comprises celles effectuées dans l'Est et le Sud du pays. Coût financier 3Trillions $.  


   Je ne prétends pas être parvenu à des résultats d'une précision absolue mais ces résultats proviennent de sources exclusivement américaines. Je n'ai pas mentionné les pertes immatérielles en rapport avec l'effondrement du moral des troupes, la montée du niveau de haine contre les USA dans le monde, de son discrédit et celui de son discours sur la démocratie, son influence et sa place dans le monde…en plus de la montée du chômage, de l'endettement. Il est attendu que juste après la fin de la guerre ou peut-être après le retrait des troupes américaines des villes, on ait un bilan officiel de cette guerre.

Traduit de l'arabe par Ahmed Manai www.tunisitri.net/ http://rsistancedespeuples.blogspot.com/

*

Fallait-il qu'un président de la République française assistât
au dîner du CRIF ?!

   Est-il normal qu'un président de la République, représentant suprême de tous les Français, participe au dîner officiel d'une organisation censée représenter une communauté religieuse qui ne constitue que 1% de la population française ? Une majorité de Français, si l'on en croit le sondage ci-dessous, pense que cette présence est déplacée. Pour être équitable, le Président devrait assiter aux dîners de toutes les communautés ethniques, politiques ou religieuses désireuses d'avoir un tel hôte de marque à leur table. La table des évêques de France, des pasteurs calvinistes, des imams de France et pourquoi pas celle des Druides bretons, des bouddhistes et des Maliens de Paris...?
   Ce serait impossible sauf à passer son temps à naviguer d'une table à l'autre, un comble pour un président qui n'apprécie guère la bonne chère à la différence de son prédécesseur. Ce serait aussi incompatible avec la dignité qui sied à la fonction dans une République qui ne se veut pas trop bananière. Ce serait surtout aller à la rencontre des Français (ou de tels ou tels de leurs représentants) en tant que faction, que fraction de l'ensemble, rechercher ce qui les différencie et les divise plutôt que ce qui les rassemble. Mais ce faisant, comme il ne négligerait aucune communauté, aucune orientation religieuse, idéologique ou politique, on ne pourrait lui reprocher de se montrer partisan.
   Ce n'est pas le cas. En assistant au dîner très politique du Conseil Représentatif des Juifs de France, le Président de la République française montre à tous les Français que pour lui certaines communautés, et une tout particulièrement, comptent plus que les autres. Geste d'autant plus déplacé que le CRIF ne représente pas tous les juifs de France, loin s'en faut, mais qu'il incarne la tendance la plus dure parmi eux, celle qui, dans le conflit actuel en Palestine, soutient inconditionnellement l'État sioniste d'Israël, celle qui excuse, appuie, encourage les terribles massacres de civils qui se sont déroulés en décembre et janvier derniers et qui n'étaient qu'un épisode de cette barbarie sans fin.
   C'est ce moment-là que notre président choisit pour poser au milieu des va-t-en-guerre,  des affameurs et des épurateurs ethniques, au lieu de fréquenter le camp de la paix, au lieu de protester face à l'horreur qui a suscité une vague d'indignations à travers le monde, de faire pression dans le sens d'une réparation, d'un apaisement et d'un règlement équilibré de ce conflit qui n'a que trop duré et menace, par l'effet d'une réaction en chaîne, de nous entraîner  dans une
véritable guerre mondiale !? Oui, c'est bien ce moment là que le président "de tous les Français" choisit pour s'attabler avec les suppôts de la guerre et des massacres en parlant de la "montée de l'antisémitisme en France" (la sempiternelle pleurnicherie de crocodile qui tente de cacher la vraie douleur des Palestiniens...)
   Doit-on s'en étonner ? Non, on ne s'étonne plus de rien avec ce petit Monsieur bling-bling qui se remue tant pour faire si peu, qui brade la tradition d'indépendance de la politique étrangère (gaullienne) française, qui aligne nos soldats derrière l'Oncle Sam pour appuyer les sales guerres qu'il  déclenche un peu partout, mais qu'il ne peut gagner au bout du compte, comme il ne le pouvait au Vietnam. Sarkozy laissera le souvenir du président qui aura poussé la France dans le camp des futurs vaincus. Les Français, même s'ils sont parfois les veaux dont parlait de Gaulle, finiront par s'en rendre compte et le renvoyer très vite à ses petites affaires personnelles du côté de Cap Nègre ou de New York où le portent ses désirs, ostensiblement beaucoup plus que du côté de l'intérêt général des Français et des Européens dont il ne se soucie guère.

P.K., 04/03/09
Annexe
   Deux petites vidéos à regarder, accablantes pour le "sarkosionisme", avant qu'elles ne soient éventuellement frappées par la censure :
   L'une souligne l'israélolâtrie du président sur fond de guerre sanglante
(NB: la video n'apparaît qu'en copiant l'adresse suivante dans l'en-tête  de  votre  navigateur)  :
http://www.youtube.com/watch?v=B1KLwO_0DQA

   L'autre revient, de manière lyrique -et avec quelques fautes d'orthographe- sur les enfants victimes de cette barbarie :
http://www.truveo.com/Massacre-en-palestine/id/490443807

    
Et juste au dessous du sondage, vous pourrez lire l'excellent article paru sur le site Mecanopolis et repris par Alterinfo à propos de cet infâme apparition présidentielle au dîner  du CRIF.
   

Sondage Le Monde/Expression Publique 02/03/09 

Propagande et pleurnicheries 

au dîner du CRIF


 

Source : Mecanopolis. Les mécanismes du mensonge et de la domination, mardi 3 mars 2009

    L’antisémitisme a été la préoccupation dominante lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), exprimée aussi bien par le président Sarkozy, le président du CRIF Richard Prasquier, ainsi que Dalil Boubakeur, recteur de la grande Mosquée de Paris et chef de poste des services algériens en France (1).

    « L’antisémitisme est de retour, en janvier 2009, il y a eu trois cent cinquante-deux actes antisémites de toutes sortes, à comparer à quatre cent soixante actes environ pour les années entières de 2007 ou 2008 » a déclaré Prasquier dans son discours.

    Ce dernier n’a évidemment pas parlé du soutien inconditionnel du « grand » rabbin de France Gilles Bernheim à Tsahal (l’armée de l’État juif), pendant l’offensive israélienne à Gaza au début de l’année, lors de manifestations publiques, et qui, pendant l’une de ces logorrhées dont il a le secret, allait même jusqu’à déclarer au quotidien Libération, le 9 janvier 2009, que « la seule préoccupation de l’armée israélienne est de préserver, avec amour et courage, l’idée d’humanité pour tous les hommes. » N’est-ce pas là, pour le représentant des Juifs en France, un discours qui

    Sarkozy, Prasquier et Boubakeur au dîner du CRIF, le 2 mars 2009                     dépasse largement le cadre de ses fonctions ? Qu’aurions-nous pas entendu si le Conseil Francais du Culte Musulman    (CFCM) s’était exprimé en faveur de la résistance palestinienne ?   

                                                                                                       

    Mais on aurait tort de penser que le rabbin Bernheim se paie notre tête. Ses déclarations, par une sorte de stratégie de la confusion, suivent un but précis : créer l’amalagame dans l’imaginaire collectif, et pourquoi pas ensuite dans le code pénal (2), entre judaïsme et sionisme, de sorte à pouvoir ensuite brandir l’épouvantail de l’antisémitisme en accusant systématiquement de judéophobie tous ceux qui auraient l’outrecuidance de manifester un désaccord à l’encontre de la politique d’épuration ethnique du peuple palestinien planifié par l’État d’Israël. Car c’est bien l’objectif des dirigeants politiques, économiques et religieux sionistes : soutenir coute que coute l’État hébreu. Une ligne de conduite qui ne représente certainement pas celle de la majorité des juifs en France, dont le CRIF se soucie assez peu de savoir ce qu’ils pensent. Le procédé n’est ni nouveau, ni subtil, mais il ne manquera pas de trouver ses relais dans les médias et la classe politique, soumise depuis bien longtemps au diktat du lobby sioniste (ne doutons pas que le PCF et Les Verts redoublent de vigilance après s’être fait interdire de dîner (3)).

    Ce qui est nouveau, par contre, c’est la volonté du CRIF à vouloir contrôler Internet, le dernier espace propre à une relative liberté d’expression. Pendant son discours, Prasquier à dénoncé la « propagande » sur la Toile, qui « utilise des prétextes, comme le conflit à Gaza ou la crise financière pour diffuser des rumeurs à caractère antisémite ».

    Selon Prasquier, dénoncer les crimes de guerres commis par l’armée israélienne, l’utilisation d’armes à uranium à l’encontre des Gazaouis par les forces sionistes, la déportation de 1′500 palestiniens de Jérusalem, les implications du financier Madoff avec le Mossad, ce sont des « rumeurs» qu’il est urgent de faire disparaître du web.

    Là où Prasquier à peut-être raison, c’est qu’avec la crise financière les populations de France et d’ailleurs pourraient se réveiller moins imbéciles qu’il ne le pense, et, à l’avenir, être moins tolérantes à l’égard des manipulations de toutes sortes. Il serait sage, sinon même urgent, pour les propagandistes de l’idéologie sioniste, de songer à ne pas verser la goutte d’eau qui pourrait faire déborder le vase.

Mecanopolis

  1. Que Boubakeur soit un traître, mis en place par Sarkozy, avec la bénédiction du Général Mohamed Lamine Mediene, alias Toufik, et qu’il se soit acoquiné au lobby sioniste, nous le savions depuis longtemps. Qu’il se compromette au dîner du CRIF, alors qu’il entend représenter les musulmans français, n’est qu’une vaste farce destinée à promouvoir un « Islam de France », cette chose immonde, nulle et non avenue, qui nexiste que dans le fantasme de quelques suspects islamophobes.

  2. Dans le même genre, une loi qui a pour but d’assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme fait actuellement l’objet de discussions en Argentine. Nous consacrerons prochainement un article sur ce sujet.
  3. Le PCF et Les Verts ont été punis par le Conseil représentatif des institutions juives de France parce qu’ils ont protesté contre l’offensive israélienne à Gaza, ce qui démontre encore une fois la volonté de cette organisation à créer la confusion entre l’antisionisme et l’antisémitisme.


Lu, dit, vu et... entendu

*

Témoignage d'une revenante française du rêve américain...

 

Ndlr :  Des  amis (Pierre Albuisson et Christian Mandon, que nous remercions au passage)  nous ont retransmis  aujourd'hui (17/02/09) ce courrier  daté du 28 janvier 2009.  Nous  nous empressons  de le communiquer à nos  lecteurs pour qu'ils prennent la mesure de l'effondrement du modèle américain et de la puissance étasunienne qui servent encore de référence non seulement à tout unestablishment politico-médiatique qui évolue dans le sillage de notre américanolâtre président français,  mais aussi à bon nombre de gens en Europe et ailleurs qui croient bon d'envoyer leurs enfants étudier là-bas, et qui persistent à penser que sous l'égide de l'Oncle Sam, la démocratie, la paix, le progrès social, économique et scientifique vont progresser indéfiniment dans le monde face aux barbares que l'on rencontre dans "le reste du monde" (Russes, Chinois, Arabo-musulmans, Latinos... et même Européens).
Il est temps d'ouvrir les yeux : le rêve américain est bel et bien devenu un cauchemard. Obama n'y changera rien : après les gesticulations sanglantes du dernier cow-boy Bush, il ne lui reste que le rôle de fossoyeur du cadavre étasunien. D'autres nous l'ont déjà annoncé, comme PaulCraig Roberts dans nos pages, mais Catherine l'a vécu et elle le raconte. Ce n'est qu'un cri du coeur, un peu naïf parfois, à propos de la France notamment, un peu moins mal lotie, certes, mais pas si belle non plus depuis qu'elle se mire au mirage du libéralisme. Mais son analyse est réaliste, et la douche froide d'un retour au réel est ce dont nous avons le plus besoin au sortir de ce mauvais rêve. Écoutons-la en souhaitant que meure enfin cette illusion qui nous a -du moins pour beaucoup d'entre nous- si longtemps détourné de nous- mêmes et des vraies richesses du monde.

 

 

> Bonjour,

 

 

> Tout d'abord, je me présente : Catherine, 42 ans, d'Ecouflant (49)

 

> [...]

 

> Aujourd'hui, je voudrais juste témoigner... pas un avis, pas une contribution "d'experte", juste un vécu, une réalité !

 

 

> En 1989, jeunes mariés, mon mari et moi décidons de "tenter notre chance" aux USA.

 

> D'abord comme beaucoup, nous faisons des petits boulots (Restaurants, commerces, enseignement...), installés dans le middle west, d'abord dans l'Iowa puis l'Indiana pour petit à petit "construire notre rève américain" et nous intaller dans l'Ohio. Nous trouvons alors un boulot "sérieux" en 1994 dans une des "real-estate" les plus importants du coin (Sibcy-Cline pour ne pas la citer), lui à terme, en tant que "Account Executive" - Insurance Services - (comprenez en gros "agent d'assurance" sur les maisons vendues :) et moi en tant que "Realtor" (comprenez en gros "agent immobilier").

 

>   TRÈS bien installés, "rêve américain" "acquis", argent facile et sans compter ... nous obtenons la nationalité américaine en 1998.

 

> 2 enfants naissent alors (aujourd'hui âgés de 9 et 6 ans), de nationalité américaine et HEUREUSEMENT aussi française (mais uniquement parce que mon mari a insisté, à l'époque, pour que nous fassions le nécessaire pour cela ..Trés honnêtement, si cela n'avait tenu qu'à moi, ils n'auraient été "que" Américains parce que je ne pensais VRAIMENT pas rentrer en France, un jour). Mes enfants ne parlent d'ailleurs pas le français et ne connaissent pas la culture française .... uniquement limités au virtuel et superficiel US.

 

 

> Tout ça pour dire que contraints et forcés par la crise (et là bas le mot "crise" paraît faible), nous sommes rentrés en France il y a 2 mois ... et Y RESTERONS !

 

> Pourquoi ?

 

> Je suis sidérée de voir comment en Europe l'information, bien que plus exacte et plus complète qu'aux USA (qui cherche désespérément à cacher la vérité à la population) reste néanmoins trés en dessous de la vérité.

 

 

> Actuellement, la vérité, est que les USA sont dans un état de délabrement le plus total. A l'exception de la classe la plus aisée (et de plus en plus aisée), soit peut être 10 ou 15 % de la population, le reste est en débâcle sociale et économique.

 

> Des millions de personnes sont ou vont être sans ressources ni abri.

 

> Certaines villes sont désertées à 75 % et pas des moindres. A Cleveland, par exemple, il doit rester 1/3 de la population, la ville paraît être une ville fantôme sans plus aucune activité "officielle". Phœnix en Arizona est pratiquement à vendre en quasi "totalité" comme bon nombre d'autres localités en Californie, au Nevada.... Chaque jour des "convois" de voitures particulière rejoignent les campagnes sur des routes et des autoroutes qui ne sont plus entretenues depuis plusieurs années.

 

> Les aéroports sont à peu prés dans le même état: manque d'entretien... certains vols sont annulés "par sécurité", les commandant de bord refusant de se poser sur tel ou tel aéroport... les services de la circulation aérienne "secondaire" sont de plus en plus réduits : plus d'informations météo "exactes", plus de défense des aéroports contre les oiseaux, trous dans les pistes, végétation non coupée etc... dans ce pays où prendre l'avion est une nécessité et est devenu une "banalité" depuis longtemps.

 

 

> Les salaires et le chômage :

 

 

> Les salaires effectifs (donnés par les entreprises aux banques) ont été baissés de 20 à 45 % !!!!! en l'espace de 3 ans ... et cela sans que personne ne s'en rende vraiment compte car les cartes de crédit, toujours de plus en plus nombreuses, facilement distribuées et approvisionnées et ré-approvisionnées, compensaient allègrement cette "formalité" que représente le chiffre du salaire effectif sur une feuille de paye : moins de salaire mais plus de sous ... que demande le peuple !

 

 

> Le chômage : En hausse constante depuis au moins 5 ans ! Là encore les chiffres n'ont pas d'importance aux USA: Les enfants de 14 ans qui remplacent des adultes dans les "fast-food", les garages, les commerces ....après leur école; "gonflent" les chiffres de l'économie.

 

> Les adultes, eux, qui vivent de "petits boulots" (services aux particuliers sans être déclarés) et sans être inscrits au chômage (et pour cause, ils n'ont jamais travaillé officiellement) , ne rentrent pas en compte dans les statistiques. Les "demi-adultes" (16/18 ans) qui travaillent officiellement dans divers services (surtout le commerce, la prestation de service...) 20 heures par semaine ou moins pour gagner 3 dollars de l'heure, ne rentrent pas en compte dans les statistiques non plus... pas plus que ne "comptent" les intérimaires "particuliers", les retraités qui (re)travaillent, les clandestins etc... qui font tourner l'économie, qui sont "virés" du jour au lendemain mais qui ne sont jamais chômeurs officiels. Aux USA, les seuls chômeurs existants officiellement sont ceux que l'on ne peut pas cacher et qui viennent des "majors" (Ford, Microsoft...et alias)

 

> Calculs faits, aujourd'hui le taux de chômage aux USA, rapporté au chômage effectif est comparable au chiffre de 1930 ! : pas 7.2 % comme annoncé mais AU MOINS 20 % ... sans compter les enfants et les personnes de plus de 75 ans qui sont obligés de travailler !

 

> Mais là encore... Quelle importance ! Chômeur ou pas, petit salaire ou pas... les cartes de crédit fonctionnent (FONCTIONNAIENT plutôt) à fond. Le petit salaire est utile et intéressant que pour l'argent de poche de l'adolescent ou pour les "menus frais" que l'on ne peut payer avec la C.C ou pour les "faux-frais inavouables" ou chez certains "commerçants" de rue qui n'acceptent pas les C.C !

 

> Moins de travail, plus de sous...que demande le peuple !

 

> Et de toute façon, l'Amérique est grande et puissante, elle s'en remettra et se plaindre là bas, "ça ne se fait pas". Alors on "suit la manœuvre" et on la ferme !

 

 

> L'immobilier :

 

 

> 80 millions ( QUATRE VINGT MILLIONS) de maisons bâties en moins de 15 ans ! La moyenne au dessus de $200.000 ré-évaluées à leur "apogée" à $450.000 ou plus (d'où des crédits hypothécaires faciles de plus du double de celui de la maison EN PLUS de celui de la maison) et cela à des foyers gagnant moins de $2000 par mois.

 

> Au début des remboursement "aisés" puis, aidés en cela par les taux variables et la décroissance des prix de leur maison, des primes réclamées dépassant les salaires !

 

 

> La "reprise" :

 

 

> Je ris quand je lis hier qu'une reprise des ventes de l'immobilier ancien est effective aux USA !!! + 6.5 % en décembre !!! J'ai l'impression que la nouvelle administration excelle plus que tout autre dans la manipulation des statistiques (et je n'aimais pas Bush !)

 

> En fait, effectivement les maisons "anciennes" (bâties entre 1985 et 2000... voire en construction) se vendent mieux depuis quelques mois ... mais à qui ?

 

> Pas à la population américaine qui continue à être saisie ou à "laisser tomber" son bien avant l'arrivée de la police ... mais à des investisseurs étrangers Russes, Chinois, Français (eh oui)....Soit à des particuliers pour les vacances, résidences secondaires... mais surtout à des sociétés (banques....) qui attendent des jours meilleurs en achetant aujourd'hui des biens 50 ou 70% en dessous de leur "valeur"! Depuis l'automne 2008, les voyages organisés par des agences autrefois spécialisées dans le tourisme d'affaire, les visites d'entreprises etc... se sont reconverties dans les visites de maisons, de copropriétés...

 

> Des ventes accrues aussi ...mais aux banques et au gouvernement US !!!! Eh oui, elles sont en faillite les banques US mais savent reconvertir leurs saisies en location pour les personnes qui ne les payent plus ...idem pour le gouvernement qui "prétexte" qu'il faut bien loger les gens ... d'où autant de maisons en moins sur le marché de la "vente officielle" qui fait tomber les chiffres des statistiques !

 

> Au contraire, si l'on excepte ces tours de passe-passe, le nombre de "foreclosures", de "pre-forclosures", de "owners sales", les "bank owned", les "auctions".... est en constante et rapide progression, touchant même maintenant la classe moyenne supérieure (un peu l'équivalent des cadres supérieurs en France).

 

> A cela, il faut ajouter les milliers de maisons DÉJÀ PAYÉES ou faisant partie de biens de famille, d'héritages... qui ont servi d'hypothèque à un ou plusieurs crédits à la consommation (voitures, meubles, travaux etc...) qui sont saisies pour honorer cette hypothèque. Certaines de ces maisons sont saisies pour le prix de la voiture, de la télé, des études des enfants, des soins médicaux... qu'elles garantissent mais SANS ENTRER dans les statistiques des agents immobiliers et du gouvernement (qui ne prennent en compte que les crédits immobiliers).

 

> Les USA sont les rois du trafic de chiffres !

 

 

> Les retraites et le "social":

 

> Je n'ose même pas en parler tant les perspectives d'avenir sont anéanties pour la plupart des "vieux" (en retraite ou qui le seront dans les 10 ans). Les entreprises, gestionnaires des fonds de pension sont en faillite aprés avoir "investi" les fonds de pension ou les avoir utilisé pour essayer de limiter les dégâts dans l'entreprise elle même en faillite !

 

> La plupart des gens ont une retraite par capitalisation sur la base de rente viagère (biens dont il estime la valeur aux yeux des futurs actifs). Avec la chute de l'immobilier et/ou la saisie de leur bien, ils perdent 80% de leur retraite , ne leur restant plus que la part de "Social Security" soit... presque rien (10...20%) !

 

> Je n'ose pas non plus penser à la génération actuellement scolarisée (disons entre 15 et 25 ans). C'est une génération virtuellement sacrifiée par le système. Elle n'aura pas le temps de se faire une retraite (en supposant qu'elle ait la possibilité de se trouver un emploi) ni de capitaliser quoi que ce soit.

 

> Les étudiants laissent tomber leurs études (contraints ou forcés) après 1, 2 ou 3 ans ou avant la fin de leurs études, faute de pouvoir payer les premières primes de leur prêt étudiant pourtant "garanti" pour une scolarité longue de 7...10 ans ... mais qu'ils devront quand même rembourser "à fond" sur 15 ou 20 ans dès qu'ils auront trouvé un (petit) job !

