
Lectures Lu, dit, vu et... entendu Sommaire

La mode avait démarré d’un coup. Plusieurs dames du
quartier avaient été tondues le matin même, des personnes plutôt
gentilles qu’on connaissait bien, avec qui on bavardait souvent sur le
pas de la porte les soirs d’été, et voilà qu’on apprenait – dites-donc
– qu’elles avaient couché avec des soldats allemands ! Rien que ça !
On
a peine à croire des choses pareilles ! Des mères de famille, des
épouses de prisonnier, qui forniquaient avec des boches pour une
tablette de chocolat ou un litre de lait. En somme pour de la
nourriture, même pas pour le plaisir. Faut vraiment être salopes !
Alors comme ça, pour rire, les patriotes leur peinturluraient des croix
gammées sur les seins et leurs rasaient les tifs. Si vous n’étiez pas
de leur avis vous aviez intérêt à ne pas trop le faire savoir, sous
peine de vous retrouver devant un tribunal populaire comme il en
siégeait sous les préaux d’école, qui vous envoyait devant un peloton
également populaire. C’est alors qu’il présidait un tribunal de ce
genre que l’on a arrêté l’illustre docteur Petiot – en uniforme de
capitaine – qui avait, comme l’on sait, passé une soixantaine de
personnes à la casserole. Entre parenthèses, puisqu’on parle toubib, je
ne connais que deux médecins ayant à proprement parler du génie, mais
ni l’un ni l’autre dans la pratique de la médecine : Petiot et Céline.
Le premier appartient au panthéon de la criminologie, le second trône
sur la plus haute marche de la littérature.
libération
de mon quartier, souvenir lié à une image enténébrante : celle d’une
fillette martyrisée le jour même de l’entrée de l’armée Patton dans
Paris. Depuis l’aube les blindés s’engouffraient dans la ville.
Terrorisé par ce serpent d’acier lui passant au ras des pattes, le lion
de Denfert-Rochereau tremblait sur son socle. Édentée, disloquée, le
corps bleu, éclaté par endroits, le regard vitrifié dans une expression
de cheval fou, la fillette avait été abandonnée en travers d’un tas de
cailloux au carrefour du boulevard Edgard-Quinet et de la rue de la
Gaité, tout près d’où j’habitais alors. Il n’y avait déjà plus personne
autour d’elle, comme sur les places de village quand le cirque est
parti. Ce n’est qu’un peu plus tard que nous avons appris, par les
commerçants du coin, comment s’était passée la fiesta : un escadron de
farouches résistants, frais du jour, à la coque, descendus des maquis
de Barbès, avaient surpris un feldwebel caché chez la jeune personne.
Ils avaient – natürlich ! – flingué le chleu. Rien à redire. Après quoi
ils avaient férocement tatané la gamine avant de la tirer par les
cheveux jusqu’à la petite place où ils l’avaient attachée au tronc d’un
acacia. C’est là qu’ils l’avaient tuée. Oh ! Pas méchant. Plutôt,
voyez-vous, à la rigolade, comme on dégringole des boîtes de conserve à
la foire, à ceci près : au lieu des boules de son, ils balançaient des
pavés. Quand ils l’ont détachée, elle était morte depuis longtemps déjà
aux dires des gens. Après l’avoir balancée sur le tas de cailloux, ils
avaient pissé dessus puis s’en étaient allés par les rues pavoisées,
sous les ampoules multicolores festonnant les terrasses où s’agitaient
des petits drapeaux et où les accordéons apprivoisaient les airs
nouveaux de Glen Miller. C’était le début de la fête. Je l’avais
imaginée un peu autrement.
Après ça je suis rentré chez moi, pour
suivre à la T.S.F la suite du feuilleton. Ainsi, devais-je apprendre,
entre autres choses gaies, que les forces françaises de l’intérieur
avaient à elles seules mis l’armée allemande en déroute. Le Général De
Gaulle devait, par la suite, accréditer ce fait d’armes. On ne l’en
remerciera jamais assez. La France venait de passer de la défaite à la
victoire, sans passer par la guerre. 



Source: http://www.aljazeera.net/NR/exeres/FDA7820E-DB70-4B9A-BF89-9A17EE7F9348.htm/
| Depuis mars 2003, le total des pertes américaines en Irak atteint 4.306, selon un bilan établi à partir du site www.icasualties.org Ce sont là les chiffres officiels. Et ils sont en augmentation régulière : pour le seul moi de mai 2009, 24 soldats usaméricains sont tombés au combat ou dans des accidents. C'est bien peu, jugera-t-on, par rapport au chiffre des victimes irakiennes de cette guerre d'occupation qui s'élève, selon la plupart des estimations, à plusieurs centaines de milliers de morts, voire dépasse le million depuis longtemps. Mais les pertes américaines, d'après une enquête dévoilée sur la chaine Aljazeera, seraient beaucoup plus lourdes si l'on tient compte de celles subies par les nombreux mercenaires employés pour la protection, la sécurité et des missions de combat (ils étaient 160 000 hommes au dernier compte), auxquelles il faut ajouter les morts civils des très nombreux employés étasuniens et étrangers travaillant dans les services logistiques divers. Le coût global de cette guerre est également beaucoup plus élevé que la douzaine de milliards de $ admise officiellement. Voici quelques extraits de cet article de réinformation qui devrait faire dresser les cheveux sur la tête à tout citoyen de ce pays déjà plus qu'au bord de la faillite s'il les connaissait... Oui mais voilà, les statistiques officielles sont là, comme d'habitude, pour minimiser l'horreur lorsqu'elle apparaît dans notre camp et la maximiser lorsqu'elle provient du camp adverse. |
La guerre en Irak appartient à ce qu'on appelle une guerre asymétrique, c'est-à-dire une guerre de libération ou de partisans. Pour déterminer le rapport des tués aux blessés, nous avons tenu compte et fondé notre recherche sur les rapports officiels de l'armée américaine donnant le nombre des tués et des blessés depuis 2003 et jusqu'à la fin de 2008. Le nombre des blessés enregistrés auprès du ministère des anciens combattants pour les motifs les plus divers (couverture sociale, demande de soins et d'indemnités…) est de 224.000. Sur la base de un tué pour sept blessés, le nombre de tués serait de 32.000.