 

> Les universités (d'abord privées puis d'État...car celles- ci sont en faillite .. AUSSI !), ferment les unes après les autres ou limitent leurs inscriptions aux plus favorisés après avoir limité les embauches de profs, les investissements ....

 

> Maintenant les "schools", les "academies", les "colleges" ... sont touchés. Des ados ne sont plus scolarisés ou le sont partiellement.

 

> Dans 10 ans, les USA seront en pénurie d'ingénieurs, de médecins...si ce n'est déjà le cas !

 

> Je n'ose pas non plus parler du "Medic" !

 

> Les soins sont hors de portée de la classe "basse" (bien sûr) mais moyenne et aussi maintenant "moyenne supérieure" ! Les enfants scolarisés au dessus de la "high", ne sont plus pour la plupart, pris en charge sur l'assurance de leurs parents et doivent faire l'objet d'une assurance particulière, plus chère encore que celle de leurs parents parce qu'ils ne travaillent pas et n'ont pas de biens propres!

 

> Des personnes PAR CENTAINES meurent tous les jours faute de soins aux USA ... et on ne le sait ou on ne le dit pas !

 

> Des personnes, des enfants ... qui pourraient être soignés ou guéris ne le sont pas faute de $ ... ou parce que les hôpitaux, les soignants refusent maintenant les C.C, n'ayant plus confiance dans les banques et le système financier. Là aussi, la plupart du temps, les assurances sont indexées sur la valeur des biens : plus de biens ou des biens dont la valeur décroît = plus d'assurance ou assurance plus chère !

 

>

 

> La liste est longue et ma description bien que paraissant "catastrophique" n'en reflète pas pour autant la limite. La RÉALITÉ est bien pire encore aux USA , le "premier" pays de la planète. J'y ai vécu, j'ai été une "green-card" et une Américaine convaincue de vivre dans le plus beau pays du monde !

 

> J'en suis revenue, non pas "déçue" (enfin quand même un peu) mais surtout EN COLÈRE après moi même d'être rentrée ainsi dans un système trop beau pour être vrai et surtout d'y avoir placé mes enfants.

 

> Les USA sont un "eden virtuel" où les habitants sont manipulés par le système qui les "empêche" par la facilité qu'il procure (procurait plutôt car tout est bel et bien fini) de se rendre compte des réalités. C'est comme une grande secte où le gourou-crédit décide de tout mais en vous donnant l'impression de décider vous même en vous ôtant tout "soucis", toute difficulté financière pour peu que vous ayez accès à la carte à puce miraculeuse (et 85% de la population y a accès... suffit d'ouvrir sa boîte aux lettres le matin pour en avoir une nouvelle, une de plus!)

Obama :  la dernière cartouche  ?

> Ils sont un "eden virtuel" placé sous le signe de la religion, du "tout beau, tout gentil"...mais où les sheriffs tirent dans le dos des délinquants (surtout si ils ne sont pas blancs ou propres sur eux) et où les gosses se promènent dans les écoles avec des couteaux ou des armes !

 

> Une religion omni-présente qui décide en couvert, même de la
politique, du social, des "communities"...mais qui, lorsque les gens sont en difficultés, qu'ils ne peuvent plus sortir leur C.C...ne se montre pas ou les rejette du système.

 

>

 

 aux USA, j'ai la chance d'avoir une autre nationalité ! gentil > Je vais arrêter là en ajoutant simplement qu'à la différence de (peut-être) 200 millions de personnes...mais ô combien solidaire et franc quand "ça va mal" ! UN système certes certainement "imparfait" ou perfectible mais ô combien "rassurant" quand on a connu celui du "premier pays" !

 

> Aux USA, la Louisiane n'a reçu AUCUNE aide du gouvernement ou des autres États. La Californie en feu, brûle sous l'indifférence de tous ... En France, une tempête à Maubeuge ou à Bordeaux et c'est le pays entier qui se mobilise... y compris les DOM-TOM !

 

> Aujourd'hui je suis fière et CONTENTE d'être française et je peux affirmer qu'il faut vivre hors de France pour comprendre la beauté de ce pays et les avantages de son système social et aussi des "avantages" de la mentalité du français moyen... Râleur, bougon, pas forcément "propre sur lui", poli et tout beau tout

 

> Merci de m'avoir lue !

 

 

Lu, dit, vu et... entendu

*

Economie et pouvoir financier
Une idée géniale venue de Washington

Comment créer votre propre plan de stimulation économique

Natural News, Mike Adams, 13 février 2009


planche à billets

      Pourquoi laisserions-nous au Congrès tout le plaisir ? Vous aussi pouvez créer votre propre " plan de stimulation économique ". Comment faire ? Il suffit de se conformer aux cinq étapes de base suivantes :



Étape 1 : Faire une liste de 1000 pages de tous les trucs que vous désirez acheter


      Il suffit de taper la liste de tout ce que vous avez toujours voulu sans pouvoir vous le permettre : Voitures, vêtements de luxe, bijoux, grande maison avec piscine, tableaux de maîtres sur les murs, vacances exotiques, jet privé ... le royaume des cieux étant la limite !


Étape 2 : Allez faire vos courses avec votre carte de crédit


      Cette étape est facile : Prenez votre carte de crédit et hâtez-vous vers les centres commerciaux. Achetez tout le fourbi écrit sur votre liste de 1000 pages. Laissez s’accumuler tout le crédit que vous souhaitez !


Étape 3 : Imprimez de la fausse monnaie pour rembourser la carte de crédit


      Voici la phase vraiment géniale : Faites simplement ce que fait la Réserve fédérale ! Procurez-vous une planche à billets du Trésor étasunien et démarrez comme un fou l'impression de billets de 100 dollars !


Étape 4 : Remboursez la carte de crédit avec la fausse monnaie


      Prenez ensuite tous les faux biftons que vous avez imprimé et déposez-les sur votre compte bancaire. De là, remboursez simplement votre carte de crédit. Voilà ! La dette a disparu par magie !


Étape 5 : Recommencez !


      Surtout ne vous arrêtez pas après avoir fait ça juste une seule fois. Votre économie personnelle peut être très franchement stimulante. Ayez recours à votre méthode de stimulation économique tous les mois pour acheter tous ces machins dont vous n'avez pas vraiment besoin, tout en les payant avec de l'argent créé à partir de rien !


      Ah ouais, et ne vous souciez pas de léser quelqu’un avec la fausse monnaie que vous injectez dans la masse monétaire. Ils seront tous renfloués par la Fed de toute façon, non ? Gardez votre planche à billets sous pression !


      Que faire à l’arrivée du Services Secret chez vous ? Leur dire simplement que c’est au sujet de l'EMPLOI ! Vous êtes en train de créer des EMPLOIS ! Comme les emplois de tous ces gens chez le concessionnaire automobile, des magasins de chaussures et de la compagnie de jet privé, que vous avez engagé pour votre voyage autour du monde. Tous ces gens ont du boulot grâce à votre plan de stimulation économique, pas vrai ? Qui pourrait ergoter contre ça ?


      Et en plus, vous pouvez leur dire : " C'est mieux que de ne rien faire, n'est-ce pas ? " Ces types du Service Secret voudraient apparemment que vous restiez juste assis à ne rien faire. C'est idiot quand on peut faire ronfler la planche à billets et créer des EMPLOIS !


      À quel point ce plan peut-il être stupide ? Maintenant, bien évidemment, cet article est entièrement parodique ... à moins que ce ne soit ? Parce que, si on y réfléchit, c'est exactement ce que le Congrès vient de permettre pour la nation ! Une nouba de dépenses folles, payées avec de la fausse monnaie sortie tout simplement du néant, comme si la Fed étaient en train de diriger une grande opération de contrefaçon.


      Techniquement, la Fed est en train de faire tourner une opération de falsification. La seule différence entre la sienne et la votre, c'est que la sienne est légale.


      Ce qui démontrer précisément que, si vous faites de la fausse monnaie, ne vous limitez pas, pensez grand ! Falsifiez la monnaie de la nation toute entière ! Et puis, avec l'aide d'assez de politiciens, votre contrefaçon devient magiquement connue sous le nom de " politique budgétaire ! "


      Par ailleurs, en tant qu'auteur de cet article satirique, je suis le gars qui a écrit la chanson super-populaire, I Want My Bailout Money (Je veux mon pognon de renflouage).


      Peut-être y aura-t-il une relance appelée Je veux mon plan de stimulation économique !



Original : http://www.naturalnews.com/025619.html
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info

Samedi 14 Février 2009
Lu, dit, vu et... entendu


*
L'effroyable vérité

L’économie américaine ne se rétablira jamais comme elle était avant

Par Dave Lindorff
CounterPunch/ Questions critiques, le 5 février 2009

article original : "The Ugly Truth : The American Economy is Not Coming Back"

Extraits :
    [...]  L’Amérique – et les Américains individuellement – ont vécu avec prodigalité pendant des années dans une économie irréelle, poussée par le crédit facile qui a gonflé la valeur des biens immobiliers à des niveaux incroyables et qui a conduit les gens à dépenser bien au-delà de leurs moyens. Les travailleurs de la classe-moyenne ont été encouragés à acheter des maisons surdimensionnées de façon obscène, avec une mise de départ de 5% - voire rien du tout. Ils ont été leurrés à acheter des voitures de la taille de camions, une pour chaque membre de la famille en âge de conduire (dans notre ville, tant de lycéens conduisent pour aller à l’école que les établissements scolaires sont à court de places de parking et que les bus jaunes, en grande partie vides sur leurs trajets, sont considérés par les étudiants comme le « train de la honte », embarrassant lorsque l’on est vu dedans). Ils ont installé des piscines individuelles dans leur jardin, refusant de partager l’eau avec leurs voisins dans les piscines communales. Des restaurants franchisés de toutes sortes – et ennuyeux – ont souillé le paysage et étaient remplis de familles trop stressées pour cuisiner, acceptant d’endurer soir après soir la cuisine trop salée, trop chère et sans goût, dans un décor criard en plastique.

    À présent, tout cela s’effondre. La valeur des propriétés est en chute-libre. Les ventes de voitures se sont complètement ramassées. Le chômage augmente à vitesse grand V (il approche à présent du taux officiel de 8%, mais si la méthodologie utilisée en 1980, avant que l’administration Reagan ne change les règles de calcul afin de masquer la profondeur de la récession d’alors, était appliquée, le taux serait de 17% aujourd’hui – soit un travailleur sur sept).

    Le dégringolade économique finira par toucher le fond et l’économie entamera une lente remontée, comme dans toutes les récessions, mais il n’y aura pas de retour aux jours des lotissements McMansion à 500.000 dollars, des garages pour trois voitures et une nouvelle voiture tous les deux ou trois ans pour chacun des parents, plus une voiture pour chaque lycéen. Non seulement les banques ne seront plus capables d’offrir autant de prêts à leurs clients, mais les gens qui s’y seront frottés, ne seront pas enclins à emprunter autant. Les assurances médicales, les programmes de retraite ou autres programmes 401(k) proposés par les entreprises, qui ont été réduit en miettes durant ce retournement, ne seront pas restaurés lorsque l’économie repartira.

    Au cours des vingt dernières années, l’Amérique a dégénéré en une nation de consommateurs, avec 72% de son PIB consacré à la consommation des ménages – essentiellement pour acheter des biens produits à l’étranger et importés aux Etats-Unis.

    Ce n’est pas un modèle économique supportable et c’est un modèle qui vient juste d’encaisser ce qui est certainement un coup mortel.

    Ce à quoi nous assistons est le début d’un ajustement inévitable vers le bas du niveau de vie des Américains pour se conformer à leur place réelle dans le monde. En tant que nation de consommateurs – et non pas de producteurs -, avec peu à offrir au reste du monde à part des matières premières, des récoltes agricoles, des équipements militaires et des mauvais films (aucune de ces industries n’emploient beaucoup de personnes), nous nous dirigeons vers un rétablissement qui ne ressemblera pas du tout à un rétablissement. La capacité de production finira par être restaurée, puisque des salaires plus bas aux États-Unis rendront à nouveau profitable de fabriquer un certain nombre de choses ici, mais, à l’instar des gens des années 30 qui regardaient avec nostalgie les années folles d’antan [les années 1920], nous allons regarder les deux dernières décennies comme une sorte de rêve.

    Ce serait mieux si la nouvelle administration était honnête sur ce point, parce qu’avec de l’honnêteté, nous pourrions avoir un programme de redressement qui s’occuperait vraiment des questions réellement critiques auxquelles le pays est confronté – le déclin de notre système éducatif, l’irrationalité de l’encouragement officiel à devenir propriétaire coûte que coûte de son logement, qui a conduit à la prolifération, non seulement des banlieues, mais des banlieues résidentielles, à la sur-dépendance de l’automobile comme moyen de transport, au gaspillage sans précédent des ressources naturelles, au pillage de l’environnement, sans parler de la décimation du système de retraite et de la création d’un vaste complexe médico-industriel qui suce le sang des familles aussi bien que celui des entreprises.

    À dire vrai, nous pourrions également voir en face les autres gros obstacles au redressement national – l’obsession de l’Amérique pour le militarisme et les guerres à l’étranger. La vraie vérité est que les États-Unis sont techniquement en faillite et dans un état de déclin chronique et, pourtant, la nation américaine persiste à dépenser des trillons de dollars chaque année en guerre et en préparation à la guerre, comme si l’Amérique était en danger mortel face à des ennemis étrangers.

    La vérité est que nous ne sommes menacés sérieusement ni par le communisme, ni par les seigneurs de la drogue, ni par les Djihadistes musulmans. Nous sommes plutôt devenus nous-mêmes notre pire ennemi. [...]

*
Lu, dit, vu et... entendu






Magistrats et policiers français doivent suivre des cours de lutte contre l'antisémitisme. Leurs profs sont des membres du CRIF !

Citation : "À Paris, tous les policiers nommés dans la capitale sont formés à la lutte contre l'antisémitisme et doivent faire un passage obligatoire dans les locaux du Comité français pour Yad Vashem présidé par Richard Prasquier, également président du Conseil représentatif des institutions juives de France CRIF "

Vous vous dites peut-être : mais où va-t-on ? Sommes nous en Israël ou en France ?
François Fillon répond : "On n'est pas en Israël, on n'est pas en Palestine, on est en France. Et en France, il n'y a pas de communautés, parce que chacun est un citoyen égal devant la loi". (sic !!!)

Si vous n'y comprenez rien, si vous restez sceptique, si vous vous frottez les yeux, incrédule... pour vous convaincre, voici le détail de cette triste information à propos de la nouvelle inquisition qui se met en place dans "le grand pays de la liberté"  :

        Le Premier ministre, François Fillon, a réuni et présidé, vendredi 16 janvier 2009, un comité interministériel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, en présence de nombreux ministres dont Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, qui se trouvait en Israël du 13 au 15 décembre 2008 afin que "l’Holocauste soit évoqué de manière soutenue et organisée dans nos enseignements en France". Ce comité a été convoqué mardi 13 janvier 2009 en vue de "calmer les choses" face au risque d'importation en France des événements liés au conflit israélo-palestinien. A un jour de 3 manifestations pour l'arrêt de la guerre dans la Bande de Gaza, dont une marche sur l'ambassade d'Israël à Paris débutant place du Châtelet samedi 17 janvier 2009, François Fillon a souhaité "renforcer les procédures judiciaires et les moyens de la justice pour faire en sorte que tous ceux qui commettent des actes antisémites et racistes soient dans les meilleurs délais interpellés, traduits devant la justice et punis". François Fillon a également déclaré qu'il faut des "juges formés" sur ces sujets." Déjà, tous les tribunaux de grande instance TGI disposent d'un magistrat référant qui a été nommé pour assister et orienter le procureur de la République dans les affaires d'antisémitismes. À Bordeaux, siège de l'Ecole nationale de la Magistrature ENM, ce sont des membres du Conseil représentatif des institutions juives de France CRIF qui forment les magistrats à la lutte contre l'antisémitisme qui est une priorité nationale pour Nicolas Sarkozy, président de la République. François Fillon a également annoncé un renfort important des effectifs policiers lors de ces 3 manifestations "pro-palestiniennes". A Paris, tous les policiers nommés dans la capitale sont formés à la lutte contre l'antisémitisme et doivent faire un passage obligatoire dans les locaux du Comité français pour Yad Vashem présidé par Richard Prasquier, également président du Conseil représentatif des institutions juives de France CRIF. François Fillon a demandé à Michel Boyon, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et à la présidente du Forum des droits sur Internet, Isabelle Falque-Perrotin, de conduire "un travail plus approfondi" sur les "appels à la haine" diffusés sur les chaînes de télévision, les radios communautaires ou les sites web et les très nombreux blogs. Depuis le samedi 27 décembre 2008, début de la guerre déclarée par Israël contre le Hamas dans la Bande de Gaza dans le cadre de l'opération militaire israélienne "plomb durci", la grande majorité des médias numériques français autocensure leur forum de discussions, certains les ayant fermés. Le quotidien "Libération", le journal gratuit "20 Minutes", l'Express, Yahoo.fr et LCI ont fermé leurs sites à tous les commentaires sur le conflit. Dans un communiqué publié le jeudi 8 janvier 2009 le Bureau National de Vigilance Contre l'Antisémitisme BNVCA, présidé par le commissaire de police honoraire, Sammy Ghozlan, avait salué cette autocensure lié à l'antisémitisme. Sammy Ghozlan avait déclaré : "Pour avoir fermé leurs sites, les médias sont accusés d’atteinte à la liberté d’expression par ceux qui profitant de l’anonymat que procure l’internet, défoulent leur haine antijuive, considérant encore que l’antisémitisme est une opinion". François Fillon a aussi déclaré : "On n'est pas en Israël, on n'est pas en Palestine, on est en France. Et en France, il n'y a pas de communautés, parce que chacun est un citoyen égal devant la loi"

.



- Pourtant, selon toutes les apparences, ne pourrait-on penser que certains sont un peu plus "égaux" que les autres devant la loi ?  - Que nenni ! Illusion d'optique suscitée par votre poussée de fièvre antisémite. Il faut vous soigner !

*

Lu, dit, vu et... entendu

    18 janvier 2009

Un art de la modernité d’acier : l’avant-garde russe

 

    En France l’avant-garde russe a été révélée par l’exposition Paris-Moscou de 1979 au centre Georges Pompidou. La collection Georges Costakis, un chauffeur d’ambassade à Moscou devenu collectionneur, collection exposée au Musée Maillol redonne  à voir ce moment de création foisonnant qu’a été la peinture russe des années 1910 à 1930.

 

    Dans les 200 œuvres rassemblées, les tendances sont diverses, futurisme et cubo-futurisme, suprématisme, constructivisme, mais aussi – rarement – du semi-figuratif ou du figuratif « alternatif ». La période est celle de la rupture de notre monde, du passage de la première modernité, optimiste, celle des premières expositions universelles, à la seconde modernité, celle de la Grande Guerre, des grandes espérances révolutionnaires, mais très vite, de la terreur bolchévik et de la normalisation artistique. Avec une guerre mondiale suivie de deux révolutions – bourgeoise et communiste -  et d’une guerre civile, avouons que les russes n’ont pas manqué de bouleversements historiques et donc de source d’inspiration artistique.

 

    En France, le courant, ou plutôt les courants de l’avant-garde russe n’ont été connus que tardivement ; ils ont eu peu d’influence avant les années 80 avec toutefois quelques exceptions dans les années trente, avec les groupes Cercle et Carré (Michel Seuphor, Joaquim Torrès-Garcia,…), puis Abstraction-Création (Auguste Herbin et autres), des groupes qui ont donné quelque idée du sens profondément européen du travail des artistes russes et de ses résonances possibles dans la vieille Europe (puisque la Russie est toujours en un sens une jeune Europe).

 

    Pourtant, avant 1914, les échanges artistiques entre la Russie et l’Europe occidentale  notamment la France étaient nombreux avec par exemple la présence d’artistes russes tels Léon Bakst et Mikhail-Michel Larionov (qui s’installera à Paris en 1914) au salon d’automne de 1906 à Paris.

 

    Dans cette avant-garde russe, on connait un peu Kazimir Malevitch, Vladimir Tatline, Eliezer Lissitzky, mais bien d’autres sont à découvrir. Quelques jalons dans l’exposition Maillol sont incontournables : Ivan Koudriachov, Construction d’un mouvement rectiligne, 1925 (huile sur toile), Lioubov Popova, Architectonique picturale, 1918-19 (huile sur toile) – il s’agit de deux toiles exposées qui portent le même titre, Alexandre Rodtchenko, Composition 125, 1920 (huile sur toile), une extraordinaire composition en noir et blanc,  de Rodtchenko encore, Le cirque, 1935 (huile sur toile), - Alexandre Rodtchenko, artiste total, fut aussi sculpteur, photographe (La jeune fille au Leica…), Antonina Sofronova, Composition géométrique, 1922 (encre et aquarelle sur papier), dans un registre plus figuratif Alexandra Exter, Costume pour ’’Salomé’’, 1917, (gouache sur carton) – il s’agit de la pièce de théâtre d’Oscar Wilde, Clément Redko, Luminisme, dynamique de forme et couleur, 1923 (huile sur toile), Salomon Nikritine, Homme et nuage, 1930, (huile sur toile), Alexeï Morgounov, Ouvrier-aviateur, 1913 (gouache sur toile), le superbe tableau de Nadejda Oudalstova, La guitare-fugue, 1914 (huile sur toile),ou encore les tableaux-projets de Gustav Kloutsis – ou Klutsis (encre, mine de plomb et gouache ou aquarelle et encre). …

 

    Dépassement de la composition représentative classique, instauration d’un ordre nouveau, dynamique, profus, éclatant et néanmoins profondément ordonné à la volonté de puissance humaine et à sa volonté de beauté, tels étaient les axes de l’avant-garde russe. Une ambition qui garde sa force d’évocation.  

 

Musée Maillol,

61 rue de Grenelle 75007 Paris

13 novembre 2008 – 2 mars 2009

L’avant-garde russe, Gallimard-Musée Maillol, 2008, 35 E.