Ce
chiffre est confirmé par de nombreuses sources fiables et de
commissions américaines indépendantes. En tête de
ces commissions, il y a la Commission Baker-Hamilton,
désignée par le Congrès, qui a été
aidée par 183 experts civils et militaires et qui a produit un
premier rapport, reconnaissant pour la première fois que "le
nombre d'attaques au mois d'octobre 2006, a atteint le chiffre de 180
par jour et celui des tués 102". Un autre rapport
américain qui n'est pas moins important donne une idée
sur les pertes réelles américaines. Il émane du
GAO (Government Accountability Office) en date du 23 juillet 2008 et
qui donne pour la première fois le nombre d'attaques
exécutées par la résistance irakienne: 164.000
attaques considérées comme importantes et violentes, ce
chiffre ne comprenant pas les attaques effectuées au sud et
à l'est du pays.
Ainsi,
en ajoutant les 300 militaires tués lors des premières
semaines de l'invasion américaine et jusqu'au mois d'avril 2003,
les 1315 tués des entreprises de mercenaires, le nombre total
des tués américains en Irak serait de 33.615, et ce
jusqu'à la fin de 2008. On ne dispose pas par contre
d'informations fiables sur le nombre de tués dans "les missions
hors combat", les suicidés ou les blessés morts dans les
hôpitaux allemands ou lors de leur évacuation, et qui
traditionnellement ne sont pas comptés dans les morts officiels.
Le coût matériel, financier et économique de la guerre en Irak n'est pas moins important. Il est même plus important dans le cas des USA, compte- tenu des conditions de son financement. En 2003, le coût était estimé à 4,4 Milliards $. En 2008, il monte 12 Milliards $. Selon des sources américaines, notamment la commission économique conjointe du Congrès américain, l'étude Joseph Stiglitz, lauréat 2001 du prix Nobel d’Economie, professeur d’économie à l’Université de Columbia et co-auteur, avec Linda Bilmes, de The Three Trillion Dollar War : The True Costs of the Iraq Conflict. Effectué sur la base de documents officiels et avec le concours de l'organisation des anciens combattants. C'est une guerre à 3000 milliards $. Ce coût comprend les opérations, y compris les salaires du personnel militaire et des mercenaires, plus le coût du matériel, équipements et armements (blindés, chars, hélicoptères, avions) dont la moitié est devenue obsolète et le restant nécessitant des réparations et des remises en état pendant cinq ans comme le signale le rapport Baker-Hamilton- dans sa recommandation 48. Ce coût comprend aussi les dépenses engagées pour la couverture sociale et médicale des militaires blessés ainsi que des intérêts des emprunts faits pour le financement de la guerre, hors budget officiel.

En résumé: Nombre de tués de 2003 à 2008: 33.615 Nombre de blessés de 2003 à 2008: 224.000 Nombre d'attaques de la résistance irakienne de 2003 à 2008: 164.000, non comprises celles effectuées dans l'Est et le Sud du pays. Coût financier 3Trillions $.
Je ne prétends pas être parvenu à
des résultats d'une précision absolue mais ces résultats proviennent de sources exclusivement américaines.
Je n'ai pas mentionné les pertes immatérielles en rapport
avec l'effondrement du moral des troupes, la montée du niveau de
haine contre les USA dans le monde, de son discrédit et celui de
son discours sur la démocratie, son influence et sa place dans
le monde…en plus de la montée du chômage, de
l'endettement. Il est attendu que juste après la fin de la
guerre ou peut-être après le retrait des troupes
américaines des villes, on ait un bilan officiel de cette guerre.
Traduit de l'arabe par Ahmed Manai www.tunisitri.net/ http://rsistancedespeuples.blogspot.com/
*
Fallait-il qu'un président de la République française assistât| Est-il
normal qu'un président de la République,
représentant suprême de tous les Français,
participe au dîner officiel d'une organisation censée
représenter une communauté religieuse qui ne constitue
que 1% de la population française ? Une majorité de
Français, si l'on en croit le sondage ci-dessous, pense que
cette présence est déplacée. Pour être
équitable, le Président devrait assiter aux dîners
de toutes les communautés ethniques, politiques ou religieuses
désireuses d'avoir un tel hôte de marque à leur
table. La table des évêques de France, des pasteurs
calvinistes, des imams de France et pourquoi pas celle des Druides bretons, des bouddhistes
et des Maliens de Paris...? Ce serait impossible sauf à passer son temps à naviguer d'une table à l'autre, un comble pour un président qui n'apprécie guère la bonne chère à la différence de son prédécesseur. Ce serait aussi incompatible avec la dignité qui sied à la fonction dans une République qui ne se veut pas trop bananière. Ce serait surtout aller à la rencontre des Français (ou de tels ou tels de leurs représentants) en tant que faction, que fraction de l'ensemble, rechercher ce qui les différencie et les divise plutôt que ce qui les rassemble. Mais ce faisant, comme il ne négligerait aucune communauté, aucune orientation religieuse, idéologique ou politique, on ne pourrait lui reprocher de se montrer partisan. Ce n'est pas le cas. En assistant au dîner très politique du Conseil Représentatif des Juifs de France, le Président de la République française montre à tous les Français que pour lui certaines communautés, et une tout particulièrement, comptent plus que les autres. Geste d'autant plus déplacé que le CRIF ne représente pas tous les juifs de France, loin s'en faut, mais qu'il incarne la tendance la plus dure parmi eux, celle qui, dans le conflit actuel en Palestine, soutient inconditionnellement l'État sioniste d'Israël, celle qui excuse, appuie, encourage les terribles massacres de civils qui se sont déroulés en décembre et janvier derniers et qui n'étaient qu'un épisode de cette barbarie sans fin. C'est ce moment-là que notre président choisit pour poser au milieu des va-t-en-guerre, des affameurs et des épurateurs ethniques, au lieu de fréquenter