 A noter qu’un musée de l’avant-garde russe devrait être créé à Aubigny sur Nère, dans le Cher, au nord de Bourges, entre Sologne et Sancerrois





*
Lu, dit, vu et... entendu


  9 janvier 2009

L’immense Akira Kurosawa était aussi dessinateur : 

l’indispensable exposition du Petit Palais

 

Pierre Le Vigan

 

Il y a 10 ans mourrait Akira Kurosawa, un des cinéastes majeurs du cinéma mondial. L’homme dessinait aussi. Il préparait ses films en griffonnant des personnages, des décors, des scènes d’extérieur, des habits… Il faut oser le dire : son œuvre de dessinateur est tout à fait admirable. Jusqu’au 11 janvier 2008, 87 dessins illustrant ses derniers films sont exposés au Petit Palais. Il faut les voir : pour rendre hommage à l’immense Kurosawa, et pour un plaisir visuel  que l’on ne goute pas tous les jours.

 

    L’oeuvre graphique de Kurosawa est à la fois parfaitement figurative et expressionniste. Les films dont il est question sont Kagemusha, Ran, Rêves, Madadayo et quelques autres. Mais ses dessins ne constituent pas de simples illustrations. Il s’agit d’oeuvres autonomes. Des œuvres nourries par une confrontation avec Vincent Van Gogh, Paul Cézanne, Georges Rouault, Marc Chagall et parfois Théodore Géricault.

 

    Les médiums de Kurosawa sont variés : crayon, aquarelle, encre, pastel sec, … Il faut savoir que Kurosawa voulait d’abord être peintre. Il s’orientera ensuite vers la carrière que l’on sait, débutée durant la guerre de 1941-45. Il se remit au dessin en 1978 et le pratiquera les 20 dernières années de sa vie.

 

    Les dessins de Kurosawa sont extraordinaires de couleurs, de mouvement, de vie, de force ; ils sont faits pour servir à des films, les dessins doivent permettre aux acteurs de « mieux saisir le sens ou l’ambiance de certaines scènes. ».  C’est pourquoi ils s’apparentent au meilleur de l’esprit des « planches » de la bande dessinée. Les scènes marquantes des scenarios sont fixées dans leurs détails, avec leur charge émotionnelle. « Il y a une multitude de choses auxquelles je pense lorsque je dessine des story-boards. Le cadrage de l’endroit, la psychologie et les émotions des personnages, leurs mouvements, l’angle de camera nécessité par la capture de ces mouvements, l’éclairage, le costume et les accessoires […] Si je n’ai pas pensé aux spécificités de toutes ces choses, je ne peux pas dessiner l’image. À moins qu’il ne soit plus exact de dire que je dessine des story-boards pour penser à ces choses. De la sorte, je cristallise, fertilise et saisis l’image de chaque scène dans un film avant de le voir clairement. Ce n’est qu’à ce moment que je procède véritablement au tournage. Cependant, il semble que ce processus ne prenne réellement forme dans mon esprit que lorsque j’écris le scénario car je trouve souvent toutes sortes de dessins au dos de mes brouillons non utilisés. » Les dessins parfois presque sculptés établissent un véritable code des états d’esprit des personnages. L’Empereur du cinéma était aussi un grand artiste plasticien.

 

* Petit Palais, Paris, Akira Kurosawa, dessins - 16 octobre 2008 - 11 janvier 2009

* Catalogue Akira Kurosawa, dessins, Actes sud, 30 €.

 

Tableaux à voir tout particulièrement : 

Je trébuche (je vole) ;

Le toit de la maison d’Ashinoya sous un ciel étoilé après l’orage ;

Champ de blé aux corbeaux de Van Gogh ;

Démon à une corne ;

Le vieux Meunier ;

La procession de mariage des renards, crayon, aquarelle, pastel et feutre sur papier ; Kyuami à la fête de nuit ;

Tsurumaru se dressant à l’aplomb de l’enceinte des ruines du château d’Azusa à Azusana ; 

Hidetora Ichimonji.

*

Lu, dit, vu et... entendu

25 décembre 2008

Vers la dislocation des États-Unis ?

Thierry Meyssan
(Extrait de l'article : "Ajustement, mutation ou effondrement  de l'Empire", publié sur voltairenet.org)

    [La] réorganisation du système financier mondial arrive trop tard. La récession de l’économie états-unienne est trop profonde. La décision, prise en 1995, par le Congrès alors dominé par les républicains, de relancer la machine de guerre US pour dominer le monde s’est soldée par un désastre. Dès 2004, le Fonds monétaire international constatait que la production de biens de consommation s’effondrait aux États-Unis et que ceux-ci entraient dans une « économie de guerre ». Cette tendance s’accélérait sous la double pression des mesures sécuritaires étouffant le commerce et des dépenses astronomiques de la guerre globale au terrorisme. Transformé en monstre prédateur, les États-Unis ont essayé de se nourrir en enchaînant les proies, mais ne sont pas parvenus à trouver de retour immédiat sur investissement suffisant en Irak. Ils se retrouvent très exactement dans la position de l’Union soviétique à la fin des années 80 : leur secteur militaire a vampirisé toutes leurs énergies.

    Ainsi que je l’ai systématiquement noté dans les nombreuses émissions auxquelles j’ai participé depuis l’été 2006, l’échec du projet de remodelage du Grand-Moyen Orient sanctionné par la défaite militaire israélienne au Liban a sonné la fin de l’Empire. De même que l’Union soviétique s’est effondrée et disloquée, de même les États-Unis sont désormais menacés d’effondrement et de dislocation.

    Au delà des indices boursiers qui ne donnent pas d’indication fiables sur l’état de l’économie réelle, les indices se multiplient de faillite du système. L’industrie automobile, principale industrie civile aux États-Unis annonce des fermetures d’usines et ne pourra pas éviter la catastrophe sans être rachetée par l’État. Ces fermetures en annoncent d’autres de sorte qu’il paraît difficile d’empêcher un doublement du chômage aux États-Unis en 2009. Les usines chinoises qui approvisionnent les super-marchés outre-Pacifique ferment en chaîne, ce qui implique que les rayonnages de ces super-marchés ne tarderont pas à être vides. Ainsi que nous l’avons annoncé il y a un an déjà, de nombreux États fédérés devraient bientôt se retrouver dans l’incapacité de payer les traitements de leurs fonctionnaires et par voie de conséquence dans l’obligation de fermer écoles et hôpitaux. Déjà la Californie est officiellement menacée de faillite, c’est pourtant l’État fédéré le plus riche.

    Plus d’un quart des États-uniens sont des retraités dont les pensions dépendent de placements financiers. La plupart d’entre eux risquent de se trouver rapidement sans ressources.

    On n’imagine pas que l’expulsion de centaines de milliers de familles et leur relogement dans des campings municipaux ne tourne pas à l’émeute dans un pays où les armes sont en vente libre. Craignant les conséquences sociales de cette situation, le gouvernement fédéral s’est préparé à proclamer l’état d’urgence. Cette éventualité a été évoquée au Congrès lors du vote du Plan Paulson. Des troupes d’élite, spécialisées en Irak dans le maintien de l’ordre, ont été rapatriées et se tiennent prêtes.

    Certains commentateurs envisagent que Washington cède à la tentation des années 30, lorsque pour sortir de la crise de 1929, il encouragea la guerre en Europe. Mais une telle option serait aujourd’hui inadéquate : la guerre ne peut plus être la solution car elle est précisément à la base du problème.

*

Lu, dit, vu et... entendu

    17 novembre 2008

    Pierre Nora et Libertés pour l'Histoire renoncent à exiger l'abolition de la Loi "Gayssot", principal outil législatif "scélérat" permettant au pouvoir politique de censurer l'historien lorsque ses travaux déplaisent au Souverain.

    Tout le monde avait salué le bon sens et le courage des 19 historiens qui, en décembre 2005, ont lancé une pétition demandant l'abolition de la loi "Gayssot" (13 juillet 1990) en même temps que divers autres textes accordant une reconnaissance officielle rétroactive à des événements historiques faisant l'objet de constestation par les parties intéressées selon le camp dans lequel elles se rangent (celui des descendants des présumées victimes ou des présumés bourreaux). Le génocide des Juifs, le génocide des Arméniens, divers ethnocides et génocides résultant de l'esclavage, de la colonisation et de la décolonisation, avec de possibles demandes d'indemnisation à la clé, ont ainsi, tour à tour, fait l'objet d'une demande de reconnaissance politique et judiciaire pénalisant leur éventuelle contestation ou minimisation.

    La loi "Gayssot" avait permis de faire condamner divers auteurs, universitaires, politiques, ou simples citoyens, ayant fait montre de scepticisme ou ayant contesté publiquement la version reconnue officiellement de divers aspects de la deuxième guerre mondiale (non seulement les crimes jugés à Nuremberg, mais aussi la répression des actes de résistance à Oradour et Tulle, entre autres). Peu ont été ceux qui, à l'époque, ont osé s'élever avec vigueur contre la scélératesse de la majorité des députés qui, au moment des départs en vacances (le 13 juillet), ont imposé aux Français une loi liberticide allant à l'encontre de la sacro-sainte liberté d'expression gravée au coeur de notre charte des droits de l'homme. Nous venions de subir, après divers scandales révisionnistes montés en épingle par la presse,  l'odieuse affaire de la profanation de Carpentras (dont l'enquête a donné des résultats aussi étranges qu'insatisfaisants), et les contestataires des crimes des vaincus de la deuxième guerre mondiale avaient bon dos.

    Mais ne voilà-t-il pas que toutes sortes de mémoires lésées, sous-estimées, déformées, bafouées ou victimes de l'indifférence, s'engouffrent dans la brèche. " Pourquoi eux et pas nous ? "  s'interrogent les descendants d'esclaves, de colonisés, les expatriés de l'histoire, les bombardés, nucléarisés, expulsés, rapatriés, trahis, vendus au " sens de  l'histoire ", parfois rachetés à bas prix par la Françafrique post-coloniale...

    C'en est trop, estiment bon nombre d'historiens. Il faut mettre fin à cette "concurrence des mémoires" sans fin qui dresse les communautés du souvenir les unes contre les autres. Il faut séparer le travail, neutre, de l'historien du besoin de commémoration qui rassemble telle ou telle communauté derrière une symbolique du souvenir douloureux et  l'oppose éventuellement à une autre communauté qui cultive, tout aussi légitimement, ses propres "souvenirs".

     D'où l'appel des historiens qui, à juste titre, se veulent au-dessus de la mêlée mémorielle... L'Histoire, disent-ils, est tout autre chose que le culte de la mémoire. Elle ne s'apparente à aucun culte. Elle étudie, revoit et révise sans cesse ses champs d'investigation. Elle est révisionniste par nature. Les tabous de la mémoire, surtout lorsqu'ils s'appuient sur des textes de loi, lui sont étrangers et nuisibles. Sans priver les communautés mémorielles du droit au souvenir spécifique qui les caractérise, il faut abolir la sanctuarisation des souvenirs privés (spécifique à tel ou tel groupe) à l'échelle publique, nationale, voire européenne. La récente proposition de la commission Kaspi préconisant de mettre fin à la prolifération des journées commémoratives (massacre des Juifs, abolition de l'esclavage, etc.) et de limiter les commémorations nationales à deux ou trois grands événements comme le 14 juillet, le 11 novembre et le 9 mai, fête de la réconciliation et de l'unité européenne, s'inspire du même souci (cf, Le Parisien, 9/11/08).

    

    Bien entendu les partisans de la censure rejettent une telle effronterie supposée faire sauter tous les tabous qu'ils avaient retranchés derrière des lois punitives. 31 personnalités, dont Serge Klarsfeld et Claude Lanzmann, ont manifesté leur hostilité à l'abolition du dispositif liberticide "Gayssot".

    Mais ils se heurtent à d'importantes résistances, dont celle du spécialiste de droit constitutionnel, Anne-Marie Le Pourhiet, qui demande, comme de nombreux autres illustres Français, tel le prix Nobel d'économie Maurice Allais,  l'abolition de cette censure indigne d'un pays démocratique. (Voir notre récent compte-rendu sur Madame Le Pourhiet ici).

    La surprise, cependant, vient de Pierre Nora, président de l'association Libertés pour l'Histoire et signataire de la pétition de 2005 qui réclamait l'abolition de la loi "Gayssot". Lors d'un récent passage à la télévision sur ce thème (Ce soir ou jamais, France 3, 20/10/2008), il affirma : « Non, on ne réclame pas l'abrogation de la loi Gayssot, car abroger aujourd'hui la loi Gayssot ce serait donner un encouragement, littéralement, à ce contre quoi luttait la loi Gayssot. » 

    Ce faisant, Monsieur Nora, spécialiste des "lieux de mémoires", cautionne à nouveau ce qu'on peut sans exagération appeler les privilèges mémoriels de quelques-uns, les mémoires qui sont un peu plus égales que les autres, pour reprendre la formule orwellienne, les turpitudes de l'histoire que l'on veut asséner plus fort que toutes les autres, les génocides absolutisés au point de cacher tous les autres, ou de les ravaler au rang de mythes comme la Saint Barthélémy, la Vendée sous la Terreur ou les massacres des Indiens des Amériques. Mais surtout, Monsieur Nora se range du côté des inquisiteurs, de ceux qui fourbissent, affinent et imposent le délit d'opinion dans un pays qui ne cesse de crier le nom de liberté pour la bafouer un peu plus chaque jour.

 

    Désormais, après un tel recul, les appels de l'association Liberté pour l'Histoire  ne sont plus crédibles. La Liberté de l'historien, professionnel ou amateur, ne se partage pas, ne se mesure pas, sauf bien sûr à l'aune de la science expérimentale qui est la sienne. 

    Au nom de la liberté véritable, nous appelons nos lecteurs  à refuser de signer les appels de cette association  (comme le récent appel de Blois) et à exiger que soit appliqué sur toutes les terres d'Europe le droit à la liberté d'expression pleine et entière en abolissant définitivement la loi inique et scélérate qui l'anéantit.

    Reste à savoir ce qui a pu motiver le retournement d'un grand ponte de l'Histoire de France comme Monsieur Nora alors que les demandes d'abolition de la censure se font de plus en plus pressantes. Est-il en cette matière aux ordres d'Israël comme l'affirme le site anti-sioniste toutsaufsarkozy ? Vision complotiste un peu courte. Bien entendu, Israël profite de ce favoritisme mémoriel en Occident pour, derrière le paravent de la victimisation des Juifs, poursuivre sa redoutable politique impérialiste au Moyen-Orient en maintenant les Palestiniens dans un état d'inhumaine sujétion et en terrorisant les États arabo-musulmans qui seraient tentés de lui résister. Mais il y a d'autres enjeux plus importants : notamment celui qui consiste à maintenir l'Europe dans un sentiment de culpabilité lui interdisant toute velléité d'indépendance, et de conscience "impériale" (à ne pas confondre avec l'impérialisme) qui lui ferait creuser la timide fracture euro-atlantiste, se dégager de l'OTAN et de la tutelle deWashington, et contribuer de façon autonome à la reconstruction d'un nouvel ordre mondial multipolaire...

    Pierre Nora est à la fois un souverainiste bon teint et un atlantiste convaincu. Il n'a pas la vocation d'un Soljenitsyne de l'Occident. En tentant de légitimer de son aura d'intellectuel de la République le conditionnement "occidentiste" de l'interprétation historique, il fait acte d'allégeance envers l'idéologie dominante. Mais l'Histoire nous enseigne que les Inquisitions et les polices de la pensée finissent toujours par succomber.

Yves Argoaz

*

Lu, dit, vu et... entendu

5 novembre 2008, 

Dominique de Villepin : Attention à l'Obamanie : la France et l'Europe doivent rester indépendantes, ne réinventons pas l'atlantisme ! Obama, appuyé par les lobbies financiers fera une politique étasunienne, comme ses prédécesseurs.

Extraits d'un entretien au Journal du dimanche, 1/11/2008 :

" Individuellement, il force le respect. Il ressemble à cette Amérique que nous avons tant aimée, celle des valeurs démocratiques, du GI de la Seconde Guerre mondiale, et l'optimisme du rêve américain... Mais ce rêve n'existe plus. [...]

Attention à la théâtralisation, à l'idéalisation d'un homme providentiel. Obama porte un espoir, mais aussi des incertitudes. Il développe des thèmes sociaux qui renvoient à Roosevelt. Mais il est aussi choisi par des lobbies financiers: la moitié du financement d'Obama vient des grands groupes, de dollars venus de Goldman Sachs... 

D'un point de vue français et européen, il faut être indépendant. Relisons Bakounine: nous sommes nos propres maîtres! Ce sentiment que le candidat démocrate est le candidat de la planète peut introduire une confusion. Obama est séduisant, mais n'allons pas réinventer l'atlantisme s'il était élu! L'Amérique n'est plus le centre de l'Occident qui n'est plus le centre du monde. Obama, comme McCain, défendra les intérêts de son pays, qui ne seront pas exactement les nôtres."

*

Lu, dit, vu et... entendu

    1er novembre 2008 :

Une femme libre, Anne-Marie Le Pourhiet critique courageusement le "gouvernement des esprits"

par les lois mémorielles scélérates qui donnent le pouvoir à des administrations orwelliennes comme la

HALDE ou à toutes sortes de lobbies narcissiques en légitimant la pénalisation abusive des délits d'opinion 

désignés sous le terme de révisionnisme ou négationnisme : on peut l'entendre ici


Anne-Marie Le Pourhiet est juriste, docteur en droit, professeur agrégé de droit public à l'Université Rennes 1, vice-présidente de l'Association française de droit constitutionnel (AFDC) et de la Société des professeurs des facultés de droit (SPFD), membre suppléante du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER).

« Beaucoup de parlementaires sont devenus des représentants, peut-être moins de la nation que des lobbies en tout genre, tirant la couverture publique vers leurs intérêts catégoriels.

  La lecture des débats et des documents publics fait frémir tant la novlangue et le totalitarisme orwellien s'y répandent, en particulier la lecture de la loi de 2004 créant la HALDE et réprimant les propos prétendument sexistes, homophobes, ou handiphobes est de ce point de vue assez terrifiante, c'est un lavage de cerveaux, une obsession purgative et répressive »

Je dis toujours que le culturalisme est à l'esprit ce que le culturisme est au corps : une gonflette narcissique fortement antipathique. A donner raison à tous ces groupes conflictuels qui cultivent ce qui sépare au lieu de cultiver ce qui unit, le législateur à mon avis n'apaise rien du tout, au contraire, il excite la détestation réciproque et propage la zizanie dans la société »

 

« J'ai été choquée par une expression, celle de « politique de la mémoire » ; je trouve cette expression parfaitement orwellienne et elle évoque le lavage de cerveau.. on se demande à quand la création d'un « ministère de la mémoire » !  arrêtez vous, mesdames et messieurs les députés, on va trop loin dans la manipulation des mémoires et de nos cerveaux ! »

 

« Le plus grave, c'est la question de la violation de la liberté, par des lois à caractère pénal qui sont ainsi votées, c'est bien sûr l'atteinte à la liberté d'expression, et la liberté de presse en général.

Pour moi les délits de négation ou de minimisation de ces actes sont des délits d'opinion, inacceptables en démocratie libérale.. de ce point de vue je reste comme beaucoup de juristes et d'historiens absolument hostile à ce type de délit ; il n'y a pas de bonnes lois mémorielles, pour moi elles sont toutes mauvaises , le parlement doit rester à sa place s'abstenir de gouverner nos mémoires et nos cerveaux ! »

                                                                


*
Lu, dit, vu et... entendu

10 octobre 2008, lu sur le Réseau Voltaire, http://www.voltairenet.org/article158268.html#article158268 :
Ban Ki Moon aurait placé les forces de l’ONU au service de l’OTAN

Flagrants délits

En bref, une image révélatrice, un fait marquant ou une déclaration décalée.

 



10 octobre 2008

Depuis
Bruxelles (Belgique)

 





Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, et celui de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, ont signé un mémorandum secret entre leurs deux organisations, le 25 septembre 2008 à New York (photo).

En violation de la Charte de San Francisco, fondatrice de l’Organisation des Nations Unies, ce document n’a pas été soumis au Conseil de sécurité, ni préalablement à sa signature, ni postérieurement.

Son existence a été rendue publique avec une froide colère par le représentant de la Russie auprès de l’OTAN et confirmée par le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.

Sous couvert d’assistance technique, le mémorandum rendrait possible un engagement commun des forces de l’ONU et de celles de l’OTAN non seulement en application de résolutions de l’ONU, mais aussi de directives de l’OTAN.

Un tel accord n’aura forcément que des conséquences pratiques limitées, les casques bleus n’étant pas réquisitionnables sans l’autorisation de leur État d’origine. Mais il augmentera la confusion, déjà palpable sur certains théâtres d’opération entre l’ONU et l’OTAN, comme ce fut la cas en ex-Yougoslavie ou aujourd’hui au Liban.

*

Lu, dit, vu et... entendu

15 juillet 2008 :

Au moment où l'autoproclamée "Cour Pénale Internationale" accuse le président soudanais de génocide, il est temps de remettre les choses en perspective et de poser la question : qu'est-ce qui motive véritablement l'ingérence occidentale dans cette région du monde ?

La campagne « Sauver le Darfour » est une vulgaire arnaque

Bruce Dixon

bruce.dixon@blackagendareport.com

(lu sur : http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-02-01%2000:14:54&log=invites)

Titre original : "Save Darfur" Campaign is a PR Scam
Global Research
12/12/2007
Traduit par Jean-Marie Flémal 

    Dix raisons expliquant pourquoi « Sauver le Darfour » est une arnaque de relations publiques destinée à justifier les prochaines guerres américaines pour le pétrole et les matières premières en Afrique.

    Les clameurs constellées d'étoiles du type « Sauver le Darfour » et « Faites cesser le génocide » ont suscité beaucoup de tirage parmi les médias américains et ont bénéficié en même temps du soutien des deux partis au Congrès et de celui de la Maison-Blanche. Mais le Congo, avec dix ou vingt fois plus d'Africains tués dans la même période, n'a pas droit à l'appellation de « génocide » et il passe quasiment inaperçu. Le Soudan s'étend au-dessus d'immenses lacs de pétrole. Il dispose de vastes gisements d'uranium et d'autres minerais, d'importantes réserves d'eau et il occupe une position stratégique à proximité d'autres gisements pétroliers et ressources naturelles en Afrique. Il est une question qu'on ne pose pas : Le gratin républicain et démocrate de notre politique étrangère ne se sert-il pas des plaintes pour génocide et des appels en faveur d'une « intervention humanitaire » pour faciliter la voie vers les prochaines guerres pour le pétrole et les ressources naturelles du continent africain ?

    La fabrication régulière et l'entretien constant de fausses réalités au service de l'Empire américain est l'une des fonctions premières de la profession des relations publiques et des médias traditionnels. Quant à savoir si, oui ou non, les infos sont bidon lorsqu'elles parlent de remèdes miracles, qu'elles expliquent comment des substances chimiques toxiques sont bonnes pour votre santé, que des présentateurs et des journalistes achetés discourent à propos des bénéfices de l'opération contre l'enfance abandonnée, que des stars holywoodiennes prônent l'intervention militaire pour sauver des orphelins américains ou que d'habiles campagnes de propagande recourent à de néfastes techniques de marketing pour tendre la main aux étudiants des collèges, aux internautes, aux églises et aux citoyens ordinaires, une chose est certaine, il est des plus utiles d'examiner soigneusement ce que dissimulent toutes ces façades.

    Parmi les toutes dernières réalités falsifiées qu'on a mises sous le nez des citoyens américains figurent les images simplistes des noirs face au génocide arabe au Darfour et la solution qu'on a proposée : une robuste intervention militaire soutenue et dirigée par les États-Unis au Soudan occidental. Il convient d'accorder une attention croissante au lobby et à la coalition soutenant « Sauver le Darfour », à ses fondateurs, ses finances, ses méthodes et motivations et sa crédibilité. Dans l'intention de favoriser cet examen, nous présentons ici dix raisons de soupçonner que la campagne « Sauver le Darfour » est une arnaque de relations publiques destinée à justifier une intervention américaine en Afrique.

    1. Ce ne serait pas le premier gros mensonge que notre gouvernement et la crème de nos médias nous racontent pour justifier une guerre.

    Les plus âgés d'entre nous se souviendront sans doute de l'incident du golfe du Tonkin, délibérément provoqué par le gouvernement américain pour justifier le déclenchement de la guerre du Vietnam. Ce prétexte fut suivi rapidement par le besoin d'aider la toute jeune « démocratie » en lutte au Sud-Vietnam, ainsi que par l'absurde slogan toujours très utile : « Combattez-les là-bas afin que nous n'ayons pas à le faire ici ». Plus récemment, des gens payés avec les deniers publics ont diversement expliqué les bombardements, l'invasion et l'occupation de l'Afghanistan et de l'Irak, les qualifiant de nécessaires parce qu'il fallait « avoir Bin Laden » afin de venger le 11 septembre et qu'il fallait prendre des mesures afin d'ôter les « armes les plus dangereuses au monde » des mains des « régimes les plus dangereux du monde ». En outre, ces mesures devaient donner à la « démocratie » irakienne en lutte la possibilité de se tenir sur ses deux pieds et elles étaient donc nécessaires, parce qu'il valait encore mieux « les combattre là-bas plutôt que d'avoir à le faire ici ».

    2. Ce ne serait même pas la première fois que le gouvernement américain et la crème des médias emploient la « prévention du génocide » pour justifier une intervention militaire dans une région riche en pétrole.

    En 1995, l'intervention militaire des États-Unis et de l'Otan dans l'ancienne Yougoslavie était prétendument une opération de « maintien de la paix » visant à arrêter un génocide. Le résultat durable de cette campagne est Camp Bondsteel, l'une des plus grandes bases militaires de la planète. Les États-Unis sont pratiquement le seul pays au monde à maintenir des bases militaires à l'extérieur de ses propres frontières. D'une superficie de presque quatre cents hectares, Camp Bondsteel assure à l'armée américaine la capacité de positionner à l'avance d'importantes quantités d'équipement et de matériel capables d'atteindre les gisements pétroliers de la mer Caspienne, les itinéraires des oléoducs et les importants couloirs maritimes de cette zone du monde. Bien des gens croient également que c'est le site de l'une des prisons secrètes et autres centres de torture des États-Unis.

    3. Si mettre un terme au génocide en Afrique était réellement à l'ordre du jour, pourquoi se focaliser sur le Soudan, avec de 200.000 à 400.000 morts, plutôt que sur le Congo, avec cinq millions de morts ?

    « La notion prétendant que la mort d'un quart de million d'habitants du Darfour constitue un génocide et que celle de cinq millions de Congolais n'en est pas un est immorale et absurde », déclare la militante congolaise Nita Evele. «Ce qui s'est passé – et se produit toujours – au Congo n'a rien d'un conflit tribal ni d'une guerre civile. C'est une invasion. C'est un génocide avec un tribut de cinq millions de vies humaines, soit vingt fois plus qu'au Darfour, et il a été lancé dans le but de piller les richesses minérales et naturelles du Congo. »

    Plus que tout, l'application sélective et cynique du terme « génocide » au Soudan, plutôt qu'au Congo où de dix à vingt fois plus d'Africains ont été massacrés, révèle la profondeur de l'hypocrisie qui entoure le mouvement « Sauver le Darfour ». Au Congo, où des gangsters, des mercenaires et des seigneurs de guerre locaux prêtent main-forte à des armées d'invasion venues de l'Ouganda, du Rwanda, du Burundi et de l'Angola pour se lancer dans des massacres, des viols collectifs et le dépeuplement de la région à une échelle qui écrase tout ce qui se passe au Soudan, tous ces acteurs rivalisent frénétiquement pour assurer que se poursuivent sans dérangement l'extraction du coltan, vital pour les ordinateurs et téléphones cellulaires de l'Occident, l'exportation de l'uranium pour les réacteurs et armes nucléaires de l'Occident et le pillage des diamants, de l'or, du cuivre, du bois et des autres ressources congolaises.

    L'ancien ambassadeur des États-Unis Andrew Young et George H.W. Bush (le père) font tous deux partie du Conseil d'administration de Barrick Gold, l'un des plus importants et actifs groupes miniers opérant dans un Congo déchiré par la guerre. Il est bien évident qu'au vu de l'afflux vers l'Occident des bénéfices réalisés dans l'extraction brutale des richesses congolaises, aucun « génocide » congolais ne vaut la peine qu'on le mentionne et, surtout, qu'on s'en mêle. En ce qui concerne leurs objectifs, les planificateurs stratégiques américains peuvent considérer leur modèle congolais comme le moyen idéal de s'emparer des richesses africaines à un coût minimal et sans devoir se soucier d'une présence militaire officielle des États-Unis sur le terrain.

    4. Tout tourne autour du pétrole soudanais.

(Source : USAID)


    Le Soudan et, plus particulièrement la région du Darfour, s'étend sur un immense lac de pétrole. Mais les gisements de pétrole soudanais ne sont pas mis en valeur et exploités par Exxon, Chevron ou British Petroleum. Ce sont des banques, des compagnies pétrolières et des sociétés de construction chinoises qui font les prêts, opèrent les forages, posent les oléoducs pour envoyer le pétrole soudanais là où elles veulent qu'il aille et prennent bien trop de décisions dans un 21e siècle où les États-Unis aspirent au contrôle absolu des ressources planétaires en énergie. Aux yeux des planificateurs américains, une intervention de l'US Army et de l'Otan devrait résoudre ce problème.


    5. Tout tourne autour de l'uranium, de la gomme arabique et des autres ressources naturelles qui font la richesse du Soudan.

    L'uranium est vital pour l'industrie des armes atomiques et il est un combustible essentiel pour les réacteurs nucléaires. Le Soudan possède des gisements d'uranium de haute qualité. La gomme arabique est un ingrédient essentiel des produits pharmaceutiques, des bonbons et des boissons du type Coca-Cola et Pepsi, et les exportations soudanaises de cette marchandise constituent 80 % de son volume mondial. En 1997, lorsque le gouvernement américain a envisagé des sanctions écrasantes contre le Soudan, les groupes de pression de l'industrie se sont dressés pour obtenir des exemptions qui permettraient de garantir leurs approvisionnements en cette précieuse marchandise soudanaise. Mais une présence militaire des États-Unis et de l'Otan à l'intérieur même de ce pays constitue une garantie plus sûre de ce que l'extraction des ressources soudanaises, à l'instar de celles du Congo, puisse affluer vers les États-Unis et l'Union européenne.

    6. Tout tourne autour de la position stratégique du Soudan.

    Le Soudan est situé en face de l'Arabie saoudite et des États du Golfe, où se trouve, pour les quelques années à venir, une part importante du pétrole mondial facilement exploité. Le Darfour a des frontières communes avec la Libye et le Tchad, qui ont leurs propres ressources pétrolières importantes ; il est à distance de frappe de l'Afrique occidentale et centrale et, de plus, sa position fait qu'il est susceptible d'accueillir un oléoduc. Le Nil traverse le Soudan avant d'entrer en Égypte et la partie sud du Soudan dispose aussi de ressources hydrographiques d'une grande importance régionale. Avec la création d'Africom, le nouveau commandement militaire américain pour le continent africain, les États-Unis ont dévoilé ouvertement et explicitement leurs intentions de poser une empreinte stratégique sur le continent. À partir de bases soudanaises permanentes, l'armée américaine pourrait influencer la politique et l'économie de l'Afrique pour la génération à venir.

    7. Les fondateurs du mouvement « Sauver le Darfour » et les personnes qui soutiennent ce mouvement ont de puissantes relations et ne manquent pas de fonds, puisqu'il s'agit dans les deux cas de gens du gratin de la politique étrangère américaine.

    Selon une histoire parue cet été dans le Washington Post et dont les droits sont réservés, la coalition « 'Sauver le Darfour' a été créée en 2005 par deux groupes inquiets à propos du génocide dans ce pays africain – l'American Jewish World Service et le Musée américain du Mémorial de l'Holocauste (…) La coalition possède une équipe de 30 personnes spécialisées en politique et en relations publiques. Son budget pour le dernier exercice fiscal était de 15 millions de dollars (…) 'Sauver le Darfour' ne souhaite pas révéler combien elle a dépensé exactement pour ses publicités qui, cette semaine, ont tenté de couvrir de honte la Chine, le pays d'accueil des JO de 2008, afin qu'elle réduise son aide au Soudan. Mais une porte-parole de la coalition a parlé d'un montant se chiffrant en millions de dollars ».

    Bien que la campagne de relations publiques de « sauver le Darfour » emploie des techniques de marketing particulièrement efficaces en faisant appel aux étudiants des collèges et même à des internautes noirs, elle ne constitue pas un phénomène émanant de la base, comme l'était le mouvement luttant contre l'apartheid et soutenant les mouvements de libération africains en Afrique du Sud, en Namibie, en Angola et au Mozambique voici une génération. Fortement alourdi de chrétiens évangéliques qui annoncent la fin du monde avec la prochaine guerre et d'éléments bien connus pour leur soutien inconditionnel à l'implantation d'Israël au Moyen-Orient, le mouvement « Sauver le Darfour » est on ne peut plus clairement un phénomène monté par l'establishment, une campagne de propagande qui dépense des millions de dollars chaque mois pour fabriquer le consentement à une intervention militaire américaine en Afrique sous le prétexte de vouloir faire cesser ou empêcher un génocide.

    8. Pas un centime des fonds levés par la Coalition « Sauver le Darfour », le navire amiral du mouvement, n'est consacré à aider les Africains nécessiteux du Darfour même, affirment des articles publiés à la fois dans le Washington Post et le New York Times.

    « Pas un centime des fonds collectés par 'Sauver le Darfour' n'est destiné à aider les victimes et leurs familles. En lieu et place, la coalition dépense ses deniers à tenter de convaincre avant tout les gouvernements à agir. »

    9. Les partisans américains de « Sauver le Darfour » ne sont pas intéressés par d'éventuelles négociations politiques qui pourraient mettre un terme à la guerre au Darfour.

    À plusieurs reprises, le président Bush a tenté ouvertement de saboter les pourparlers de paix visant à mettre fin à la guerre au Darfour. Même des universitaires partisans d'une intervention et des organisations humanitaires actives sur le terrain ont critiqué les États-Unis parce qu'ils mettaient en danger le personnel de l'aide humanitaire et parce qu'ils poussent avec succès les clans rebelles du Darfour à refuser les pourparlers de paix et à proposer eux-mêmes une intervention des États-Unis et de l'Otan.

    Cette campagne de relations publiques, très habile, richement financée et progressant sans à-coups dépeint de façon simpliste le conflit comme étant strictement une affaire raciale dans laquelle les Arabes, généralement méprisés de toute façon dans les médias américains, exterminent la population noire du Soudan. Dans le monde imaginaire qu'elle crée, il n'y a pas de place pour des négociations. Mais, en fait, un grand nombre de ces « Arabes » soudanais – et même les Janjawids – sont noirs également. En tout cas, ils ont été armés et excités par un gouvernement qui a le pouvoir de les désarmer s'il le veut et qui a également le pouvoir de négocier de bonne foi s'il le veut.

    Des négociations ne garantissent jamais rien, mais un refus de participer à des négociations – puisqu'il s'avère que les États-Unis poussent les rebelles au Darfour à le faire et que la campagne de relations publiques « Sauver le Darfour » justifie la chose – évite toute voie vers un arrangement politique entre Soudanais et ne laisse ouverte que celle de l'intervention militaire des États-Unis et de l'Otan.

    10. La firme Blackwater et les autres firmes américaines de mercenaires, qui sont les ailes armées non officielles du parti républicain et du Pentagone, proposent avec impatience leurs services comme faisant partie de la solution dans la crise du Darfour.

    « Chris Taylor, responsable de la stratégie chez Blackwater, affirme que sa société détient une banque de données reprenant les noms de milliers d'anciens policiers et militaires prêts pour des missions de sécurité. Il affirme en outre que le personnel de Blackwater pourrait établir des périmètres de sécurité et garder les villages et camps de réfugiés du Darfour dans le cadre de missions de soutien aux Nations unies. Les responsables de Blackwater disent qu'il ne faudrait pas trop d'effectifs pour contrer les Janjawids, une milice soutenue par le gouvernement soudanais et qui attaque les villages à dos de chameaux. »

    Apparemment, Blackwater n'a pas besoin de se rendre au Congo, où la faim et la malnutrition, le dépeuplement, les viols de masse et la disparition des écoles, des hôpitaux et de la société civile dans de vastes zones sans lois dirigées par une bande sans cesse changeante de tueurs à gages africains (tel le fils du non regretté Idi Amin), le tout sous le voile d'un silence médiatique complice, constituent déjà le parfait environnement propice aux affaires et permettant de pomper à fond et à ridiculement peu de frais les immenses richesses de ce pays.

    Dans ces vastes régions d'Afrique cataloguées comme « espaces non gouvernés » par les planificateurs stratégiques américains, cherchez vous-mêmes des endroits où l'on pourrait adopter ce modèle congolais. Ne vous attendez toutefois pas à en apprendre davantage dans votre quotidien du soir ni à en savoir plus à leur sujet par la bouche d'Oprah, de George Clooney ou d'Angelina Jolie.



    http://blackagendareport.com> – 27 janvier 2007

*

Lu, dit, vu et... entendu

DOCUFICTION ( doculebrón ) : 4 juillet 2008

Sainte Ingrid, patronne des bons otages, priez pour nous !

Par, Fausto Giudice
Source : Basta ! Journal de marche zapatiste
Le retour d’Ingrid Betancur à la civilisation, « après six ans et quatre mois passés en captivité chez les narco-terroristes des FARC », a été l’occasion d’une opération mondiale d’ingridolatrie télévisée en direct. La télévision publique française – France 2 en premier lieu – a sans doute battu les records, en consacrant mercredi soir pas moins de 5 heures non-stop à la « libération » d’Ingrid, et plusieurs heures danssu les jours qui ont suivi.La peste émotionnelle qui a été répandue dans les foyers a de quoi donner la nausée. Au-delà de la nausée, il faut tenter de raisonner.

À première vue, Ingrid pète la forme, elle a l’air bien nourrie et en excellente santé, tout comme les 14 autres « otages » « libérés » avec elle, dont 3 agents du FBI prêtés à la DEA. On ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec un certain Augusto Pinochet, qui, dès son retour au Chili, quitta son fauteuil roulant,dans lequel il avait été cloué pendant son séjour en Grande-Bretagne qui avait mal tourne (il avait été pris en otage par les Britanniques).

Deuxièmement, Ingrid a découvert la Vierge, le Père, le Fils et le Saint-Esprit et envisage d’aller à Lourdes puis au Vatican. Benoît XVI va-t-il la faire béatifier de son vivant ? À défaut d’une canonisation, elle est bien partie pour un prix Nobel de la Paix.

Troisièmement, Ingrid est devenue une partisane fanatique de l’Armée nationale colombienne et des ses Forces spéciales, dont elle arborait la tenue à sa descente d’avion.Quatrièmement, Ingrid est devenue une partisane enthousiaste d’Alvaro Uribe, le narco-président qui est, avec le Mexicain Felipe Calderón, le pion-clé dans le dispositif yankee en Amérique latine.Ingrid n’a cessé de saluer l’opération « parfaite, impeccable, géniale » qui a permis sa libération. À en croire la version officielle, cette opération a été montée par un groupe de colonels colombiens avec l’aide de spécialistes de la CIA et du Mossad israélien. Ils ont infiltré les FARC, puis ont intoxiqué le commandant « Cesar », responsable de la surveillance des prisonniers dont Ingrid, en l’amenant à les livrer à une équipe de militaires déguisés en guérilléros et descendus du ciel à bord d’un gros hélicoptère de transport. Si cette version était vraie, ce commandant des FARC devait être un crétin fini pour croire que son organisation pouvait disposer d’un tel hélicoptère.

Bref, cette version hollywoodienne, c’est bon pour les gogos transformés en adorateurs de Sainte Ingrid. La vérité est plutôt à chercher ailleurs : le gouvernement colombien a payé environ 20 millions de dollars au fameux « Cesar », qui n’a été montré aux caméras, avec un œil au beurre noir, que pour entretenir la fiction hollywoodienne, avant d’être exfiltré, doté d’une nouvelle identité, vers une autre partie du monde pour y mener une nouvelle vie.

Ce qu’on a tout simplement oublié dans cette gigantesque et obscène débauche d’images émotionnelles – avec Ingrid, Astrid, Yolanda, Mélanie, Lorenzo, Nicolas, Carla, Bernard et Rama tournant en boucle pendant des heures -, c’est entre autres ceci :

1° - Ce que l’on s’acharne à appeler des « otages » sont des prisonniers de guerre, tout comme le sont les combattants des FARC détenus par les forces gouvernementales. Mais évidemment, appeler les prisonniers otages reviendrait à reconnaître aux FARC un statut de force combattante, ce qui est exclu pour Uribe et ceux qui l’appuient. Appliquer les Conventions de Genève sur les prisonniers de guerre aux détenus membres des FARC et exiger des FARC qu’elles en fassent de même avec leurs prisonniers donneraient à celles-ci une légitimité.

2° - La guerre menée par l’armée colombienne et les groupes paramilitaires qu’elle a toujours soutenus a fait en 25 ans des milliers de morts, dont 3000 syndicalistes et 2000 indigènes, et des milliers de disparus. Au moins 2 millions de paysans ont été déplacés et sont des réfugiés de l’intérieur. Des milliers de Colombiens, menacés de mort par les paramilitaires, ont du se réfugier à l’étranger.

3° - Les FARC doivent renoncer à leur « combat ignoble qui brise des vies innocentes » (dixit Sarkozy) et « rectifier » leur ligne (dixit Ingrid), ne cessent de répéter les héros de ce super-doculebrón (néologismie formé à partir de culebrón version vénézuélienne de la telenovela, et de docu-soap, série documentaire montée comme une fiction). Ont-ils oublié que la dernière fois que les FARC ont accepté de réintégrer la vie politique « normale » en créant l’Union patriotique et en se présentant aux élections, 5000 de leurs membres ont été assassinés ?
Sainte Ingrid, descendante d’une famille de Croisés normands devenus rois des Canaries, va sans doute maintenant s’embarquer dans de nouvelles croisades pour la libération d’autres « otages ». Mais attention, elle ne s’occupera que des « bons otages ». Sarkozy va sûrement tenter de l’embrigader dans sa prochaine opération, visant à libérer « l’otage franco-israélien » Gilad Shalit, ce caporal prisonnier du Hamas. Maintenant qu’elle s’identifie aux Forces spéciales, qui, a-t-elle déclaré, ont fait voir au monde qu’elles étaient aussi capables que l’armée israélienne, ce serait logique.

Et qu’on ne compte pas sur Ingrid pour d’autres combats, comme la libération des 10 500 otages palestiniens détenus par Israël ou encore la défense de l’environnement. Elle qui se disait écologiste – son groupuscule s’appelait « Oxygène verte » - a été définitivement guérie de cette maladie de jeunesse pendant les années passées sous le « plafond vert » de la jungle, où elle a découvert que de tous les animaux de la jungle, le plus dangereux, c’est l’homme. L’homme des FARC, bien sûr.

*

Lu, dit, vu et... entendu

Israël en EuropeJean-Michel Vernochet* : Dans quelques jours, Israël sera admis comme partenaire privilégié de l'Union européenne sans que les peuples d'Europe aient été consultés, ni même avertis d'une décision aussi lourde de conséquences pour leur avenir.







"[...] Last but not least, quatre jour après la ratification irlandaise, le 12 juin - si importante pour M. Bush - doit intervenir un autre fait d’une importance capitale et qui éclaire l’ensemble des grandes manœuvres dont la zone Europe-Méditerranée est actuellement le théâtre : le 16 juin
à Luxembourg, conseil des ministres des affaires étrangères des Vingt-Sept devrait entériner un partenariat avancé avec Israël. Cela signifie une intégration quasi complète au sein du marché unique, dans les institutions européennes avec la participation des ministres israéliens dans les conseils européens et d'experts dans  tous les  programmes et groupes de travail, « ce qui équivaudrait à conférer à l'Etat juif un statut de quasi-membre de l'UE » comme le soulignait Le monde dans son édition du 7 juin.

La chose s’est préparé dans le silence feutré des chancelleries car apparemment rien n’avait filtré dans la grande presse – les archives du quotidien Le Monde sont muettes en 2007 sur cette question  - histoire de mettre l’opinion devant le fait accompli. Nous avons ici une preuve supplémentaire que les vraies décisions, celles qui engagent le destin des nations ne sont pas connues du public, qu’elles sont soigneusement tues… Comme fut caché, dès l’origine, au début des années 40, les finalités réelles de la construction européenne… des objectifs pas très éloignés de ceux qui président aujourd’hui  à la Greater Middle East Initiative : démembrer des États souverains et créer des entités fédérales sur des bases communautaristes… un prolongement et une amélioration substantielles de l’accord secret Sykes-Picot passé le 16 mai 1916 entre la France, la Grande-Bretagne et la Russie, lequel organisait le partage des dépouilles de l’Empire ottoman...