le camp de la paix, au lieu de protester face à l'horreur qui a suscité une vague d'indignations à travers le monde, de faire pression dans le sens d'une réparation, d'un apaisement et d'un règlement équilibré de ce conflit qui n'a que trop duré et menace, par l'effet d'une réaction en chaîne, de nous entraîner dans une véritable guerre mondiale !? Oui, c'est bien ce moment là que le président "de tous les Français" choisit pour s'attabler avec les suppôts de la guerre et des massacres en parlant de la "montée de l'antisémitisme en France" (la sempiternelle pleurnicherie de crocodile qui tente de cacher la vraie douleur des Palestiniens...) Doit-on s'en étonner ? Non, on ne s'étonne plus de rien avec ce petit Monsieur bling-bling qui se remue tant pour faire si peu, qui brade la tradition d'indépendance de la politique étrangère (gaullienne) française, qui aligne nos soldats derrière l'Oncle Sam pour appuyer les sales guerres qu'il déclenche un peu partout, mais qu'il ne peut gagner au bout du compte, comme il ne le pouvait au Vietnam. Sarkozy laissera le souvenir du président qui aura poussé la France dans le camp des futurs vaincus. Les Français, même s'ils sont parfois les veaux dont parlait de Gaulle, finiront par s'en rendre compte et le renvoyer très vite à ses petites affaires personnelles du côté de Cap Nègre ou de New York où le portent ses désirs, ostensiblement beaucoup plus que du côté de l'intérêt général des Français et des Européens dont il ne se soucie guère. P.K., 04/03/09
AnnexeDeux petites vidéos à regarder, accablantes pour le "sarkosionisme", avant qu'elles ne soient éventuellement frappées par la censure : L'une souligne l'israélolâtrie du président sur fond de guerre sanglante (NB: la video n'apparaît qu'en copiant l'adresse suivante dans l'en-tête de votre navigateur) : http://www.youtube.com/watch?v=B1KLwO_0DQA L'autre revient, de manière lyrique -et avec quelques fautes d'orthographe- sur les enfants victimes de cette barbarie : http://www.truveo.com/Massacre-en-palestine/id/490443807 Et juste au dessous du sondage, vous pourrez lire l'excellent article paru sur le site Mecanopolis et repris par Alterinfo à propos de cet infâme apparition présidentielle au dîner du CRIF. |
Source : Mecanopolis. Les mécanismes du mensonge et de la domination, mardi 3 mars 2009
L’antisémitisme a été la préoccupation dominante lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), exprimée aussi bien par le président Sarkozy, le président du CRIF Richard Prasquier, ainsi que Dalil Boubakeur, recteur de la grande Mosquée de Paris et chef de poste des services algériens en France (1).
« L’antisémitisme est de retour, en
janvier 2009, il y a eu trois cent cinquante-deux actes antisémites de
toutes sortes, à comparer à quatre cent soixante actes environ pour les
années entières de 2007 ou 2008 » a déclaré Prasquier dans son discours.
Ce dernier n’a évidemment pas parlé du soutien inconditionnel du « grand » rabbin de France Gilles Bernheim à Tsahal (l’armée de l’État juif), pendant l’offensive israélienne à Gaza au début de l’année, lors de manifestations publiques, et qui, pendant l’une de ces logorrhées dont il a le secret, allait même jusqu’à déclarer au quotidien Libération, le 9 janvier 2009, que « la seule préoccupation de l’armée israélienne est de préserver, avec amour et courage, l’idée d’humanité pour tous les hommes. » N’est-ce pas là, pour le représentant des Juifs en France, un discours qui
Sarkozy, Prasquier et Boubakeur au dîner du CRIF, le 2 mars 2009 dépasse largement le cadre de ses fonctions ?
Qu’aurions-nous pas entendu si le Conseil Francais du Culte Musulman (CFCM) s’était exprimé en faveur de la résistance palestinienne ?
Mais on aurait tort de penser que le rabbin Bernheim se paie notre tête. Ses déclarations, par une sorte de stratégie de la confusion, suivent un but précis : créer l’amalagame dans l’imaginaire collectif, et pourquoi pas ensuite dans le code pénal (2), entre judaïsme et sionisme, de sorte à pouvoir ensuite brandir l’épouvantail de l’antisémitisme en accusant systématiquement de judéophobie tous ceux qui auraient l’outrecuidance de manifester un désaccord à l’encontre de la politique d’épuration ethnique du peuple palestinien planifié par l’État d’Israël. Car c’est bien l’objectif des dirigeants politiques, économiques et religieux sionistes : soutenir coute que coute l’État hébreu. Une ligne de conduite qui ne représente certainement pas celle de la majorité des juifs en France, dont le CRIF se soucie assez peu de savoir ce qu’ils pensent. Le procédé n’est ni nouveau, ni subtil, mais il ne manquera pas de trouver ses relais dans les médias et la classe politique, soumise depuis bien longtemps au diktat du lobby sioniste (ne doutons pas que le PCF et Les Verts redoublent de vigilance après s’être fait interdire de dîner (3)).
Ce qui est nouveau, par contre, c’est la volonté du CRIF à vouloir contrôler Internet, le dernier espace propre à une relative liberté d’expression. Pendant son discours, Prasquier à dénoncé la « propagande » sur la Toile, qui « utilise des prétextes, comme le conflit à Gaza ou la crise financière pour diffuser des rumeurs à caractère antisémite ».
Selon Prasquier, dénoncer les crimes de guerres commis par l’armée israélienne, l’utilisation d’armes à uranium à l’encontre des Gazaouis par les forces sionistes, la déportation de 1′500 palestiniens de Jérusalem, les implications du financier Madoff avec le Mossad, ce sont des « rumeurs» qu’il est urgent de faire disparaître du web.
Là où Prasquier à peut-être raison, c’est qu’avec la crise financière les populations de France et d’ailleurs pourraient se réveiller moins imbéciles qu’il ne le pense, et, à l’avenir, être moins tolérantes à l’égard des manipulations de toutes sortes. Il serait sage, sinon même urgent, pour les propagandistes de l’idéologie sioniste, de songer à ne pas verser la goutte d’eau qui pourrait faire déborder le vase.