Est-ce  aussi pure coïncidence si la tournée de M. Bush a démarré par la Slovénie là où justement, en avril dernier, se tint la commission chargée de finaliser cette discrète entrée de l’État hébreu dans la communauté des Vingt Sept ? On comprend mieux alors la hâte de M. Sarkozy à réaliser cette Union pour la Méditerranée si l’on considère avec un peu de recul, et dans son ensemble, l’échiquier géostratégique proche-oriental […]"

*Ancien journaliste au Figaro. Dernier ouvrage publié :  Manifeste pour une Europe des Peuples . En collab., Éd. du Rouvre.
Ci-dessus : extraits de l'article : « LISBONNE » VIA DUBLIN ET TRIPOLI  LES DÉFAITES DU PROJET EURATLANTIQUE publié le 10 juin 2008,  sur  http://www.lunivers.info/articles.php?lng=fr&pg=946




*
Lu, dit, vu et... entendu



Trafic d’organes au Kosovo : Le premier ministre impliqué
mardi 15 avril 2008
par Jean-Yves Crevel (http://www.decapactu.com/spip/article.php3?id_article=444)
    Selon l’ex-procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, Carla Del Ponte, environ 300 prisonniers, dont des femmes, des Serbes et d’autres ressortissants slaves, ont été transportés au courant de l’été 1999 depuis le Kosovo jusqu’en Albanie où ils étaient enfermés dans une sorte de prison.

    Là, « des chirurgiens prélevaient leurs organes. Ces organes étaient ensuite envoyés depuis l’aéroport de Tirana vers des cliniques à l’étranger pour être implantés sur des patients qui payaient », écrit Carla del Ponte. « leurs bourreaux n’hésitaient pas à aller plus loin. Les victimes privées d’un rein étaient de nouveau enfermées dans une baraque jusqu’au moment où elles étaient tuées pour d’autres organes ».

    Ni la Commission qui a tant oeuvré pour l’indépendance du Kosovo, ni Mr. Solana qui s’est entretenu le 19 février dernier avec Hashim Thaçi, impliqué par Mme Del Ponte, n’ont réagi face à ce scandale. Pas un mot. Aujourd’hui, la Commission « se félicite de l’adoption définitive de la directive Qualité de l’air ». Sinistre téléscopage.

    Comme pour les vols secrets de la CIA, autorisés par M. BARROSO quand il était 1er ministre portugais, comme pour le camp U.S. Bondsteel, véritable Guantanamo européen et raison majeure pour reconnaître l’indépendance de la province, la Commission est muette, tout juste se borne t-elle à quelques déclarations de pure forme, jamais suivies d’effet (M. Franco Frantini qui a promis de faire toute la lumière sur les vol de la CIA ne va tout de même pas mettre en difficulté son "propre" Président...)

    Comme dans le roman de George Orwell, les médias attisent les haines sur la dictature d’en face (actuellement la Chine, avec laquelle on se garde bien de remettre en cause nos relations commerciales) mais oublient de donner à ces informations l’importance qu’elles méritent.

    Il nous faut donc intégrer que les envolées lyriques sur les fondements démocratiques et humanistes de la "construction européenne" qui s’accommodent si bien de fréquenter ces trafiquants de chair humaine ne sont que de la poudre aux yeux. [...]

*

16 avril 2008

    Au forum de Davos, on brade les gouvernements :
    Aujourd'hui la Pologne, comme la plupart des pays pauvres d'Europe de l'Est et du Tiers-monde, est une affaire pour la haute finance internationale. Un Conseil constitué des représentants des plus importantes multinationales participant au Forum de Davos a été créé auprès du Secrétariat général de  l'ONU afin de former les chefs de gouvernements à la meilleure manière de s'enrichir en privatisant les industries et les ressources de leur pays.                
    Faut-il, sachant cela, s'étonner de voir apparaître des émeutes de la faim en Haïti, en Égypte, et dans d'autres pays d'Afrique ou d'Asie plus ou moins dépendants de l'ONU, ou de ses filiales, la banque mondiale et le FMI ?
    En cliquant sur le lien ci-desssous, le reportage filmé qu'on peut visionner n'est pas une caricature, c'est la réalité du libéralisme devenu fou, du monde entièrement privatisé, ou sur le point de l'être,  de la "gouvernance" mondiale qui se substitue au gouvernement des peuples par eux-mêmes.
    Jusqu'où cette tendance se poursuivra-t-elle ? Jusqu'à la catastrophe, la véritable chute apocalyptique de l'Occident prédateur ? Ou jusqu'à ce que les peuples, et notamment les peuples européens reprennent en main leur propre destin
et remettent un peu d'ordre dans le monde ? Les paris sont ouverts.







L'Esprit Européen remercie Roberto Fiorini de lui avoir communiqué cette information.













Yves Argoaz

http://www.dailymotion.com/robertofiorini/video/x4tpp8_profit-evangile_news







Récentes mises à jour
Lu, dit, vu et... entendu
*
Fogiel, Rouve, Lellouche, Spaggia et Maurice Rollet

    C'était hier soir sur le plateau de T'empêches tout le monde de dormir. Le petit "animatueur" (expression de Michel Malausséna, qui en fut un malgré lui) Fogiel, Marc-O. pour les intimes, produisait son amusette pour insomniaques, en manque d'intoxications plus sérieuses, qui se voudrait provocatrice mais, comme celles de ses coreligionnaires en cultes médiatiques, Arthur, Ardisson et autres Dechavanne, ne nous sert qu'une eau de boudin pour "mutins de Panurge", selon la géniale expression de Philippe Muray,  à nous donner envie de préférer la pub qui, elle au moins, avoue qu'elle nous trompe sur la marchandise.
    M.-O. F. fit d'abord entrer le genre de vedettes qu'il souhaitait mettre en valeur :
    --Adriana Karambeu, pour sa jolie frimousse de blonde pas très fute-fute, qui souhaitait faire la promo d'un rallye où on lui demandait de rouler
à travers le désert marocain sa carosserie rebondie avec d'autres gazelles bien balancées  pour promouvoir quelques causes philantropiques et beaucoup de pub.  
    -- HPG, qui remercia dix fois, en le tutoyant, son copain Fogiel de l'avoir invité pour une fois en début de soirée pour promouvoir son "vit et [ses] œuvres" où il présente, entre autres, des scènes de fellation et de sodomie entre hommes et une piètre simulation de viol, agrémentées d'un discours pseudo-théâtral qu'il espérait pouvoir vendre
aux ados sur les étals de Virgin et de la FNAC , comme de l'innocente poésie érotique,  mais que les censeurs, en pleine célébration soixante-huitarde - shame on you ! -, se sont avisés de classer X. Face à lui et à sa claque de vaillants défenseurs de la "liberté d'expression" , du "bon goût" et du "talent", la jeune porte-parole d'une ligue de vertu désireuse de protéger les adolescents de l'avalanche d'obscénités à laquelle ils auront droit toute leur vie dès qu'ils auront passé le cap des dix huit ans, eut bien du mal à faire entendre ses raisons qui, en l'occurence, n'étaient pas si mauvaises.
    Entretemps, un collectif de jeunes gens en faveur de "la reconquête de l'espace public" était venu jeter une douche froide sur ces tiédeurs narcissiques en lisant un petit manifeste contre la dictature de la frivolité des riches, au grand dam de M.-O. F. qui osa dire qu'il les aurait invités s'ils étaient passé, comme tout le monde, par la grande porte !

    Puis, au bout d'une avalanche de pubs, nous en vînmes au sujet, Spaggiari,  pour lequel j'avais surmonté vaillamment, en dodelinant de la tête,  la tentation du sommeil, assommé par l'étalage de toute cette médiocrité de saltimbanque. 
    Jean-Paul Rouve, plutôt sympathique au premier abord, était heureux d'être là pour promouvoir sa fresque épique d'un bandit au grand c
œur, Albert Spaggiari, l'auteur du casse de Nice en 1976, qui sort aujourd'hui, le 16 avril, sur les écrans parisiens. Normal, il en est à la fois le producteur, le directeur et l'acteur principal ! À ses côtés, le deuxième acteur-vedette, Gilles Lellouche, plus austère, dont le rôle est celui du photographe qui a retrouvé Spaggiari dans son exil pour devenir son impresario médiatique et lui proposer, entre autres, la couverture de Paris-Match. Puis, en veste de cuir noir et cravate rouge, plus très jeune, mais l'oeil vif et la repartie rapide, Maurice Rollet qui se présente comme un grand ami de celui qu'il appelle Spaggia et dont il fut le médecin avant, et aussi pendant, sa cavale, à l'occasion des réapparitions en France, au nez et à la barbe de la police qui ne retrouva jamais vivant le prestigieux bandit.
    On sentait bien que l'animatueur aurait aimé mentionner les aspects moins politiquement corrects de la carrière du populaire Mandrin niçois qui, après la rocambolesque évasion qui suivit le "casse du siècle" et sa cavale très médiatique, fit pendant une douzaine d'années un magistral pied-de-nez aux juges et à leurs pandores. Il aurait aimé que l'on ne fît pas la fine bouche sur  l'appartenance déclarée de cet ancien para d'Indochine à divers mouvements de la droite radicale, ses activités de terroriste de l'OAS...
    Mais quelqu'un avait censuré ces incongruités, évoquées du bout des lèvres par M.-O. F. pour ternir l'image du héros "people" très en vogue chez les bobos incapables de courir un dixième des risques qu'il a assumé.
    Maurice Rollet ne se sentait pas lié par ce pacte du silence. Il avouait sans vergogne avoir été un camarade de combat de Spaggia au sein de l'OAS. Il était heureux de l'avoir retrouvé, perruqué et grimé, lui tapotant l'épaule au milieu d'une manif du Front National, ce qui lui fit gronder : "Albert, tu es fou, il y a peut-être trois mille flics autour de nous ! "
    C'est alors que les censeurs révélèrent l'objectif de la man
œuvre :
-- Gilles Lellouche à Maurice Rollet : (de mémoire) " Je suis venu pour parler du film et pas pour vous écouter parler de votre idéologie de merde ! "
-- Jean-Paul Rouvre à Maurice Rollet : " Je tiens à dire que j'exècre tout ce que vous représentez " et, peu après : " si on continue sur ce sujet, on risque de donner une mauvaise impression aux futurs spectateurs du film."
    Tout était dit, ou presque : Il fallait escamoter toute une partie de la personnalité du vrai Spaggia afin que le Spaggiari de cinéma fasse un maximum d'entrées.
    Pouvait-on attendre autre chose d'un top show  de la société du spectacle ?
    Tout était dit ou presque, car le négrillon qui faisait office de fou du roi Fogiel sur son perchoir tenta une dernière basse calomnie contre Maurice Rollet : " C'était pratique d'être médecin pendant la guerre d'Algérie, parce qu'après avoir torturé les Arabes, on pouvait les soigner ! "
    Celui-ci ne se démonta pas : "Je n'ai jamais torturé, monsieur, parlez de ce que vous connaissez ! Et contrairement à ce que vous croyez, j'avais beaucoup de clients arabes qui venaient me remercier d'avoir guéri leur fille"


                                       
Le site de réinformation Novopress  diffuse un reportage non censuré qui donne une autre idée du personnage que celle,  plutôt lisse, présentée par Rouve et Lellouche de peur de choquer le bonnes consciences. On y retrouve les vrais amis du héros, Jacques Peyrat, son avocat,  Maurice Rollet , Robert Desroches et Roger Holeindre. Et cette maxime que personne n'est obligé obligé d'adopter, mais qui est réaliste pour tous les reîtres du monde, confiée à Rollet : " Pendant la guerre, on peut tout faire : tuer, violer, piller...femmes et enfants... tout, sauf une chose : perdre la guerre ! "
                                                                                                                                                       
  http://fr.novopress.info/?p=11229  




Patrick Keridan

                 

                                                                                                                                                                                                                                                       





   















***















*

Récentes mises à jour
Lu, dit, vu et... entendu



15 février 2008

L'historien Henry Rousso critique l'idée de Sarkozy sur la Shoah
Reuters 15.02.08 | 08h49  (Thierry Lévêque )

 <http://www.lemonde.fr/web/depeches/texte/0,14-0,39-34329222,0.html>


PARIS (Reuters) - L'historien Henry Rousso, spécialiste de l'Occupation, critique vivement vendredi la proposition de Nicolas Sarkozy de faire parrainer par chaque élève français de CM2 un enfant français victime du génocide des juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale.
"La nouvelle initiative apparaît incongrue, jetée dans l'espace public comme d'autres annonces présidentielles. le bruit médiatique vient, une fois de plus, troubler le respect et le silence des morts de l'histoire", écrit-il dans Libération.Il estime qu'il n'y avait nul besoin de relancer le travail de mémoire sur cet épisode de l'Histoire en France, où beaucoup a déjà été fait à ce titre. Par ailleurs, selon l'historien, la méthode présidentielle est morbide et inutile."Le choix des enfants juifs exterminés pour être nés juifs n'est édifiant en rien, sinon de l'immense barbarie du XXe siècle", écrit-il."Une fois encore, seule émerge du passé une mémoire mortifère, seule est digne d'être remémorée avec éclat une histoire criminelle (...) le passé est devenu un entrepôt de ressources politiques ou identitaires, où chacun puise à son gré ce qui peut servir ses intérêts immédiats", conclut l'historien.

*
Récentes mises à jour
Lu, dit, vu et... entendu


7 janvier 2008

Bernd Rabehl* : 

" Les Allemands sont devenus un peuple d'ilotes sans identité propre "

                            

 zur Zeit ( n°47/2007) , Vienne

Propos recueillis par Dimitrij Grieb

extraits



Q. : Vous considérez que le peuple allemand est devenu un peuple d’ilotes. Que devons-nous entendre par là ?


BR : Les peuples d’ilotes sont des peuples qui ont perdu l’esprit, qui n’ont plus une intelligentsia propre, qui n’ont plus de culture spécifique. Je veux ici vous rappeler une parole qui nous vient tout à la fois de Hegel et de Friedrich Engels : « Un peuple est toujours un peuple de bâtisseurs de villes, un peuple qui possède des universités, une peinture propre, un art spécifique, une architecture ». Si tout cela va à vau-l’eau, le peuple perd la tête et est détruit jusqu’au tréfonds de sa personnalité. Les valeurs d’autres peuples sont alors injectées dans ce peuple « ilotisé », qui perd ainsi les derniers résidus de son identité.


Q. : Les Allemands sont donc devenus un peuple d’ilotes, mais sont-ils dominés par les Etats-Unis ou par les forces dynamisantes qui tiennent là-bas, Outre Atlantique, le haut du pavé ?


BR : Oui, c’est cela, c’est exact. C’est là l’application exemplaire des stratégies qui ont été élaborées pour les guerres du futur. On ne veut pas qu’en Europe centrale et orientale émerge une puissance forte qui pourrait concurrencer les Etats-Unis ou choisir un jour de s’aligner aux côtés de la Russie ou de la Chine. A Washington, l’intérêt majeur est de détruire l’Europe, et non pas seulement l’Allemagne, dans sa substance culturelle et nationale. C’est pour cette raison qu’on nous a imposé l’immigration de masse ; celle-ci est téléguidée et introduit en nos murs des populations venues de plusieurs zones de la planète, sinistrées par des guerres. Ce n’est pas un hasard si nos immigrés viennent de Turquie, du Moyen Orient ou d’Afrique du Nord. Dans les régions sinistrées par la guerre, on retire l’eau dans laquelle le poisson peut nager et on transplante celui-ci en Europe, où l’on se demande : « Pourquoi cela, vers quel but nous dirigeons-nous en pratiquant une telle politique ? ». Ces immigrés n’apportent pas une force de production supplémentaire, ni un savoir précieux, mais arrivent chez nous en tant que peuples brisés, c’est-à-dire en peuples réduits au statut d’ilotes, comme nous.


* Bernd Rabehl fut en 1968 l'un des chefs de l’Opposition extra-parlementaire ouest-allemande avec son ancien camarade de combat Rudi Dutschke dont il a publié récemment une biographie. Jusqu'en 2003, Bernd Rabehl enseignait la politologie et la sociologie à la Freie Universität Berlin
Trad. française : Robert Steuckers. On retrouvera la plus grande partie de cet entretien sur le site : http://www.voxnr.com/cc/d_allemagne/EEAllVFAFpYDwhwJJX.shtml

*

Lu, dit, vu et... entendu

21.12.2007

Nicolas Sarkozy veut enterrer le futur référendum sur l’adhésion turque !

Remise en cause de l’obligation du référendum pour l’adhésion turque : Nicolas Sarkozy a trompé les Français sur toute la ligne !

L’avant-projet de loi sur la réforme des institutions remet en cause l’obligation du référendum pour l’adhésion à l’Union européenne de nouveaux membres.

Après avoir refusé une indispensable consultation populaire sur la Constitution-bis signée jeudi dernier à Lisbonne, Nicolas Sarkozy récidive en faisant cette fois sauter la seule garantie qu’avaient les Français que les négociations ouvertes avec Ankara ne doivent pas aboutir à une adhésion automatique.

Après l’ouverture à deux reprises de chapitres supplémentaires de négociation avec la Turquie, la preuve est ainsi faite que le président de la République a trompé nos concitoyens sur toute la ligne : son opposition à l’adhésion turque n’est qu’une posture.

Tout doit donc être fait pour empêcher cette révision institutionnelle et les parlementaires de l’UMP portent désormais une responsabilité écrasante devant les Français.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député DLR de l’Essonne Président de Debout la République

Récentes mises à jour

Lu, dit, vu et... entendu


20 novembre 2007, source : http://theatrumbelli.hautetfort.com/

Une ville hongroise servira de base à l'OTAN

L'Organisation du traité de  l'Atlantique Nord (OTAN) a choisi l'aéroport d'une ville de  l'ouest de la Hongrie comme base pour ses transports aériens  stratégiques, a informé lundi le quotidien national Nepszabadsag.

L'alliance militaire a décidé vendredi de privilégier la ville  hongroise de Pápa, face à celles de Ramstein en Allemagne et de  Constanta en Roumanie, a dit le ministre de la Défense Imre  Szekeres à la presse, dimanche, à Pápa.

Dans cette base de Pápa, l'OTAN devrait stationner 4 avions de transport Boeing C-17 Globemaster III, un appareil  stratégique permettant de transporter 77 tonnes de marchandises  sur 4 450 km.  

Le premier avion devrait atterrir à Pápa fin 2008, et les autres arriveront en 2009. 

Cet appareil aura un rôle central dans le transport des troupes tournantes de l'OTAN déployées en Irak et en Afghanistan, et dans  le soutien logistique. 

Les C-17s seront accompagnés de 200 soldats de plus de 17 nations et d'une équipe de mécaniciens de Boeing.

Source du texte : PORTFOLIO.HU



*

Récentes mises à jour

Lu, dit, vu et... entendu

26 aout 2007 : rétrolecture

"Pourquoi et comment j'ai financé Ben Laden en Afghanistan"
Zbigniew Brzezinski

 http://www.michelcollon.info/
    Le 15 janvier 1998, Zbigniew Brzezinski est interviewé par Le Nouvel Observateur. Cet homme a dirigé la politique étrangère des USA sous Carter. C'est lui qui a financé et utilisé Ben Laden pour abattre un régime progressiste qui avait accompli une réforme agraire et émancipé les femmes.
    Brzezinski le reconnaît ici. Pire, il en est fier. Eclairant...
Il tord le cou au mythe qui va suivre : c'est bien la CIA qui a piégé l'URSS pour l'attirer en Afghanistan.
 
    “Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes...”

    Le Nouvel Observateur. — L'ancien directeur de la CIA Robert Gates l'affirme dans ses Mémoires (1) : les services secrets américains ont commencé à aider les moudjahidine afghans six mois avant l'intervention soviétique. A l'époque, vous étiez le conseiller du président Carter pour les affaires de sécurité ; vous avez donc joué un rôle clé dans cette affaire. Vous confirmez?
    Zbigniew Brzezinski (2). — Oui. Selon la version officielle de l'histoire, l'aide de la CIA aux moudjahidine a débuté courant 1980, c'est-à-dire après que l'armée soviétique eut envahi l'Afghanistan, le 24 décembre 1979. Mais la réalité, gardée secrète jusqu'à présent, est tout autre : c'est en effet le 3 juillet 1979 que le président Carter a signé la première directive sur l'assistance clandestine aux opposants du régime prosoviétique de Kaboul. Et ce jour-là, j'ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquais qu'à mon avis cette aide allait entraîner une intervention militaire des Soviétiques.

    N. O. — Malgré ce risque, vous étiez partisan de cette “covert action” [opération clandestine]. Mais peut-être même souhaitiez-vous cette entrée en guerre des Soviétiques et cherchiez-vous à la provoquer?
    Z. Brzezinski. — Ce n'est pas tout à fait cela. Nous n'avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous avons sciemment augmenté la probabilité qu'ils le fassent.

    N. O. — Lorsque les Soviétiques ont justifié leur intervention en affirmant qu'ils entendaient lutter contre une ingérence secrète des Etats-Unis en Afghanistan, personne ne les a crus. Pourtant, il y avait un fond de vérité... Vous ne regrettez rien aujourd'hui?
    Z. Brzezinski. — Regretter quoi? Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d'attirer les Russes dans le piège afghan et vous voulez que je le regrette ? Le jour où les Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j'ai écrit au président Carter, en substance : “Nous avons maintenant l'occasion de donner à l'URSS sa guerre du Vietnam.” De fait, Moscou a dû mener pendant presque dix ans une guerre insupportable pour le régime, un conflit qui a entraîné la démoralisation et finalement l'éclatement de l'empire soviétique.

    N. O. — Vous ne regrettez pas non plus d'avoir favorisé l'intégrisme islamiste, d'avoir donné des armes, des conseils à de futurs terroristes?
    Z. Brzezinski. — Qu'est-ce qui est le plus important au regard de l'histoire du monde? Les talibans ou la chute de l'empire soviétique? Quelques excités islamistes ou la libération de l'Europe centrale et la fin de la guerre froide?

    N. O. — “Quelques excités”? Mais on le dit et on le répète: le fondamentalisme islamique représente aujourd'hui une menace mondiale.
    Z. Brzezinski. — Sottises! Il faudrait, dit-on, que l'Occident ait une politique globale à l'égard de l'islamisme. C'est stupide: il n'y a pas d'islamisme global. Regardons l'islam de manière rationnelle et non démagogique ou émotionnelle. C'est la première religion du monde avec 1,5 milliard de fidèles. Mais qu'y a-t-il de commun entre l'Arabie Saoudite fondamentaliste, le Maroc modéré, le Pakistan militariste, l'Egypte pro-occidentale ou l'Asie centrale sécularisée? Rien de plus que ce qui unit les pays de la chrétienté...