Mecanopolis
Que Boubakeur soit un traître, mis en place par Sarkozy, avec la bénédiction du Général Mohamed Lamine Mediene, alias Toufik, et qu’il se soit acoquiné au lobby sioniste, nous le savions depuis longtemps. Qu’il se compromette au dîner du CRIF, alors qu’il entend représenter les musulmans français, n’est qu’une vaste farce destinée à promouvoir un « Islam de France », cette chose immonde, nulle et non avenue, qui n‘existe que dans le fantasme de quelques suspects islamophobes.
Ndlr : Des amis (Pierre Albuisson et Christian Mandon, que
nous remercions au passage) nous ont retransmis aujourd'hui
(17/02/09) ce courrier daté du 28 janvier 2009. Nous
nous empressons de le communiquer à nos
lecteurs pour qu'ils prennent la mesure de l'effondrement du
modèle américain et de la puissance étasunienne
qui servent encore de référence non seulement à
tout unestablishment politico-médiatique qui évolue dans
le sillage de notre américanolâtre président
français, mais aussi à bon nombre de gens en Europe
et ailleurs qui croient bon d'envoyer leurs enfants étudier
là-bas, et qui persistent à penser que sous
l'égide de l'Oncle Sam, la démocratie, la paix, le
progrès social, économique et scientifique vont
progresser indéfiniment dans le monde face aux barbares que l'on
rencontre dans "le reste du monde" (Russes, Chinois, Arabo-musulmans,
Latinos... et même Européens).
Il est temps d'ouvrir les yeux : le
rêve américain est bel et bien devenu un cauchemard. Obama
n'y changera rien : après les gesticulations sanglantes du
dernier cow-boy Bush, il ne lui reste que le rôle de fossoyeur du
cadavre étasunien. D'autres nous l'ont déjà
annoncé, comme PaulCraig Roberts dans nos pages,
mais Catherine l'a vécu et elle le raconte. Ce n'est qu'un cri
du coeur, un peu naïf parfois, à propos de la France
notamment, un peu moins mal lotie, certes, mais pas si belle non plus
depuis qu'elle se mire au mirage du libéralisme. Mais son
analyse est réaliste, et la douche froide d'un retour au
réel est ce dont nous avons le plus besoin au sortir de ce
mauvais rêve. Écoutons-la
en souhaitant que meure enfin cette illusion qui nous a -du moins pour
beaucoup d'entre nous- si longtemps détourné de nous-
mêmes et des vraies richesses du monde.
ou avant la fin de leurs études,
faute de pouvoir payer les premières primes de leur prêt étudiant pourtant
"garanti" pour une scolarité longue de 7...10 ans ... mais qu'ils
devront quand même rembourser "à fond" sur 15 ou 20 ans dès qu'ils auront
trouvé un (petit) job !
Obama : la dernière cartouche ?
> Ils sont un "eden virtuel" placé sous
le signe de la religion, du "tout beau, tout gentil"...mais où les
sheriffs tirent dans le dos des délinquants (surtout si ils ne sont pas blancs
ou propres sur eux) et où les gosses se promènent dans les écoles avec des
couteaux ou des armes !
Pourquoi laisserions-nous au Congrès tout le plaisir ? Vous aussi pouvez créer votre propre " plan de stimulation économique ". Comment faire ? Il suffit de se conformer aux cinq étapes de base suivantes :
Étape 1 : Faire une liste de 1000 pages de tous les trucs que vous désirez acheter
Il suffit de taper la liste de tout ce que vous avez toujours voulu sans pouvoir vous le permettre : Voitures, vêtements de luxe, bijoux, grande maison avec piscine, tableaux de maîtres sur les murs, vacances exotiques, jet privé ... le royaume des cieux étant la limite !
Étape 2 : Allez faire vos courses avec votre carte de crédit
Cette étape est facile : Prenez votre carte de crédit et hâtez-vous vers les centres commerciaux. Achetez tout le fourbi écrit sur votre liste de 1000 pages. Laissez s’accumuler tout le crédit que vous souhaitez !
Étape 3 : Imprimez de la fausse monnaie pour rembourser la carte de crédit
Voici la phase vraiment géniale : Faites simplement ce que fait la Réserve fédérale ! Procurez-vous une planche à billets du Trésor étasunien et démarrez comme un fou l'impression de billets de 100 dollars !
Étape 4 : Remboursez la carte de crédit avec la fausse monnaie
Prenez ensuite tous les faux biftons que vous avez imprimé et déposez-les sur votre compte bancaire. De là, remboursez simplement votre carte de crédit. Voilà ! La dette a disparu par magie !
Étape 5 : Recommencez !
Surtout ne vous arrêtez pas après avoir fait ça juste une seule fois. Votre économie personnelle peut être très franchement stimulante. Ayez recours à votre méthode de stimulation économique tous les mois pour acheter tous ces machins dont vous n'avez pas vraiment besoin, tout en les payant avec de l'argent créé à partir de rien !
Ah ouais, et ne vous souciez pas de léser quelqu’un avec la fausse monnaie que vous injectez dans la masse monétaire. Ils seront tous renfloués par la Fed de toute façon, non ? Gardez votre planche à billets sous pression !
Que faire à l’arrivée du Services Secret chez vous ? Leur dire simplement que c’est au sujet de l'EMPLOI ! Vous êtes en train de créer des EMPLOIS ! Comme les emplois de tous ces gens chez le concessionnaire automobile, des magasins de chaussures et de la compagnie de jet privé, que vous avez engagé pour votre voyage autour du monde. Tous ces gens ont du boulot grâce à votre plan de stimulation économique, pas vrai ? Qui pourrait ergoter contre ça ?
Et en plus, vous pouvez leur dire : " C'est mieux que de ne rien faire, n'est-ce pas ? " Ces types du Service Secret voudraient apparemment que vous restiez juste assis à ne rien faire. C'est idiot quand on peut faire ronfler la planche à billets et créer des EMPLOIS !
À quel point ce plan peut-il être stupide ? Maintenant, bien évidemment, cet article est entièrement parodique ... à moins que ce ne soit ? Parce que, si on y réfléchit, c'est exactement ce que le Congrès vient de permettre pour la nation ! Une nouba de dépenses folles, payées avec de la fausse monnaie sortie tout simplement du néant, comme si la Fed étaient en train de diriger une grande opération de contrefaçon.