    Propos recueillis par Vincent Jauvert
(1) From the Shadows, par Robert Gates, Simon and Schuster.
(2) Zbigniew Brzezinski a publié Le Grand Echiquier, Bayard Editions, 1997

Voir aussi sur le site de Michel Collon :
Brzezinski : Comment dominer le monde
http://www.michelcollon.info/display.php?image=img/livres/Monopoly_Kosovo/106_zbigniew_brzezinski_dominer_monde.jpg

 

*

Récentes mises à jour

Lu, dit, vu et... entendu

     7 aout 2007                           

Belgrade n'échangera pas l'indépendance du Kosovo contre son adhésion à l'UE (diplomate serbe)


MOSCOU, 7 août 2007- RIA Novosti.

Belgrade n'acceptera pas l'indépendance du Kosovo et Metohija en échange de l'adhésion à l'UE, a déclaré à RIA Novosti lundi l'ambassadeur serbe à Moscou, Stanimir Vukicevic.

"Je peux affirmer en toute certitude qu'il n'y aura pas de marchandage: l'adhésion de la Serbie à l'Union européenne ne sera pas achetée par l'indépendance du Kosovo", a-t-il indiqué.

La Serbie est en train de mener des négociations avec l'UE en vue d'intégrer l'Europe unie, a rappelé le diplomate. Par ailleurs, il a souligné que la décision sur le statut du Kosovo devait être trouvée sur la base d'accords et d'un compromis dans le cadre du Conseil de sécurité de l'ONU.

La province du Kosovo, qui reste formellement une partie du territoire serbe, a été placée sous la tutelle des Nations unies en 1999. Conformément au Plan de Martti Ahtisaari prévoyant son indépendance surveillée, le contrôle de la province devrait passer à l'UE.

Ce passage est cependant impossible sans une résolution appropriée du Conseil de sécurité de l'ONU, estime M. Vukicevic, qui juge toutefois nécessaire la présence de missions administrative et militaire des Nations unies dans cette région instable.

Le Conseil de sécurité de l'ONU n'ayant pas réussi à adopter une résolution concertée sur le statut du Kosovo, cette question a été soumise au Groupe de contact spécialement créé à cet effet, qui regroupe des représentants de la Russie, de l'Union européenne et des Etats-Unis.

                         
ndlr :
un bon point de la rédaction pour cette courageuse petite nation qui, en dépit des bombardements de 1999, de l'occupation étrangère, des sanctions, du chantage de l'OTAN et de l'UE, n'est toujours pas résignée à marchander son droit imprescriptible à la souveraineté sur l'une de ses provinces. Pour le Kosovo, pense une majorité de Serbes, l'autonomie est souhaitable, mais l'indépendance est hors de question.

*

Récentes mises à jour
Lu, dit, vu et... entendu


      vendredi 13 avril 2007                                                                                                                                                                                                  
"Exit strategy" en Irak ? Une fausse guerre entre Bush et le Congrès.
 Derrière leur opposition de façade, les Démocrates sont d'accord avec le président pour une politique d'occupation militaire usaméricaine ininterrompue au Moyen Orient  et en Asie centrale
Lucio Manisco
Avec le vote à la Chambre des représentants du 23 mars et celui du Sénat quatre jours après, le Congrès des Etats-Unis à majorité démocrate aurait imposé au président Georges Bush le retrait des troupes d’Irak et alentours d’ici 2008, et ce retrait aurait été la condition sine qua non pour concéder au chef de l’exécutif les 124 milliards de dollars de financement de l’envoi de 21 mille ou 31 mille militaires de plus à Bagdad et à Anbar. Selon les rapports des correspondants des plus grands quotidiens italiens aux Usa, ceci aurait été un tournant décisif.
 
Unestimmungsbrechung, une rupture, un changement radical, de la guerre à la paix, dans les humeurs de l’opinion publique et de ses représentants que le président, malgré ses menaces de veto, ne pourra pas ignorer.
Le problème des correspondants italiens dans la république étoilée est qu’ils ne lisent pas les textes des résolutions des deux chambres, les actes du Congrès, les déclarations des plus importants représentants démocrates. S’ils l’avaient fait, ils auraient écrit que la Chambre des représentants a approuvé l’affectation des 124 milliards de dollars, et que l’échéance indiquée pour le retrait partiel des troupes – le 1er septembre 2008 - pourra être évitée par le chef de l’exécutif par une simple note d’information au Congrès sur les progrès enregistrés dans les 17 prochains mois, et sur la nécessité d’allouer d’autres fonds nécessaires pour prolonger l’occupation de l’Irak. C’est Nancy Pelosi elle-même, nouveau leader démocrate de la Chambre, qui a donné des éclaircissements ultérieurs sur les tâches des forces US à « redéployer » en Irak dans le cas où Bush devrait faire sienne l’échéance indiquée : « Elles ne pourront être employées que pour des opérations d’anti-terro! risme, pour l’entraînement de l’armée irakienne, et pour la protection du personnel diplomatique ». Plus ou moins les mêmes tâches qu’a mentionnées Bush le 10 janvier quand il a décidé d’envoyer d’autres troupes.
Plus générique encore et moins contraignante l’échéance de mars 2008, indiquée par le Sénat pour « redéployer » le corps expéditionnaire quand le refinancement de son augmentation numérique sera accompli. Le chef du groupe démocrate de la chambre haute, le sénateur Harry Reid, a assuré que les soldats ne seront de toutes façons pas rapatriés mais transférés en Afghanistan « pour combattre Al Quaeda ». Le sénateur Joe Biden, candidat aux présidentielles, a été plus précis : « La date de mars 2008 n’est que l’indication d’un objectif : il reviendra aux commandants sur le terrain de décider d’ici une année si cet objectif a été ou peut être atteint ».
Il est particulièrement intéressant, toujours dans ce contexte, de jeter un coup d’œil aux actes du Congrès concernant les compte-rendus du bilan de la Défense qui, sans l’allocation supplétive des 134 milliards, se montait déjà à environ 500 milliards de dollars : des dizaines et dizaines de milliards seront dépensés pour compléter l’installation de 14 grandes bases en Irak, et le renforcement de la green zone dans la capitale, qui, en plus d’abriter la plus grande ambassade US du monde, défendra les ministères irakiens, et des douzaines de compagnies paramilitaires étasuniennes. Quatre de ces bases, avec piste d’atterrissage de quatre et cinq miles pour bombardiers stratégiques, occupent des aires de 25 kilomètres carrés : sur celle d’Anaconda, on est en train de terminer des logements pour 21 mille soldats ; celle de Camp Taji disposera d’un métro, de chaînes de Mc Do, Burger King et Pizza Hut ; un immense lac artificiel entourera Camp Victory avec des logements pour 14! mille militaires, hôtels et salles de conférence en béton armé. Toutes les bases en dehors de la green zone sont délocalisées loin des centres habités parce que la leçon de Ho Chi Minh a été apprise au prix fort : « Les américains ne peuvent être combattus que de près, en les empoignant par la ceinture ».
Aucune exit strategy donc, mais, bien au contraire, les préparatifs alarmants d’une grande guerre moyen-orientale, et, simultanément, la tentative de façade d’un Congrès à majorité démocrate d’aller au devant de l’insatisfaction de l’opinion publique à l’égard d’un conflit sanglant et insensé, et de préparer ainsi la revanche sur les républicains aux prochaines élections présidentielles de l’année prochaine.
www.luciomùanisco.com

Edition de mercredi 4 avril 2007 de il manifesto
http://www.ilmanifesto.it/Quotidioano-archivio/04-Aprile-2007/art16.html
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
Lucio Manisco est député au Parlement européen (Parti des Communistes italiens, groupe GUE/NGL)

 
Retrouvez bien plus sur http://www.michelcollon.info !
       

                                                                                                                             
 Récentes mises à jour    
Lu, dit, vu et... entendu

                                                                                                                                                                                                                                                

Lundi 26 février 2007      

                                                       

       « [...] Au lieu de lutter pour conquérir le leadership en Eurasie, les Turcs, les Slaves (et leurs voisins moins nombreux) pourraient unir leurs forces et faire de Constantinople [« Istanbul » n'est pas autre chose qu'une lecture erronée de « Constantinople »…] leur capitale commune et le siège du gouvernement impérial. Constantinople, cela pourrait être notre réponse à Bruxelles, New York et Pékin… Alors que la quête de l'hégémonie, des siècles durant, en Eurasie, a causé d'innombrables guerres, une union satisferait les désirs de tous : les Russes auront Constantinople pour capitale, sans en déloger pour autant les Turcs ; les Turcs auront des routes d'approvisionnement vers la Crimée et Tachkent, et même vers les réserves diamantifères perdues au fond de la Yakoutie, cette contrée des Turcs Pravoslav [Orthodoxes, ndt], sans avoir à se battre contre un seul Russ e… Le Moyen-Orient sera à nouveau incorporé à l'Eurasie, comme il le fut longtemps ; il n'aura plus à obtempérer à des ordres venus de Washington, de Londres ou de Bruxelles. Au lieu d'être un coin perdu, la Turquie deviendra le lieu de rendez-vous des habitants de Bagdad et de Kiev, de Belgrade et du Caire, de Vladivostok et d'Ankara.

        Levons à nouveau l'aigle bicéphale de Byzance, comme symbole de l'unité de notre civilisation orientale des orthodoxes et des musulmans, investissons nos dirigeants de la double couronne du Calife de l'Islam et d'Empereur de l'Orthodoxie, enterrons les nationalismes mesquins du récent passé et entamons une nouvelle page exaltante de notre histoire et de l'histoire du monde ! Le Commonwealth de l'Orient reconstitué, successeur légitime des Empires orientaux romain, byzantin, russe et ottoman, possèdera de vastes richesses et de grandes ressources spirituelles, qui en feront une superpuissance mondiale, aux côtés de l'Europe unie, des Etats-Unis et de la Chine. [...] »

        L'ensemble de cet article publié la première fois le 27 janvier 2006 par l'hebdomadaire turc Yarintraduit de l'anglais par Marcel Charbonnier, peut être lu sur le site http://www.geostrategie.com/cogit_content/verbatim/Empire-Califat-ottomanrevi.shtml




Récentes mises à jour

Lu, dit, vu et... entendu

                                      
Lundi 29 janvier 2007

Les derniers jours de la chrétienté en Europe ?

 

                       C'est un sondage de plus. Au milieu de toutes ces évaluations et spéculations électorales, il passe inaperçu. Pourtant, cette petite enquête de l'Institut CSA auprès de 2012 personnes,  publiée dans Le Monde  du 9 janvier 2007, est beaucoup plus significative que bien des courbes de tendances : 

                        « Il n'y aurait plus aujourd'hui qu'un Français sur deux (51%) à se déclarer "catholique" » auxquels il convient d'ajouter les 4% de "chrétiens sans précision" « alors que les Français "sans religion" représentent désormais jusqu'à un tiers, ou presque (31%), de la population ». 

                   L'accélération est brutale, car en 1994 encore - c'était hier -, alors que les sans religion représentaient déjà un relativement gros bataillon pour la fille aînée de l'Église avec 23% de l'échantillon, ils avaient encore, face à eux plus de deux tiers de catholiques déclarés (67%).

             Et d'après un autre sondage, publié au même moment  par Le Monde des religions, parmi les catholiques ou chrétiens déclarés, très peu sont des pratiquants du culte : plus de la moitié ne vont jamais à la messe. Seul un petit tiers s'y rend occasionnellement, pour un mariage, un baptême ou une fête. Seulement 8% y vont tous les dimanche alors qu'ils étaient encore 13% en 1988, 25% en 1968 et 37% en 1948.

                  Plus étonnant encore : le fait que seuls 52% des catholiques jugent "certaine" ou "probable" l'existence de Dieu, et qu'une infime minorité (8%), adhère à la croyance en un Dieu personnel, dogme fondamental du christianisme, alors que la plupart des croyants (79%) se réfèrent à une "force, énergie ou esprit". Cet agnosticisme vitaliste ne manque pas de rappeler certaines conceptions païennes du monde .

                     Les seules superstitions - au sens de croyances survivantes - sont la croyance au diable (33%), aux miracles (64%), et à l'idée que la mort n'est pas "l'étape ultime" (74%). Ici aussi, force est de constater que ces "catholiques" se rapprochent sensiblement de choix philosophiques très anciens, partagés avec d'autres obédiences.

 

                    Par ailleurs, environ 80% de l'échantillon se déclare, à l'encontre de Rome, en faveur du mariage des prêtres et de l'ordination de prêtresses.

                       En regard de ce recul très net  du catholicisme, on notera que le nombre des protestants déclarés reste stable à 3% , de même que celui des juifs, alors que le nombre des musulmans passe de 2 à 4%, chiffre imputable en partie à l'immigration soutenue de populations non-européennes.

               L'appartenance à une Église (qui recueille 76% d'opinion favorable parmi les catholiques, démontre toutefois que le catholicisme contemporain, à défaut d'être une vocation spirituelle, reste, au même titre que les religions minoritaires pour les publics concernés, un marqueur identitaire pour une partie substantielle de la population française. 

                  

                    Que peut-t-on penser d'une telle évolution d'un point de vue européiste ?  Selon la perspective, on pourra la déplorer en y voyant le signe indiscutable d'un vide spirituel croissant et d'une progression des valeurs matérialistes et individualistes. Mais on peut aussi y déceler l'opportunité de "remettre les compteurs à zéro", de laisser se refermer tranquillement la parenthèse chrétienne et de saisir cette occasion pour renouer avec les splendides "valeurs", esthétiques, sensuelles et politiques qui avaient été délibérément écartées, réprimées par le christianisme de la Réforme et de la contre-Réforme dont les longs siècles d'Inquisition nous ont laissé un goût amer.

                        Tout un programme de réflexion et de recherche s'impose désormais, afin d'enrichir notre laïcité désenchantée avec les immenses trésors du patrimoine philosophique et religieux, au sens large, d'une culture européenne qui n'aurait plus peur, enfin, de se reconnaître elle-même, de s'assumer dans son intégralité.

                                                                                                                                                                 

                                                                                                                                                  Yves Argoaz                                                                                                                                                     Voir aussi l'article de Jacques Marlaud La religion de l'Europe n'est pas encore faite                                                                                                                                                         *                                                                         

Récentes mises à jour
Lu, dit, vu et... entendu
                                                                  

                                                                                   

Dantec et la posture du renégat par Serge Rivron (extraits)

             Serge Rivron est un auteur original qui rue dans les brancards de notre modernité sénile et nihiliste. Il pose les bonnes et impertinentes questions à notre société du spectacle bavarde et servile qui n'en finit pas de débiter des âneries au service (guerrier) des puissants tout en arborant comme un titre de gloire le reniement de ses propres racines. Il n'hésite pas à rentrer dans le lard des Kouchner et autres Sollers. Mais ne voilà-t-il pas qu'il s'en prend à ce monstre sacré de l'occidentisme réactionnaire qu'est Dantec en personne, après l'avoir vu sur un plateau télévisuel, invité par Franz-Olivier Giesbert !  C'était en 2003 mais l'actualité n'a pas varié d'un poil à ce sujet, et la lâcheté des élites européennes semble plutôt avoir empiré... Et puis, comme toutes les bonnes bouteilles, ça se bonifie avec le temps. Pas Dantec bien sûr, ni ses émules moins talentueuses, BHL et Huntington, mais Rivron.
               Son site Internet (adresse en fin d'article) mérite le détour.
                                                                                                                      P.K.                                                                                                                                                                                                                             

            «...Mais revenons à Dantec, parce que lui il y est revenu, à nous asséner sa posture de renégat. [...]

            Il faut lui reconnaître un talent à Dantec : il sait pousser le bouchon trop loin. C'est plutôt réjouissant, dans ce moment des hommes où la provoc est devenue un préalable à l'existence publique à tel point qu'on finira tous peu ou prou par se faire un devoir de dénoncer tous les matins le camp qu'on a installé soi-même la veille au soir. Il en faut des tonnes pour qu'on frémisse un tant soit peu, on se surprend presque nulle part. On est tellement baigné partout de consensus qu’il devient consensuel même d'abominer le consensus. Pour Dantec c'est rupture totale qu'il faut viser, point barre. Plus se faire chier avec aucune prévenance. Son article s'appelle "Total-Chirak" et c'est ni plus ni moins qu'un appel à la guerre contre les "francoboches" européens. "La civilisation européenne ne vaut pas la disparition d'un seul clébard de New-York City", qu'il conclut. Ça c'est envoyé !

 

            Moi, je m'en fous qu'il insulte le pacifisme bêlant, et Kouchner (dont j'ai cru comprendre qu'il était d'ailleurs plutôt favorable à cette guerre, d'ailleurs) et Chirac, et qui il veut, du reste. Qu'il se passe des formes convenues et de pas mal d'hypocrisies trouillasseuses pour insulter les "républiques-Banania" qui siègent à l'ONU. Même qu'il se sente transi d'admiration néo-pragmatique pour la technologie de l'industrie aéro-militaire US, dont je vois juste pas bien qu'elle doive fonder l'espérance de l'humanité, mais bof.

 

            Ce que je regrette, et qui m'exaspère, c'est la méthode foutoir, la mauvaise foi totale polémique qui sonne bizarrement comme une revanche, à ce stade, même plus du dépit ni de l'amertume. C'est effectivement le côté renégat, cette posture tellement séduisante et puérile de renier ses racines. En disant n'importe quoi, en souhaitant voir l'histoire soumise aux dictats d'une société américaine qui n'aurait dû ses quelques tares (consumérisme effréné ? colonialisme de l'argent ? Dantec ne déplore que la démocratie) qu'à la "contamination des nihilismes rances" de la vieille Europe. Pour le néo-capitaliste Dantec, le choix de la guerre est politiquement admirable et éthiquement courageux, la position du "camp franco-boche" n'est pas un choix, c'est une provocation anti-américaine. Voire, mais c'est un brin simpliste. Dantec qui en veut tellement à l'Europe de ne pas soutenir totalement les Américains sur le coup en s'engageant physiquement à leur côté, rappelle lui-même (mais il est vrai dans un contexte argumentaire où le sens que j'y vois a dû lui échapper) "la difficile entrée en guerre de Roosevelt pour défendre l'Europe, il fallut attendre Pearl Harbour" : Ah bon ! les américains ont le droit, eux, de refuser de faire la guerre à un salopard, agresseur qui plus est, quand ils estiment que leurs intérêts ne sont pas directement menacés ? C'est pas des larvouilleuses larveries, eux, cette fois, dis Maurice ?

 

            Mais il y a plus pénible encore que cette posture du renégat si pleinement assumée par Dantec. C'est qu'à écouter chanter ses sirènes pour le coup : absolument nihilistes, on comprend qu'elles dessinent l'attente fervente d'un monde soumis à la gouvernance d'une seule nation, d'un seul mode de relation à l'être et aux choses. Je trouve ça pathétique, pour un écrivain, a fortiori de sa trempe. Je ne discute même pas ici du choix qu'il opère dans le mode idéologique qui lui paraît le bon. On pourrait là aussi le prendre aux mots de ses amnésies et de ses impasses, mais on risquerait vite d'être taxé d'anti-américaniste, ce que je ne veux pas. Non, au nom de mes convictions de chrétien franchouillard, je trouve piteux qu'il envisage de passer son éternité avec une seule famille de clébards, fussent ses préférés. Mais c'est au fond la leçon de toute mauvaise foi que de finir par abolir le monde.  »

 
(voir aussi le portrait de Maurice Dantec brossé par Maximilien Malirois)

 Copyright (c) 2003 Serge Rivron. Tous droits réservés.

 

http://srivron.free.fr/

 

srivron@free.fr


                                                                                                                                                                                                                                          Lu, dit, vu et... entendu

                 

Samedi 20 janvier 2007

Angela Merkel : la Constitution doit mentionner le fond chrétien de l'Union Européenne

        La chancelière allemande Angela Merkel, qui a fait part cette semaine de ses projets de relance de la Constitution européenne, a de nouveau estimé que le projet de loi fondamentale n'accordait pas, en l'état, suffisamment d'importance au rôle du christianisme en Europe.

        "J'aurais préféré que l'on reconnaisse plus clairement les racines chrétiennes de l'Europe", déclare Madame Merkel dans une interview à paraître dans l'hebdomadaire Focus.

        Angela Merkel, fille de pasteur qui dirige l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et assume la présidence tournante de l'Union européenne, compare le projet de Constitution européenne à la Loi fondamentale allemande, qui se réfère à la responsabilité de chacun envers Dieu et envers le peuple.

Reuters, 20/01/07

On peut trouver moult objections à l'encontre de cette vision spécifique et étriquée de l'Europe dont la plupart ont été énoncées dans l'article de Jacques Marlaud, "La religion de l'Europe n'est pas encore faite" dans notre rubrique  Métapolitique. En voici quelques-unes pour mémoire :

1) Que  l'Europe n'est au sens historique et chronologique que très partiellement chrétienne, et qu'elle l'est aujourd'hui moins qu'hier et sans doute beaucoup moins que demain. Un récent sondage montre que seulement 51% des Français se définissent comme catholiques alors qu'ilsétaient encore 80% voici une quinzaine d'années.

2) Que ce qu'on entend par "héritage chrétien" recouvre de multiples significations, y compris les hérésies, et qu'il y a aujourd'hui un véritable abîme entre l'orthodoxie des slaves ou des Grecs,  le luthéranisme des Allemands du nord et le catholicisme des Polonais ou des Siciliens

3) Que la vocation universelle du christianisme et la vocation impériale  (au sens romain-germanique, c'est-à-dire politique, territoriale et culturelle) du mythe européen ne peuvent que vivre une coexistence conflictuelle comme l'ont amplement démontré au cours des siècles la longue querelle des investitures, la lutte du pape et de l'empereur et les guerres de religion (qui renaissent aujourd'hui).

4) Qu'énoncer de tels propos à l'heure actuelle, où l'on voit ressurgir de virulents nationalismes religieux (Balkans, Caucase, Europe centrale et méditerranéenne), ne peut qu'attiser la guerre culturelle qui oppose les sectes chrétiennes entre elles et qui les retranche des autres communautés religieuses établies en Europe. Il est grand temps, au contraire, de séparer radicalement la religion et le pouvoir politique, d'encourager l'unité sur la base d'un consensus laïque et de refonder peu à peu, sur les ruines de l'Europe classique, une identité commune moins exclusive et moins sectaire à partir de l'immense héritage politique, philosophique et esthétique de l'antiquité (gréco-romaine, germanique, slave, celte...)

5) Qu'une référence à l'héritage chrétien de l'Europe n'est pas à exclure à condition qu'elle ne soit pas la référence surplombante, imposée à nombre d'Européens qui ne s'y identifient pas, mais qu'elle y figure en parallèle avec tous les apports ayant enrichi le melting pot qu'est la civilisation européenne : l'héritage juif et musulman compris, mais aussi le courant agnostique et athée, dont Voltaire  fournit un  exemple qui sape tous les monothéismes et, surtout,  l'inépuisable source de traditions et de poésie païennes qui n'a cessé d'irriguer l'imaginaire de nos peuples, précieux adjuvant en période de désert nihiliste.

            Les propos de Madame Merkel s'inscrivent clairement dans le militantisme atlantiste qui est le sien depuis qu'elle a viré sa cuti  communiste.*1, comme le confirme sa récente visite à Washington.
            Son protestantisme moralisateur et libéral s'adapte comme un gant à l'alliance des évangélistes et des sionistes qui prévaut là-bas sous l'étiquette du néo-conservatisme.
            Gageons qu'avec elle et ses congénères démocrates-chrétiens au pouvoir, l'heure de l'Europe véritablement européenne et libre, comme l'entendait un Michel Jobert, n'est pas près de sonner !

            On peut toutefois espérer que dans ce grand débat des voix discordantes se feront entendre haut et fort.

Yves Argoaz

*1 16  janvier 2007 : désintox de Thierry Meyssan ANGELA MERKEL De l'eurocommunisme  à l'euroaméricanisme, portrait d'une présidente de l'Europe très peu européenne




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

        20/10/05: Europemaxima.com


        Nous avons le plaisir d'accueillir un site frère <http://www.europemaxima.com/rubrique.php3?id_rubrique=1> qui revendique son affiliation à la revue L'Esprit Européen (qui a, comme précisé dans notre rubrique " Qui sommes-nous ?", cessé provisoirement sa parution "papier" essentiellement par manque de moyens. Toute initiative "d'esprit européen", quelle que soit sa couleur politique ou son origine géographique, est la bienvenue. Nous proposons à Europemaxima, comme d'ailleurs aux autres publications d'intérêt général européen, d'échanger textes et points de vue chaque fois que cela nous paraît utile (comme cela se produit dans les faits puisque plusieurs de nos écrits figurent sur les deux sites), de publier les communiqués des uns et des autres et, éventuellement, d'entreprendre des démarches communes comme le lancement d'un sondage ou d'une pétition. Bien entendu, chacun garde sa sensibilité politique, philosophique, esthétique. L'Europe, unité dans la diversité par excellence, ne s'unira que par la convergence, et non par une fusion ou une confusion, de ses forces multiples. À nous de faire en sorte que nos différences, loin d'être la source d'une concurrence hostile, nous rapprochent au sein de la communauté de destin qui est notre patrie.

                                                                                                                                                                                                                                                                                   

                                                                                                                                                                                                                             

12/10/05: Irak : Prochaine chute de Saigon-Bagdad et fuite en avant agressive de l'occupant américain

     « Anthony Cordesman, un expert militaire au Center for Strategic and International Studies de Washington DC,  déclare : " Nous ne pouvons sécuriser la route de l'aéroport, ni empêcher les tirs de mortier sur la Zone Verte, ni arrêter les tueries et les kidnappings ". Le soulèvement contrôle l'essentiel de Bagdad  et des provinces sunnites. En raison d'une capacité de jugement réduite par la frustration, l'armée US maintient 40 000 Irakiens en détention, soit deux fois le nombre estimé des insurgés (...)

Selon de récentes dépêches de presse, l'ambassadeur US en Irak, Zalmay Khalilzad, a prédit que les troupes US entreraient bientôt en Syrie (que les États-Unis accusent de  laisser passer des insurgés vers l'Irak, à travers une longue frontière en terrain difficile, alors qu'ils sont eux-mêmes incapables de sécuriser la petite longueur de route conduisant à l'aéroport de Bagdad !) En même temps, l'administration Bush tente désespérément d'orchestrer une affaire qu'elle puisse utiliser pour attaquer l'Iran. »

http://www.counterpunch .org, traduit et publié par http://www.legrandsoir.info/index.php

                                                                                                                                                                              

Lu, dit, vu et... entendu                                                                                                     

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

                                                                                                                                                                                                                                                                               

        Oct. 2005:  Les responsables politiques de Maurice sont-ils en train de renoncer à décoloniser la base états-unienne de Diego Garcia ?  (information de notre correspondant sur place)

     “C’est un faux-pas de réclamer les Chagos sans préciser que Maurice n’a pas de conflit sur la base de Diego-Garcia (…) La Grande-Bretagne et les Etats-Unis risquent de penser que Maurice est contre la base”. Paul Bérenger se réfère au discours du PM à la tribune de l’Onu, évoquant la souveraineté de Maurice sur l’archipel.
http://www.lexpress.mu/display_article.php?news_id=50918
------------------------
     Voilà le commentaire du leader historique du MMM, parti résolument ancré à gauche dans les années 70 et au début des années 80, qui depuis quelques années maintient que la revendication mauricienne sur l'archipel des Chagos ne devrait plus comporter l'île - ô combien symbolique - de Diego Garcia où se trouve la troisième plus importante base militaire américaine au monde ! Cela, pour ne pas embarasser les Anglais et les Américains des Etats-Unis !
     Ce nouveau discours de Paul Bérenger, aujourd'hui leader de l'opposition, ne fait que confirmer son retournement de veste depuis un moment déjà et l'ironie est qu'il reproche cela au nouveau Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, dont le père avait précisément concédé... les Chagos à la Grande-Bretagne dans le "deal" de l'indépendance de Maurice au milieu des années 60...
                                             
Shafick



 Récentes mises à jour  


Sept. 2005) La procureure internationale Carla del Ponte tente de dicter à l'U.E. sa politique pour les Balkans !

Selon le site d'information de l'Union Européenne EurActiv.com (6 sept. 2005), la procureure du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, Carla Del Ponte, a une nouvelle fois appelé la Croatie et la Serbie-Monténégro à coopérer pleinement avec le TPI, lequel réclame toujours l'arrestation de plusieurs ressortissants de ces Etats soupçonnés d'avoir commis des crimes de guerre durant le conflit yougoslave. Tant qu'une telle coopération n'aura pas été obtenue, l'UE devra continuer à fermer sa porte à ces pays, a estimé Mme Del Ponte. 

      Dans un discours prononcé le 1er septembre, la procureure du TPI soulignait qu'il était "difficile d'imaginer que la Croatie, la Serbie-Monténégro (...) et la Bosnie-Herzégovine rejoignent l'Union européenne alors même que chacune de ces nations prépare idéologiquement le prochain conflit."

      Selon Mme Del Ponte, l'Union européenne se trouve aujourd'hui face à un dilemme : elle peut "soit intégrer les Balkans de l'Ouest, avant même qu'un processus de réconciliation véritable soit établi et prendre le risque d'importer des conflits en son sein, soit attendre qu'une paix solide soit instaurée, mais cela pourrait prendre des décennies, et personne ne peut prédire ce qu'il arriverait durant ce laps de temps." 

      Carla Del Ponte appelle l'UE à ne pas entamer de discussions sur le pacte de stabilisation avec Belgrade tant que le général Mladic demeure en liberté ; si elle devait le faire, elle "mettrait gravement en péril la perspective d'une arrestation rapide [de Mladic] ". La décision de l'UE concernant l'ouverture d'éventuelles discussions sur le pacte de stabilisation avec Belgrade doit intervenir le 5 octobre prochain.

Une telle arrogance laisse rêveur de la part de ceux qui se soucient comme d'une guigne de l'intérêt général européen, qui ont clairement échoué après des années de "médiation" imposée par la force aux peuples des Balkans et qui n'oseraient pas demander le dixième de ce qu'ils exigent des naufragés de l'ex-Yougoslavie (pour cesser de les boycotter) à leurs propres commanditaires états-uniens et à leurs alliés israéliens ou Turcs pour les crimes de guerre et contre l'humanité dont on les accuse régulièrement un peu partout dans les pays qui subissent leur occupation militaire comme l'Irak, la Palestine, le Kurdistan, l'Afghanistan, le Kosovo...

Récentes mises à jour

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

   Sept. 2005) Vers un plus grand empire états-unien ?


Les États-Unis, on le sait, sont déjà un grand empire, mesuré à sa puissance, certainement le plus grand jamais recensé par l'histoire. Mais pour ce qui est de sa durée, il aura du mal à égaler certains empires antiques. Certains chroniqueurs (comme Emmanuel Todd) perçoivent même les signes d'un déclin accéléré. L'un des indices qui ne trompe pas est un taux de natalité qui, tout en restant supérieur à celui de la plupart des pays d'Europe, connaîtra une régression inquiétante à partir des années 2010. L'un des plus importants think tank outre-atlantique, le council on Foreign Relations, véritable inspirateur de la politique étrangère états-unienne, s'en émeut dans une récente étude prospective. Comme solution provisoire à ce problème qui met en danger le statut de l'hyper-puissance, le CFR recommande une véritable fusion économique et politique entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Or, un tel élargissement pourrait accélérer le déclin au lieu de l'enrayer, si l'on en croit l'analyste du devenir impérial, Paul Kennedy, pour qui l'overstretching, la sur-extension, fut la cause principale de la chute des empires depuis Rome jusqu'aux empires coloniaux espagnol, ottoman, portugais, britannique, français... sans oublier l'Union soviétique. Leçon à méditer, également, pour les Européens.

Récentes mises à jour

                                                                                                                                       

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            

Août 2005) Deux Européens sur trois contre l'entrée de la Turquie

 

On évite généralement de parler des vérités qui blessent. C'est le cas de ce sondage publié très discrètement au mois d'août (2005) par la Commission européenne qui indique que 65% des citoyens de l'Union (qui compte vingt-cinq États membres, rappelons-le) s'opposent à l'entrée de la Turquie dans l'Europe. Seuls 32% des Français et 33% des Allemands y sont favorables, soit 3% de moins que les partisans d'une Turquie européenne recensés par le même sondage en 2004.

Ce qui n'empêche pas la Commission européenne de rouvrir les négociations sur l'adhésion turque en octobre. Mais on reprend d'une main ce qu'on donne de l'autre. La reconnaissance de Chypre est en ce moment l'obstacle avoué à l'accélération des procédures. Et si demain Ankara cède sur ce point, l'accueillera-t-on à bras ouverts ou trouvera-t-on un autre prétexte pour ne pas heurter de front une opinion publique européenne qui aimerait enfin être entendue ? 

En Allemagne en tout cas, les partis qui ont le vent en poupe dans la nouvelle donne électorale qui se dessine, tant à droite qu'à gauche, ne sont pas favorables à la participation des Turcs au gouvernement de l'Europe, malgré les pressions états-unienne dans ce sens. 

Rien n'est encore joué. Surtout après la cinglante défaite essuyée par la République de Bruxelles lors des référendums français et Hollandais sur le projet de Constitution. Rien n'est joué mais le ballet des hypocrites continue.

Lu, dit, vu et... entendu

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           

On peut lire plus bas dans la page la suite de cette chronique dont les titres figurent ci-dessous

1) Des Suisses s'inquiètent d'un resserrement des liens avec les États-Unis

2) La Turquie : cheval  de Troie  des  partisans  de Ben Laden  en Europe

3) Jamais la Turquie ne deviendra européenne

4) Le moralisme mis à mal  

5) Les Balkans :  protectorat de l'OTAN ?  

6) La plus vieille Europe est toujours parmi nous

7) L’Empire tout proche

8) L’Autriche-Hongrie, une idée vraiment d’avenir  

9) Feue la Communauté…  

10) Écoutons le philosophe  (Massimo Cacciari)

11) Islam et Occident : deux sectes issues du même messianisme 

12) Un succès royal chez les Bulgares  

13) Une seule solution pour l'Europe : le fédéralisme  

14) L’unité de l’Europe vient de loin  

15) Jean-Marc Ferry contre le fétichisme de la souveraineté  

16) Helmut Schmidt le scandaleux

17) Défendons les Sorabes !  

18) Vers la plus grande alliance continentale ?

19) Renaissance du Moyen Âge

20) L’Europe au-delà de la logique binaire  

21) Qui l’eut cru des paléocommunistes atlantistes ?

22) Cacciari impérial

23) Ainsi parle Sloterdijk

24) Pour une république européenne

25) Aux origine du drapeau européen, l’Opus Dei ?

26) Il n’y aura pas d’enquête sur ÉCHELON  

27) Il y aura bien une enquête sur ÉCHELON  

28) Vers une Europe mondiale ?

29) Devoir de mémoire  

Lu, dit, vu et... entendu

 

1) Des Suisses pro-européens s'inquiètent d'un resserrement des liens avec les États-Unis

Berne 31 mars 2005 - Selon une information parue dans Le Temps du jeudi 24 mars, le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) examine actuellement l’opportunité de négocier un accord de libre-échange entre la Suisse et les États-Unis. Vivement préoccupé par ce qu’il perçoit comme une manière de tourner le dos à l’Europe, le Nomes (Nouveau mouvement européen suisse) a demandé des éclaircissements au Conseiller fédéral Joseph Deiss, chef du DFE, sous la forme d’une lettre ouverte.

                                                                                                                                                                                                                                                                               

2) La Turquie : cheval  de Troie  des  partisans  de Ben Laden  en Europe

                                                                                                                                     

C’est l’opinion du chef d’État lybien, Muhammar Kadhafi dans une analyse sérieuse parue vers la mi-janvier 2005, traduite par le site www.investigateur                                    

“ Pendant 55 ans, estime le colonel Kadhafi, la Turquie a essayé de s’européaniser, sans pouvoir atteindre cet objectif pour des raisons objectives qui dépassent et l’envie qu’elle en a, et le pragmatisme qu’elle y applique. Essayer de faire entrer la Turquie dans l’Union européenne équivaut à tenter une greffe d’organe entre deux êtres que tout séparerait, y compris le groupe sanguin [...]

La nouvelle génération turque n’échappe pas à la pédagogie de Ben Laden.

En effet, le risque ne vient pas tant de la vieille classe politique turque ni de ses successeurs qui vénèrent encore Atatürk, mais de la nouvelle génération composée de jeunes éduqués via Intenet et les satellites, qui ne peuvent échapper chaque jour à la pédagogie des érudits du monde musulman, y compris celle de Ben Laden.

Qu’adviendrait-il si des milliers de Turcs étaient les disciples de Ben Laden et de ses partisans ou du Mollah Omar et de sa clique ? C’est pourtant la situation actuelle. En effet, ces gens-là pensent que l’Europe est païenne et qu’elle ne mérite rien d’autre que la conquête, à la pointe d l’épée.

Ils ne se contenteront pas de s’arrêter aux portes de Vienne, comme le firent les Ottomans [...] Grâce à la polygamie, à l’esclavage et aux harems (approvisionnés par les chrétiennes européennes), la Turquie deviendrait l’État le plus peuplé d’Europe.

Une fois dans l’Europe, ils n’accepteront pas que l’on puisse interdire les partis à dénomination musulmane, et ils n’accepteront pas que, en Europe, des partis puissent, par leur nom, évoquer le christianisme [...] La stratégie des islamistes turcs en Europe ainsi que des disciples de Ben Laden, c’est la renaissance d’un État musulman en Albanie et en Bosnie. Grâce à cela ils pensent pouvoir affronter l’Europe païenne et créer un nouveau front islamique européen qui, soutenu par le monde musulman dans son ensemble, obligerait l’Europe à se convertir ou à payer l’impôt prévu par le Coran... ”

Mais pourquoi donc le musulman pratiquant, ancien adversaire “ terroriste ” de l’Occident se soucie-t-il tant de notre vieux continent ? Par “ souci de la stabilité mondiale au tout premier chef, ainsi que de celui de la Méditerranée ”, explique-t-il. Un souci que partagent de nombreux Européens.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

3) Jamais la Turquie ne deviendra européenne

C’est aussi l’avis du philosophe et essayiste tunisien Mezri Haddad qui, dans un long article donné à Libération (“ Le marchand de tapis et la stripteaseuse ”, 31/12/04) écrit : La Turquie ne sera jamais prête à s’agréger à l’Europe, car son handicap majeur et insurmontable sera toujours son islamité. C’est ce qu’on n’ose pas lui dire franchement. Mais elle est déjà très largement prête pour revenir à son milieu naturel : le monde islamique, qu’elle a abandonné à son triste destin il y a à peu près quatre-vingts ans. Il ne s’agit pas de restaurer un Empire ottoman qui est mort comme il est né : dans la ruine et la désolation. Il s’agit de constituer une nouvelle entité géopolitique, une espèce de Commonwealth turco-arabo-islamique, réunissant notamment le Turkménistan, l’Ousbékistan, l’Azerbaïdjan, le Tadjikistan, le Kirghizstan, le Kazakhstan, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Iran, l’Irak, la Syrie, l’Égypte, l’Arabie Saoudite... C’est sa vocation historique que de prendre le leadership d’une telle communauté qui n’est pas si hétérogène qu’elle y paraît. Plutôt que de se dissoudre dans une Europe qui reste, quoi qu’on en dise, marquée par des siècles de christianisme, ne vaut-il pas mieux qu’elle soit l’élément catalyseur et fédérateur d’un monde musulman qui cherche à se frayer un chemin vers la modernité?

[...] À moyen ou long terme, ce bloc islamique verra le jour. Reste à savoir sous l’impulsion de quelle idéologie mobilisatrice il émergera : une idéologie laïque et démocratique ou une idéologie théocratique et totalitaire ? En d’autres termes, si rien n’est fait pour fédérer le monde musulman autour d’un projet humaniste, pragmatique et pacifique, il se réunira sous la bannière de l’islamisme le plus radical. C’est dans cette perspective-là que l’apocalypse du prophète Samuel (Huntington) deviendra inéluctable.

Les Européens feraient bien d’ écouter ces sagesses venues de l’Orient.             

 

   4) Le moralisme mis à mal  

L'essayiste français d'origine bulgare, Tzvetan Todorov, après s'en être pris aux Abus de la mémoire à propos des totalitarismes et de leurs victimes (Arléa, 1995/1998, 20FF) critique  vigoureusement l'emprise du "nouveau moralisme" sur la pensée occidentale. Celui-ci, au nom du combat pour les droits  de l'homme et de l'anti-racisme se permet de donner des leçons au monde entier. Une attitude qui permet à l'Occident de camoufler, tout en les reproduisant régulièrement, ses propres comportements  criminels ou "bavures", comme on les désigne pudiquement, ainsi que les faiblesses patentes de son modèle de société. Todorov conclut: " Un précepte pour le prochain siècle pourrait être: commencer par combattre , non pas le mal (chez les autres) au nom du bien (que nous détenons), mais l'assurance de ceux qui prétendent toujours savoir où se trouvent bien et mal; non pas le diable, mais d'abord les manichéens " (Le Débat, N°107, nov.-déc.1999).  

                                                                                                                                                                                                                                                                                   

   5) Les Balkans :  protectorat de l'OTAN ?  

Ce n'est pas nous qui le disons. Selon un membre de l'US Council on Foreign Relations, " la Bosnie, le Kosovo, la Macédoine et l'Albanie sont devenus des protectorats de l'OTAN. La Slovénie, la Croatie, la Roumanie, la Bulgarie rempliront bientôt les conditions de leur admission à l'OTAN. Que cela plaise ou non ,  l'Alliance possède  (sic!)  maintenant les Balkans " (C. Jupchen , Washington Post, 13/06/99). Ce que confirme l'ancien parlementaire influent  Lee Hamilton  dans  un  article du New YorkTimes  (18/07/99) : " Nous avons complètement pris le contrôle des Balkans, les responsables américains exercent  des  fonctions  dirigeantes  dans  tous  les États de   l'ex-Yougoslavie  (NDLR: à l'exception -provisoire?- de la Serbie). Nous en sommes pratiquement le proconsul ". Propos relevés par F. Chesnais et al. Dans  Réflexions sur la guerre en Yougoslavie (éd. L'Esprit frappeur, N° 50, oct. 1999, 20FF). On savait que la nature n'aime pas le vide, et comme nous, pauvres Européens, ne sommes même pas en mesure d'assurer la sécurité de notre continent, faut-il en conclure que tout vide laissé par le Kremlin sera automatiquement comblé par le Pentagone ?  

   6) La plus vieille Europe est toujours parmi nous  

La lettre d’information de l’Ambassade de Grande- Bretagne rapporte deux informations anodines pour le grand public, mais tout à fait réjouissantes pour les vieux Européens que nous sommes :

1. Au  troisième millénaire, l’accès au site mégalithique d’Avebury se faisait par une avenue monumentale dont la dernière description remonte au début du XVIIIème siècle. Cette avenue avait disparu depuis, au point que son existence même était mise en doute. Au moyen de photographies aériennes, des archéologues de Leicester viennent d’en retrouver la trace : six pierres enfouies et un cromlech néolithique entouré d’un fossé à moins de deux kilomètres du cercle. Peu à peu, l’ensemble sacré se reconstitue et nous permet ainsi de renouer avec une partie de notre ancienne mémoire.

2. Le dernier Prix Whitbread du XXème siècle, qui récompense en Grande-Bretagne le meilleur livre de l’année, vient d’être décerné au Prix Nobel de littérature Seamus Healey pour une traduction du Lai de Beowulf, poème anonyme de 3000 vers écrit dans un anglo-saxon archaïque. L’épopée d’origine, qui relate les hauts faits des Francs et des Goths, date de l’époque pré-chrétienne. Remaniée au IXième siècle, elle a donné lieu à un manuscrit qui se trouve au British Museum. On se félicite de cette distinction qui, espérons le, permettra à de jeunes anglais de renouer avec leur passé et de se dégager de l’influence grandissante des médias américains, rendue plus efficace encore par la proximité linguistique.  