Techniquement, la Fed est en train de faire tourner une opération de falsification. La seule différence entre la sienne et la votre, c'est que la sienne est légale.
Ce qui démontrer précisément que, si vous faites de la fausse monnaie, ne vous limitez pas, pensez grand ! Falsifiez la monnaie de la nation toute entière ! Et puis, avec l'aide d'assez de politiciens, votre contrefaçon devient magiquement connue sous le nom de " politique budgétaire ! "
Par ailleurs, en tant qu'auteur de cet article satirique, je suis le gars qui a écrit la chanson super-populaire, I Want My Bailout Money (Je veux mon pognon de renflouage).
Peut-être y aura-t-il une relance appelée Je veux mon plan de stimulation économique !
Original : http://www.naturalnews.com/025619.html
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info
Le Premier
ministre, François Fillon, a réuni et présidé, vendredi 16
janvier 2009, un comité interministériel de
lutte contre le racisme et l’antisémitisme,
en présence de nombreux ministres dont Xavier Darcos, ministre de
l'Education nationale, qui se trouvait en Israël
du 13 au 15 décembre 2008 afin que
"l’Holocauste soit évoqué de manière
soutenue et organisée dans nos enseignements en
France". Ce comité a été convoqué mardi
13 janvier 2009 en vue de "calmer les
choses" face au risque d'importation en
France des événements liés au conflit
israélo-palestinien. A un jour de 3
manifestations pour l'arrêt de la guerre dans la
Bande de Gaza, dont une marche sur l'ambassade
d'Israël à Paris débutant
place du Châtelet samedi 17 janvier 2009,
François Fillon a souhaité "renforcer les
procédures judiciaires et les moyens de la
justice pour faire en sorte que tous ceux qui
commettent des actes antisémites et
racistes
soient dans les meilleurs délais interpellés,
traduits devant la justice et punis".
François Fillon a également déclaré qu'il
faut des "juges formés" sur ces
sujets." Déjà, tous les tribunaux de
grande instance TGI disposent d'un magistrat
référant qui a été nommé pour assister et
orienter le procureur de la République dans les
affaires d'antisémitismes. À Bordeaux, siège de
l'Ecole nationale de la
Magistrature ENM, ce sont des membres
du Conseil
représentatif des institutions juives de France CRIF qui
forment les magistrats à la lutte contre
l'antisémitisme qui est une priorité nationale
pour Nicolas Sarkozy,
président de la République. François Fillon a
également annoncé un renfort important des
effectifs policiers lors de ces 3 manifestations
"pro-palestiniennes". A Paris, tous les
policiers nommés dans la capitale sont formés
à la lutte contre l'antisémitisme et doivent
faire un passage obligatoire dans les locaux du Comité français pour Yad Vashem présidé
par Richard Prasquier, également
président du Conseil
représentatif des institutions juives de France CRIF.
François Fillon a demandé à Michel Boyon,
président du Conseil supérieur de
l'audiovisuel (CSA) et à la présidente
du Forum des droits sur
Internet, Isabelle Falque-Perrotin, de
conduire "un travail plus approfondi"
sur les "appels à la haine" diffusés
sur les chaînes de télévision, les radios
communautaires ou les sites web et les très
nombreux blogs. Depuis le samedi 27 décembre
2008, début de la guerre déclarée par Israël
contre le Hamas dans la Bande de Gaza dans le
cadre de l'opération militaire israélienne
"plomb durci", la grande majorité des
médias numériques français autocensure leur
forum de discussions, certains les ayant fermés.
Le quotidien "Libération", le journal
gratuit "20 Minutes", l'Express,
Yahoo.fr et LCI ont fermé leurs sites à tous
les commentaires sur le conflit. Dans un
communiqué publié le jeudi 8 janvier 2009 le Bureau National de Vigilance Contre
l'Antisémitisme BNVCA, présidé par le
commissaire de police honoraire, Sammy Ghozlan,
avait salué cette autocensure lié à
l'antisémitisme. Sammy Ghozlan avait déclaré :
"Pour avoir fermé leurs sites, les médias
sont accusés d’atteinte à la liberté
d’expression par ceux qui profitant de
l’anonymat que procure l’internet,
défoulent leur haine antijuive, considérant
encore que l’antisémitisme est une
opinion". François Fillon a aussi déclaré
: "On n'est pas en Israël, on n'est pas en
Palestine, on est en France. Et en France, il n'y
a pas de communautés, parce que chacun est un
citoyen égal devant la loi"
.
- Pourtant, selon toutes les apparences, ne pourrait-on penser que certains sont un peu plus "égaux" que les autres devant la loi ? - Que nenni ! Illusion d'optique suscitée par votre poussée de fièvre antisémite. Il faut vous soigner !

*
Un art de la modernité d’acier :
l’avant-garde russe
En France l’avant-garde russe a été révélée par l’exposition Paris-Moscou de 1979 au centre Georges Pompidou. La collection Georges Costakis, un chauffeur d’ambassade à Moscou devenu collectionneur, collection exposée au Musée Maillol redonne à voir ce moment de création foisonnant qu’a été la peinture russe des années 1910 à 1930.

Dans les 200 œuvres rassemblées, les tendances sont diverses, futurisme et cubo-futurisme, suprématisme, constructivisme, mais aussi – rarement – du semi-figuratif ou du figuratif « alternatif ». La période est celle de la rupture de notre monde, du passage de la première modernité, optimiste, celle des premières expositions universelles, à la seconde modernité, celle de la Grande Guerre, des grandes espérances révolutionnaires, mais très vite, de la terreur bolchévik et de la normalisation artistique. Avec une guerre mondiale suivie de deux révolutions – bourgeoise et communiste - et d’une guerre civile, avouons que les russes n’ont pas manqué de bouleversements historiques et donc de source d’inspiration artistique.