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         

   7) L’Empire tout proche  

Dans un courrier, M. Martin Raether, de nationalité allemande,  professeur de Lettres à l’Université de Lyon, nous signale qu’en s’intéressant à la mythologie des fleuves, et plus particulièrement à celle qui concerne la voie fluviale Rhône/Saône, il a découvert que la notion d’Empire, au sens romain-germanique, a littéralement flotté, probablement  jusqu’à l’orée du XXe siècle dans la langue franco-provençale des mariniers :

“ À l’avant du bateau, le pan en main, le pilote sondait le fond et annonçait, parfois d’une voix  impérative, au patron qui tenait le gouvernail :

-- Pique au Riaume !

Ou bien :

-- Pique à l’Empi !

Quelle est la signification de ces termes ? Comme l’explique si bien Gabriel Gerin dans son roman Mariniers du Rhône, au XIe siècle, les États de Rodolphe III, dernier souverain de Bourgogne, étant passés sous la suzeraineté des empereurs d’Allemagne au détriment de la couronne de France, le Rhône devint la limite naturelle entre le royaume de France et l’empire d’Allemagne. D’où les termes de Riaume (le royaume) et d’Empi (l’empire) pour désigner les rives droite et gauche du fleuve. Ces termes de mariniers étaient utilisés jusqu’au moment de la navigation à vapeur...”

Le fait est relaté par Alain Pelosato (Que Sais-je ? N° 1507, P.U.F.) dont la citation a été extraite.

M. Raether précise que les expression d’Empi et de Riaume auraient peut-être survécu à la marine à vapeur si la langue qui les a charriées jusqu’à nous ne s’était éteinte, à peu près au même moment que l’ancienne profession de marinier.

Lu, dit, vu et... entendu

                                                                                                                                                                                                                                                                               

 

   8) L’Autriche-Hongrie, une idée vraiment d’avenir  

Très sévère envers les traités de paix conclus en 1919 et qui sont à l’origine de la plupart des maux du XXe siècle, l’écrivain Claude-Michel Cluny propose une Fédération danubienne. “ Depuis des siècles, les Habsbourg avaient assez respecté les cultures et les particularismes, faisant de l’Autriche le premier État de nature européenne. ” De ce fait, “ l’empire d’Autriche, mosaïque de nationalités, assurait avec l’Empire ottoman la stabilité des Balkans ”. En envisageant une fédération danubienne autour de Vienne, les États d’Europe centrale et balkanique “ donneraient une cohésion au ventre mou du continent ”. Toutefois, s’inquiète-t-il, “ y a-t-il à Bruxelles une pensée géopolitique ? ” C’est tout le problème…

 (Le Figaro, 30 mars 2000)

                                                                                                                                                                                                                                                                             

 

   9) Feue la Communauté…  

Dans sa parution du 5 juillet 2001, Le Monde publie un vrai brûlot de Xavier Delcourt intitulé “ La déseurope ”. “ La Communauté européenne est morte à Nice. […] Le Conseil européen l’a exécutée, dans un conclave dont les minutes ont révélé l’accablante médiocrité. […] L’Europe est donc désormais le vide sidéral d’un destin. Ou peut-être d’une “ gouvernance ”, allez savoir ! ” La vieille Europe est morte. Tant mieux! Vive l’Europe des réalités, celle que tous les peuples forgeront ensemble.

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                   

  10) Écoutons le philosophe  

 Ancien maire de Venise et philosophe, Massimo Cacciari déclare que “ le pouvoir est aujourd’hui distribué ailleurs : dans la finance, l’économie, la technique, les sciences, la culture, les médias. Mais ces puissances-là ne peuvent résoudre des problèmes planétaires comme l’environnement, l’immigration, le tiers-monde, la définition des grands espaces géopolitiques entre Europe, Amérique et Chine. On reviendra à la grande politique, donc à un risque de tragédies, toujours entraîné par les grands mouvements politiques ”. Voilà une réflexion à cent coudées au-dessus des sordides combats électoraux.

(Le Figaro, 19 et 20 mai 2001)

                                                                                                                                                                                                                                                                                 

 

11) Islam et Occident : deux sectes issues du même messianisme  

Sophie Bessis, auteur d’une remarquable critique du modèle occidental de civilisation (L’Occident et les autres. Histoire d’une suprématie, La Découverte, Paris, 2001), exprime avec plus de force encore que ne le faisait Benjamin Barber dans son Djihad versus McWorld (1995), l’essence de la rivalité qui oppose les deux grands intégrismes actuels : 

“ L’Islam ne fait-il pas peur parce qu’il est proche et que cette proximité réveille des fantômes ? Il est un "autre" à part, né de la même matrice abrahamique, héraut du même monothéisme révélé qui n’a cessé, depuis des siècles, de mettre des absolus en concurrence autour de la Méditerranée et de ses marches. Il est capable du même totalitarisme messianique dont se rendit coupable en son temps la chrétienté et que l’on retrouve aujourd’hui en Israël, et porte une prétention - bien familière aux Occidentaux - à fournir aux  régions dans lesquelles il est majoritaire une sorte d’universel de rechange puisant sa légitimité dans le champ religieux. Au terme d’une lente sécularisation, l’Europe chrétienne troqua le messianisme évangélique pour celui du progrès. En terre d’Islam, le processus commence à peine (...) Les Occidentaux mesurent le pouvoir de telles mobilisations messianiques (...) Il n’est pas sûr, hélas, que le bombardement de l’Afghanistan les désamorce. ” (“ Les belles paroles de l’Occident ”, Libération, 24/10/01)

                                                                                                                                                                                                                                                                               

 

   12)  Un succès royal chez les Bulgares
 

Dans les Dernières Nouvelles d’Alsace du 18 juin 2001, l’éditorial de Jean-Claude Kiefer salue le succès de l’ancien roi de Bulgarie, Siméon II, aux élections législatives. “ N’en déplaise à ceux qui croient que la démocratie républicaine, fondée sur l’“ État de droit ” et le respect des lois, demeure le but suprême dans une société moderne. En Europe orientale, par atavisme, on sait que la loi ne résiste jamais au “ bakchich ” versé au policier ou au fonctionnaire. En d’autres termes, mieux vaut un personnage charismatique, capable de réconcilier un peuple avec son histoire et de faire respecter la démocratie, que pas d’autorité du tout. ” Qu’en pensent ses confrères de Libération et du Monde qui voient dans tout résultat surprenant la marque du “ populisme ” ?

                                                                                                                                                                                                                                                                               

 

   13) Une seule solution pour l'Europe : le fédéralisme
 

Toujours dans les Dernières Nouvelles d’Alsace du 18 juin 2001, Joseph Yacoub, professeur de sciences politiques à l’Université Catholique de Lyon, s’interroge sur “ le respect des minorités dans une Europe élargie ”. Après avoir constaté que l’Europe “ est composée d’identités multiples ” et qu’en son sein “ il existe plusieurs Europe ”, il estime que la question des minorités nationales, ethniques et religieuses “ dépasse l’État de droit et les institutions stables et démocratiques ”. En outre, “ l’Europe occidentale […] règle mal ” la question nationale et historico-identitaire, car elle “ a laminé ses minorités ”. Joseph Yacoub avertit : avec leur adhésion prochaine, les États d’Europe centrale et orientale nous apprendront à “ changer nos schémas en matière stato-nationale pour aller vers des États binationaux et multinationaux respectueux des diversités en leur sein […]. Dans ce cadre, le fédéralisme peut être la solution à l’échelle du continent européen à condition qu’il intègre la dimension identitaire dans le respect des nations, des peuples, des régions et des minorités”. À L’Esprit Européen, on n’aurait pas mieux écrit. Vive la Grande-Europe fédérale !

Lu, dit, vu et... entendu

                                                                                                                                                                                                                                                                                   

  14) L’unité de l’Europe vient de loin

“ Entre - 2500 et - 2200, sur une période d’à peine deux ou trois siècles, on trouve partout en Europe les mêmes armes, les mêmes parures, les mêmes fameux vases à boire appelés “ campaniformes ”, décorés de la même manière… Du nord à l’extrême sud, de l’Atlantique aux Balkans, un ensemble de traits culturels communs transcende les particularismes régionaux. Déplacement de population ? L’hypothèse est peu probable. Il s’agit plutôt d’un style, d’un comportement commun qu’auraient adopté les élites sur tout le continent. Peut-être la première unité européenne… L’Europe naissante avait donc un double visage : à la fois celui d’un émiettement en identités régionales et celui d’un ensemble “ supraculturel ” qui reste l’une des grandes énigmes de la préhistoire. ” (Jean Guilaine, préhistorien au Collège de France dans L’Express du 5 juillet 2001). Comme quoi, vouloir l’Europe n’est pas nouveau !

 

   15) Jean-Marc Ferry contre le fétichisme de la souveraineté
 

Dans Le Figaro (du 15 juillet 2002), le philosophe Jean-Marc Ferry déclare qu’on peut parler de peuple européen, car “ c’est une perspective ”.  Aux eurosceptiques, il déclare que “ l’échelle des nations est devenue inadaptée : les États nationaux pris individuellement, sont impuissants. Mêmes s’ils conservent de jure leur souveraineté, ils ont perdu de facto leur autonomie politique. Ils doivent partager leur souveraineté avec les autres pour accroître leur puissance […]. Donc, d’un point de vue purement fonctionnel, ce passage à une dimension quasi continentale se justifie comme rattrapage d’une nouvelle échelle d’interdépendance. […] Il ne faut pas se fixer de façon fétichiste sur la souveraineté. Le but de la souveraineté, c’est l’autonomie politique. Or elle n’existe plus aux niveaux nationaux. Donc, pour la reconquérir, il faut partager les souverainetés et construire un système reposant non pas sur la subordination des États membres à un État supranational, mais sur la coopération et la concertation. […] Il doit exister un principe de fermeture, car l’Union n’est pas un État cosmopolitique au sens d’un État mondial. ” Des analyses d’une très grande finesse !

 

  16) Helmut Schmidt le scandaleux
 

Interrogé par l’hebdomadaire L’Express (du 30 août au 5 septembre 2001), l’ancien chancelier social-démocrate allemand Helmut Schmidt fait des déclarations fort politiquement incorrectes. Il refuse l’adhésion de la Turquie à l’Europe : “ La contribution spirituelle de la Turquie à l’Europe est infime. Presque sans importance. […] En 2029, il y aura plus de Turcs que de Français et d’Allemands réunis. ” En ce qui concerne la Russie, elle “ a largement contribué à enrichir le trésor culturel commun aux Européens. On ne peut imaginer parler de littérature européenne sans y inclure Dostoïevski ou Pouchkine. Et il en va de même pour la musique de Tchaïkovski ou de Prokoviev… Mais la Russie n’a jamais connu la période des Lumières ”. Quant à l’attitude ambivalente de la Grande-Bretagne, il croit qu’“ au cours du XXIe siècle il faudra […] que les Britanniques choisissent entre l’Union européenne et, s’ils le souhaitent, le fait de devenir le 51e ou le 52e État des États-Unis ”. Il juge enfin inéluctable que “ l’Europe va devenir une communauté chargée de gérer les urgences de notre époque. C’est l’avenir qui se dessine ”. Enfin, un homme politique qui parle clairement.

 

  17) Défendons les Sorabes !
 

Connaissez-vous les Sorabes ? Nommés aussi “ Serbes de Lusace ”, ils sont les derniers descendants des tribus slaves installées près de l’Elbe avant la colonisation germanique. Vivant au sud-est de Berlin, en Lusace, entre la Saxe et le Brandebourg, les Sorabes forment avec les Frisons et les Danois l’une des minorités nationales d’Allemagne. Environ 60 000 aujourd’hui, les Sorabes défendent leurs particularismes et s’opposent avec fermeté à l’assimilation. Des écoles sont ainsi occupées par des parents d’élèves inquiets de la fermeture de classes sorabes. Domowina, l’association de défense des Sorabes, veut promouvoir le programme Witaj, inspiré des Diwan bretonnes, d’immersion en milieu mixte allemand - sorabe. Bravo les Sorabes et courage! (Le Monde du 1er août 2002).

 

 18) Vers la plus grande alliance continentale ?

 Le général Leonid Ivachov, vice-président de l’Académie russe de géopolitique estime que “ l’avenir est à la formation d’un bloc continental avec la France, la Russie, l’Allemagne, l’Inde, l’Iran et la Chine - qui fera pièce aux puissances maritimes, États-Unis et Grande-Bretagne. A cette fin, il faut nous allier dans le monde arabe aux forces radicales anti-américaines ”. (L’Express, 30 avril 2003).

 

 19) Renaissance du Moyen Âge

L’historien médiéviste jacques le Goff écrit : “ Nous sommes à ce moment de l’histoire où nous devons faire émerger le cercle européen et lui donner le Moyen Age comme référence essentielle, non comme nostalgie, mais comme tremplin vers l’avenir. […] Le Moyen Age, c’est l’espoir. ” (Le Nouvel Observateur du 17 au 23 avril 2003).

 

  20)  L’Europe au-delà de la logique binaire  

“ Si l’Europe a un rôle à jouer, c’est dans l’invention et la promotion d’une pensée non binaire, capable d’éviter les pièges de la simplification, et sachant trier dans le chaos des sentiments les valeurs de droit auxquelles elle refuse de déroger. […] Tenter de se mettre d’accord sur ce que l’on désire est plus difficile, mais […] c’est plus beau… ” Philippe Val, Charlie Hebdo du 16 avril 2003.

 

  21) Qui l’eut cru des paléocommunistes atlantistes ?

Il ne fait pas bon d’être opposé à la politique de Bush en Moldavie. Ancienne république soviétique de langue roumaine, la Moldavie est dirigée par des communistes nostalgiques de Staline. Chef de l’État, le secrétaire général Vladimir Voronine a lâché la police et les services secrets contre quinze étudiants, membres de Jeunesse du XXIe siècle d’Oleg Oniscenko. Leur crime ? Avoir été des boucliers humains en Irak au début du mois d’avril ! Cette chasse à l’homme est destinée à montrer à l’ambassadeur US  la fidélité des bolchéviks au camarade texan… (Le Monde, 25 avril 2003).  

 

22) Cacciari impérial
 

Dans un entretien au Figaro (11 août 2003), le philosophe italien Massimo Cacciari déclare plutôt appartenir à une école « qui considère qu’une Constitution européenne à froid, comme on est en train de la préparer, est absolument destinée à ne pas durer. Le texte qui sera discuté est un texte très modeste, ce n’est même pas une Constitution, c’est une synthèse des différents traités avec quelques ajouts importants. Par rapport à la citoyenneté européenne, à l’identité culturelle, aux nouveaux droits, rien n’a été fait ». « Une Europe réduite à un pur espace économique et, de surcroît, dépendante de la grande île américaine est-elle pensable ? Certes, c’est le grand rêve de la droite européenne de nos jours : se passer de la politique et mettre au pouvoir les lois du marché. Je pense qu’il ne s’agit là que d’un interrègne et qu’un jour l’Europe devra définir une politique à elle. On verra alors la planète s’organiser en trois grands espaces : l’espace anglo-saxon et atlantique; celui qui est chargé de tensions entre Chine et Amérique; et l’espace européen, aux racines méditerranéennes, orientales et franco-carolingiennes. Soit l’Europe disparaît, soit elle devient compétitive et dynamique dans tous les domaines. Je crois à cette seconde possibilité. »

 Lu, dit, vu et... entendu

23) Ainsi parle Sloterdijk
 

Le philosophe allemand Peter Sloterdijk estime que les Européens sont  « devenus des Américains du XVIIIe siècle, proclamant [leur] droit à vivre dans des espaces où l’histoire ne peut plus nous atteindre. Ce désir d’échapper au destin n’est pas régressif; il résume au contraire l’utopie de la modernité et l’illusion du progrès ». Puis réfléchissant à partir de l’Énéide du Latin Virgile et de ses enseignements, il observe que « les fondements de l’Empire désignent le lieu originaire de la construction européenne. Et surtout qu’il n’y a qu’un seul empire, l’empire romain européen, clé de voûte de notre histoire. […] Créer un empire revient toujours, selon la constante européenne, à installer un havre de paix offert à tous ceux qui veulent recommencer. Un impérialisme quasiment thérapeutique en somme ». (Le Figaro, 26 septembre 2003).

 

24) Pour une république européenne
 

Alain Caillé et Ahmet Insel, animateurs de la Revue du MAUSS, suggèrent une orientation nouvelle pour l’Europe dans Libération (7 janvier 2003). Pour eux, il faut « sauver le politique en renouant avec l’aspiration républicaine et démocratique mais à une échelle plus vaste que celle des nations anciennes mais moins que celle de l’Europe marchande. Cela implique la formation d’un nouveau peuple, un peuple des républicains d’Europe, un peuple qui n’abolit pas les peuples qui le composent, Français, Allemands, Italiens et autres (eux-mêmes faits en définitive de peuples multiples) mais qui les unifie en une souveraineté politique partagée susceptible de donner à la grande Europe marchande unie, et en articulation avec ses instances de direction, l’impulsion qui lui manque ». Représentée par un président élu au suffrage universel et responsable devant le Parlement européen, cette République européenne aurait entière souveraineté pour les questions militaires, diplomatiques et économiques. Ne s’agit-il pas d’un plaidoyer en faveur d’un noyau dur construit autour du couple franco-allemand ?

 

25) Aux origine du drapeau européen, l’Opus Dei ?
 

Le journal hongrois Hetek rapporte les propos d’Otto de Habsbourg sur Josemaria Escrivà, le fondateur de l’Opus Dei. « “ Comme je lui demandais comment sauver l’âme de l’Europe, le père Escrivà m’a dit que l’Europe avait besoin de valeurs catholiques. Mais nos ennemis - tel le ministre des Affaires étrangères britannique, Anthony Eden, athée et diabolique - étaient contre l’utilisation de symboles chrétiens ”. Alors l’archiduc a proposé comme symbole les douze étoiles. Ces dernières figurent, selon Otto de Habsbourg, “ la couronne d’étoiles de la Vierge de Fatima ” ». Il y a une autre lecture du drapeau européen, plus celtique celle-là, puisque les douze étoiles représenteraient les chevaliers de la Table ronde du roi Arthur ! (Courrier International du 27 juin au 3 juillet 2002).

 

26) Il n’y aura pas d’enquête sur ÉCHELON
 

Par 340 voix contre 210 (voir Le Temps du 6 juillet 2000), le Parlement européen a refusé la création d’une véritable commission d’enquête, qui aurait permis de faire la lumière sur le système d’espionnage anglo-saxon ÉCHELON. La majorité des eurodéputés a estimé que le Parlement se serait ridiculisé en créant une commission qui aurait eu peu de chances de pouvoir auditionner les responsables des services secrets des Quinze et de la CIA américaine. Une commission parlementaire européenne sera bien créée, mais elle n’aura pas pour mandat d’enquêter : elle sera chargée de proposer des mesures pour protéger les citoyens et les entreprises de l’Union des écoutes indiscrètes. – Souriez, on continuera de vous espionner…Une fois de plus l’Union européenne adopte une attitude passive. Après ça, on s’étonne qu’elle  soit encore toujours un nain diplomatique et politique ! Comment voudriez-vous qu’une telle Europe se fasse respecter ? Des  injections massives de testostérone s’imposent…

 

  27) Il y aura bien une enquête sur ÉCHELON  

   C’est une lettre de l’ancien juge Thierry Jean-Pierre, aujourdhui député européen et trésorier du parti “Démocratie Libérale” , qui lance la machine judiciaire française à l’assaut du gigantesque réseau anglo-saxon d’interception des communications privées et stratégiques à travers le monde.

   Sur une requête du Procureur de Paris, et s’appuyant sur certains articles du code pénal contre les “atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation et les atteintes au secret des correspondances émises par voie de télécommunication”, le juge Jean-Pierre Dintilhac a ouvert, le 24 mai dernier, une enquête préliminaire en chargeant le contre-espionnage français (la DST), de recueillir toutes les informations disponibles sur ÉCHELON.

  Cette action judiciaire, énerve terriblement, paraît-il, les dirigeants américains, notamment ceux de la puissante National Security Agency (NSA) qui, avec ses 40 000 fonctionnaires et son budget de 5 milliards de $, déteste qu’on l’empêche d’espionner en rond (de satellites). La NSA met en branle tout son monde pour tuer l’enquête dans l’œuf. Reste à savoir si les Européens “en auront” ou pas...

 

  28) Vers une Europe mondiale ?
 

Rares sont ceux qui perçoivent distinctement les conséquences géopolitiques de l’éventuelle entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Dans Le Monde (16 décembre 1999), Daniel Vernet se demande si l’Europe ne risque pas de devenir une future puissance proche-orientale. En effet, la candidature turque à l’Union européenne a été chaleureusement accueillie par son unique allié régional, Israël. Alors que Jérusalem attend depuis cinq ans que l’Europe lui accorde le statut de  “ partenaire privilégié ”, “ l’entrée de la Turquie dans l’U.E., note D. Vernet, créerait une continuité stratégique entre l’Europe et Israël ”.

A plus long terme, Israël pourrait à son tour réclamer son admission dans le club européen, car “ n’est-il pas, par son histoire, sa culture, ses valeurs, son développement économique et démocratique, un pays aussi “ européen ” que la Turquie ? ” Les équipes israéliennes de football et de basket participent déjà aux championnats européens. Jérusalem a déjà remporté l’Eurovision de la chanson. A ce rythme, et en suivant les critères énoncés par M. Vernet, les Etats-Unis, le Canada, l’Argentine, l’Australie, la Nouvelle-Zélande pourraient, eux aussi, demander à rejoindre l’Union européenne.

 

  29) Devoir de mémoire
 

Qui sait qu’entre 1945 et 1948 quinze à vingt millions d’Allemands ont été expulsés d’Europe de l’Est et du Sud-Est, et que près de trois millions d’entre eux en sont morts, souvent dans des circonstances atroces ? La Fédération des expulsés (la structure politique chargée de représenter les survivants) déploie tous ses efforts pour qu’un Centre contre les expulsions voie le jour à Berlin. Un centre qui serait tout à la fois lieu de commémoration, musée et centre d’information. Contre toutes les expulsions. La Fédération souhaite qu’il soit comparable " au musée de l’Immigration d’Ellis Island à New York, voire au musée de l’Holocauste à Washington ". Le débat et la controverse sont lancés en Allemagne : certains traitent la Fédération de revanchiste, voire de révisionniste, tandis qu’elle souhaite que cet épisode de l’histoire allemande ne passe pas aux oubliettes (Courrier International,  22-28 juin 2000). – Plus jamais de conflits fratricides en Europe !

logo ee

Lectures   Lu, dit, vu et... entendu   Sommaire