En France, le courant, ou plutôt les courants de l’avant-garde russe n’ont été connus que tardivement ; ils ont eu peu d’influence avant les années 80 avec toutefois quelques exceptions dans les années trente, avec les groupes Cercle et Carré (Michel Seuphor, Joaquim Torrès-Garcia,…), puis Abstraction-Création (Auguste Herbin et autres), des groupes qui ont donné quelque idée du sens profondément européen du travail des artistes russes et de ses résonances possibles dans la vieille Europe (puisque la Russie est toujours en un sens une jeune Europe).

Pourtant, avant 1914, les échanges artistiques entre la Russie et l’Europe occidentale notamment la France étaient nombreux avec par exemple la présence d’artistes russes tels Léon Bakst et Mikhail-Michel Larionov (qui s’installera à Paris en 1914) au salon d’automne de 1906 à Paris.
Dans cette avant-garde russe, on connait un peu Kazimir Malevitch, Vladimir Tatline, Eliezer Lissitzky, mais bien d’autres sont à découvrir. Quelques jalons dans l’exposition Maillol sont incontournables : Ivan Koudriachov, Construction d’un mouvement rectiligne, 1925 (huile sur toile), Lioubov Popova, Architectonique picturale, 1918-19 (huile sur toile) – il s’agit de deux toiles exposées qui portent le même titre, Alexandre Rodtchenko, Composition 125, 1920 (huile sur toile), une extraordinaire composition en noir et blanc, de Rodtchenko encore, Le cirque, 1935 (huile sur toile), - Alexandre Rodtchenko, artiste total, fut aussi sculpteur, photographe (La jeune fille au Leica…), Antonina Sofronova, Composition géométrique, 1922 (encre et aquarelle sur papier), dans un registre plus figuratif Alexandra Exter, Costume pour ’’Salomé’’, 1917, (gouache sur carton) – il s’agit de la pièce de théâtre d’Oscar Wilde, Clément Redko, Luminisme, dynamique de forme et couleur, 1923 (huile sur toile), Salomon Nikritine, Homme et nuage, 1930, (huile sur toile), Alexeï Morgounov, Ouvrier-aviateur, 1913 (gouache sur toile), le superbe tableau de Nadejda Oudalstova, La guitare-fugue, 1914 (huile sur toile),ou encore les tableaux-projets de Gustav Kloutsis – ou Klutsis (encre, mine de plomb et gouache ou aquarelle et encre). …

Dépassement de la composition représentative classique, instauration d’un ordre nouveau, dynamique, profus, éclatant et néanmoins profondément ordonné à la volonté de puissance humaine et à sa volonté de beauté, tels étaient les axes de l’avant-garde russe. Une ambition qui garde sa force d’évocation.
61 rue de Grenelle 75007 Paris
13 novembre 2008 – 2
mars 2009
L’immense Akira Kurosawa était aussi dessinateur :
l’indispensable exposition du Petit Palais
Pierre Le Vigan

Il y a 10 ans mourrait Akira Kurosawa, un des cinéastes majeurs du cinéma mondial. L’homme dessinait aussi. Il préparait ses films en griffonnant des personnages, des décors, des scènes d’extérieur, des habits… Il faut oser le dire : son œuvre de dessinateur est tout à fait admirable. Jusqu’au 11 janvier 2008, 87 dessins illustrant ses derniers films sont exposés au Petit Palais. Il faut les voir : pour rendre hommage à l’immense Kurosawa, et pour un plaisir visuel que l’on ne goute pas tous les jours.
L’oeuvre graphique de Kurosawa est à la fois parfaitement figurative et expressionniste. Les films dont il est question sont Kagemusha, Ran, Rêves, Madadayo et quelques autres. Mais ses dessins ne constituent pas de simples illustrations. Il s’agit d’oeuvres autonomes. Des œuvres nourries par une confrontation avec Vincent Van Gogh, Paul Cézanne, Georges Rouault, Marc Chagall et parfois Théodore Géricault.
Les médiums de Kurosawa sont variés : crayon, aquarelle, encre, pastel sec, … Il faut savoir que Kurosawa voulait d’abord être peintre. Il s’orientera ensuite vers la carrière que l’on sait, débutée durant la guerre de 1941-45. Il se remit au dessin en 1978 et le pratiquera les 20 dernières années de sa vie.

Les dessins de Kurosawa sont extraordinaires de couleurs, de mouvement, de vie, de force ; ils sont faits pour servir à des films, les dessins doivent permettre aux acteurs de « mieux saisir le sens ou l’ambiance de certaines scènes. ». C’est pourquoi ils s’apparentent au meilleur de l’esprit des « planches » de la bande dessinée. Les scènes marquantes des scenarios sont fixées dans leurs détails, avec leur charge émotionnelle. « Il y a une multitude de choses auxquelles je pense lorsque je dessine des story-boards. Le cadrage de l’endroit, la psychologie et les émotions des personnages, leurs mouvements, l’angle de camera nécessité par la capture de ces mouvements, l’éclairage, le costume et les accessoires […] Si je n’ai pas pensé aux spécificités de toutes ces choses, je ne peux pas dessiner l’image. À moins qu’il ne soit plus exact de dire que je dessine des story-boards pour penser à ces choses. De la sorte, je cristallise, fertilise et saisis l’image de chaque scène dans un film avant de le voir clairement. Ce n’est qu’à ce moment que je procède véritablement au tournage. Cependant, il semble que ce processus ne prenne réellement forme dans mon esprit que lorsque j’écris le scénario car je trouve souvent toutes sortes de dessins au dos de mes brouillons non utilisés. » Les dessins parfois presque sculptés établissent un véritable code des états d’esprit des personnages. L’Empereur du cinéma était aussi un grand artiste plasticien.
* Petit
Palais, Paris, Akira Kurosawa, dessins - 16 octobre 2008 - 11 janvier 2009
* Catalogue Akira
Kurosawa, dessins, Actes sud, 30 €.
Tableaux à voir tout particulièrement :
Je trébuche (je vole) ;
Le toit de la maison d’Ashinoya sous un ciel étoilé après l’orage ;
Champ de blé aux corbeaux de Van Gogh ;
Démon à une corne ;
Le vieux Meunier ;
La procession de mariage des renards, crayon, aquarelle, pastel et feutre sur papier ; Kyuami à la fête de nuit ;
Tsurumaru se dressant à l’aplomb de l’enceinte des ruines du château d’Azusa à Azusana ;
Hidetora Ichimonji.
*
[La] réorganisation du système financier mondial arrive trop tard.
La récession de l’économie états-unienne est trop profonde. La
décision, prise en 1995, par le Congrès alors dominé par les
républicains, de relancer la machine de guerre US pour dominer le monde
s’est soldée par un désastre. Dès 2004, le Fonds monétaire
international constatait que la production de biens de consommation
s’effondrait aux États-Unis et que ceux-ci entraient dans une
« économie de guerre ».
Cette tendance s’accélérait sous la double pression des mesures
sécuritaires étouffant le commerce et des dépenses astronomiques de la
guerre globale au terrorisme. Transformé en monstre prédateur, les
États-Unis ont essayé de se nourrir en enchaînant les proies, mais ne
sont pas parvenus à trouver de retour immédiat sur investissement
suffisant en Irak. Ils se retrouvent très exactement dans la position
de l’Union soviétique à la fin des années 80 : leur secteur militaire a
vampirisé toutes leurs énergies.
Ainsi que je l’ai systématiquement noté dans les nombreuses émissions auxquelles j’ai participé depuis l’été 2006, l’échec du projet de remodelage du Grand-Moyen Orient sanctionné par la défaite militaire israélienne au Liban a sonné la fin de l’Empire. De même que l’Union soviétique s’est effondrée et disloquée, de même les États-Unis sont désormais menacés d’effondrement et de dislocation.
Au delà des indices boursiers qui ne donnent pas d’indication fiables sur l’état de l’économie réelle, les indices se multiplient de faillite du système. L’industrie automobile, principale industrie civile aux États-Unis annonce des fermetures d’usines et ne pourra pas éviter la catastrophe sans être rachetée par l’État. Ces fermetures en annoncent d’autres de sorte qu’il paraît difficile d’empêcher un doublement du chômage aux États-Unis en 2009. Les usines chinoises qui approvisionnent les super-marchés outre-Pacifique ferment en chaîne, ce qui implique que les rayonnages de ces super-marchés ne tarderont pas à être vides. Ainsi que nous l’avons annoncé il y a un an déjà, de nombreux États fédérés devraient bientôt se retrouver dans l’incapacité de payer les traitements de leurs fonctionnaires et par voie de conséquence dans l’obligation de fermer écoles et hôpitaux. Déjà la Californie est officiellement menacée de faillite, c’est pourtant l’État fédéré le plus riche.
Plus d’un quart des États-uniens sont des retraités dont les pensions dépendent de placements financiers. La plupart d’entre eux risquent de se trouver rapidement sans ressources.
On n’imagine pas que l’expulsion de centaines de milliers de familles et leur relogement dans des campings municipaux ne tourne pas à l’émeute dans un pays où les armes sont en vente libre. Craignant les conséquences sociales de cette situation, le gouvernement fédéral s’est préparé à proclamer l’état d’urgence. Cette éventualité a été évoquée au Congrès lors du vote du Plan Paulson. Des troupes d’élite, spécialisées en Irak dans le maintien de l’ordre, ont été rapatriées et se tiennent prêtes.
Certains commentateurs envisagent que Washington cède à la tentation des années 30, lorsque pour sortir de la crise de 1929, il encouragea la guerre en Europe. Mais une telle option serait aujourd’hui inadéquate : la guerre ne peut plus être la solution car elle est précisément à la base du problème.
*
Pierre Nora et Libertés
pour l'Histoire
renoncent à exiger l'abolition de la Loi "Gayssot",
principal
outil législatif "scélérat" permettant
au pouvoir
politique de censurer l'historien lorsque ses travaux
déplaisent
au Souverain.
Tout le monde avait salué le bon sens et le courage des 19 historiens qui, en décembre 2005, ont lancé une pétition demandant l'abolition de la loi "Gayssot" (13 juillet 1990) en même temps que divers autres textes accordant une reconnaissance officielle rétroactive à des événements historiques faisant l'objet de constestation par les parties intéressées selon le camp dans lequel elles se rangent (celui des descendants des présumées victimes ou des présumés bourreaux). Le génocide des Juifs, le génocide des Arméniens, divers ethnocides et génocides résultant de l'esclavage, de la colonisation et de la décolonisation, avec de possibles demandes d'indemnisation à la clé, ont ainsi, tour à tour, fait l'objet d'une demande de reconnaissance politique et judiciaire pénalisant leur éventuelle contestation ou minimisation.
La loi "Gayssot" avait permis de faire condamner divers auteurs, universitaires, politiques, ou simples citoyens, ayant fait montre de scepticisme ou ayant contesté publiquement la version reconnue officiellement de divers aspects de la deuxième guerre mondiale (non seulement les crimes jugés à Nuremberg, mais aussi la répression des actes de résistance à Oradour et Tulle, entre autres). Peu ont été ceux qui, à l'époque, ont osé s'élever avec vigueur contre la scélératesse de la majorité des députés qui, au moment des départs en vacances (le 13 juillet), ont imposé aux Français une loi liberticide allant à l'encontre de la sacro-sainte liberté d'expression gravée au coeur de notre charte des droits de l'homme. Nous venions de subir, après divers scandales révisionnistes montés en épingle par la presse, l'odieuse affaire de la profanation de Carpentras (dont l'enquête a donné des résultats aussi étranges qu'insatisfaisants), et les contestataires des crimes des vaincus de la deuxième guerre mondiale avaient bon dos.
Mais ne voilà-t-il pas que toutes sortes de mémoires lésées, sous-estimées, déformées, bafouées ou victimes de l'indifférence, s'engouffrent dans la brèche. " Pourquoi eux et pas nous ? " s'interrogent les descendants d'esclaves, de colonisés, les expatriés de l'histoire, les bombardés, nucléarisés, expulsés, rapatriés, trahis, vendus au " sens de l'histoire ", parfois rachetés à bas prix par la Françafrique post-coloniale...
C'en est trop, estiment bon nombre d'historiens. Il faut mettre fin à cette "concurrence des mémoires" sans fin qui dresse les communautés du souvenir les unes contre les autres. Il faut séparer le travail, neutre, de l'historien du besoin de commémoration qui rassemble telle ou telle communauté derrière une symbolique du souvenir douloureux et l'oppose éventuellement à une autre communauté qui cultive, tout aussi légitimement, ses propres "souvenirs".
D'où l'appel des historiens qui, à juste titre, se veulent au-dessus de la mêlée mémorielle... L'Histoire, disent-ils, est tout autre chose que le culte de la mémoire. Elle ne s'apparente à aucun culte. Elle étudie, revoit et révise sans cesse ses champs d'investigation. Elle est révisionniste par nature. Les tabous de la mémoire, surtout lorsqu'ils s'appuient sur des textes de loi, lui sont étrangers et nuisibles. Sans priver les communautés mémorielles du droit au souvenir spécifique qui les caractérise, il faut abolir la sanctuarisation des souvenirs privés (spécifique à tel ou tel groupe) à l'échelle publique, nationale, voire européenne. La récente proposition de la commission Kaspi préconisant de mettre fin à la prolifération des journées commémoratives (massacre des Juifs, abolition de l'esclavage, etc.) et de limiter les commémorations nationales à deux ou trois grands événements comme le 14 juillet, le 11 novembre et le 9 mai, fête de la réconciliation et de l'unité européenne, s'inspire du même souci (cf, Le Parisien, 9/11/08).
Bien entendu les partisans de la censure rejettent une telle effronterie supposée faire sauter tous les tabous qu'ils avaient retranchés derrière des lois punitives. 31 personnalités, dont Serge Klarsfeld et Claude Lanzmann, ont manifesté leur hostilité à l'abolition du dispositif liberticide "Gayssot".
Mais ils se heurtent à d'importantes résistances, dont celle du spécialiste de droit constitutionnel, Anne-Marie Le Pourhiet, qui demande, comme de nombreux autres illustres Français, tel le prix Nobel d'économie Maurice Allais, l'abolition de cette censure indigne d'un pays démocratique. (Voir notre récent compte-rendu sur Madame Le Pourhiet ici).
La surprise, cependant, vient de Pierre Nora, président de l'association Libertés pour l'Histoire et signataire de la pétition de 2005 qui réclamait l'abolition de la loi "Gayssot". Lors d'un récent passage à la télévision sur ce thème (Ce soir ou jamais, France 3, 20/10/2008), il affirma : « Non, on ne réclame pas l'abrogation de la loi Gayssot, car abroger aujourd'hui la loi Gayssot ce serait donner un encouragement, littéralement, à ce contre quoi luttait la loi Gayssot. »
Ce faisant, Monsieur Nora, spécialiste des "lieux de mémoires", cautionne à nouveau ce qu'on peut sans exagération appeler les privilèges mémoriels de quelques-uns, les mémoires qui sont un peu plus égales que les autres, pour reprendre la formule orwellienne, les turpitudes de l'histoire que l'on veut asséner plus fort que toutes les autres, les génocides absolutisés au point de cacher tous les autres, ou de les ravaler au rang de mythes comme la Saint Barthélémy, la Vendée sous la Terreur ou les massacres des Indiens des Amériques. Mais surtout, Monsieur Nora se range du côté des inquisiteurs, de ceux qui fourbissent, affinent et imposent le délit d'opinion dans un pays qui ne cesse de crier le nom de liberté pour la bafouer un peu plus chaque jour.
Désormais, après un tel recul, les appels de l'association Liberté pour l'Histoire ne sont plus crédibles. La Liberté de l'historien, professionnel ou amateur, ne se partage pas, ne se mesure pas, sauf bien sûr à l'aune de la science expérimentale qui est la sienne.
Au nom de la liberté véritable, nous appelons nos lecteurs à refuser de signer les appels de cette association (comme le récent appel de Blois) et à exiger que soit appliqué sur toutes les terres d'Europe le droit à la liberté d'expression pleine et entière en abolissant définitivement la loi inique et scélérate qui l'anéantit.
Reste à savoir ce qui a pu motiver le retournement d'un grand ponte de l'Histoire de France comme Monsieur Nora alors que les demandes d'abolition de la censure se font de plus en plus pressantes. Est-il en cette matière aux ordres d'Israël comme l'affirme le site anti-sioniste toutsaufsarkozy ? Vision complotiste un peu courte. Bien entendu, Israël profite de ce favoritisme mémoriel en Occident pour, derrière le paravent de la victimisation des Juifs, poursuivre sa redoutable politique impérialiste au Moyen-Orient en maintenant les Palestiniens dans un état d'inhumaine sujétion et en terrorisant les États arabo-musulmans qui seraient tentés de lui résister. Mais il y a d'autres enjeux plus importants : notamment celui qui consiste à maintenir l'Europe dans un sentiment de culpabilité lui interdisant toute velléité d'indépendance, et de conscience "impériale" (à ne pas confondre avec l'impérialisme) qui lui ferait creuser la timide fracture euro-atlantiste, se dégager de l'OTAN et de la tutelle deWashington, et contribuer de façon autonome à la reconstruction d'un nouvel ordre mondial multipolaire...
Pierre Nora est à la fois un souverainiste bon teint et un atlantiste convaincu. Il n'a pas la vocation d'un Soljenitsyne de l'Occident. En tentant de légitimer de son aura d'intellectuel de la République le conditionnement "occidentiste" de l'interprétation historique, il fait acte d'allégeance envers l'idéologie dominante. Mais l'Histoire nous enseigne que les Inquisitions et les polices de la pensée finissent toujours par succomber.
Yves Argoaz
*
Dominique de Villepin : Attention à l'Obamanie : la France et l'Europe doivent rester indépendantes, ne réinventons pas l'atlantisme ! Obama, appuyé par les lobbies financiers fera une politique étasunienne, comme ses prédécesseurs.
Extraits
d'un entretien au Journal
du dimanche, 1/11/2008 :
" Individuellement, il force le respect. Il ressemble à cette Amérique que nous avons tant aimée, celle des valeurs démocratiques, du GI de la Seconde Guerre mondiale, et l'optimisme du rêve américain... Mais ce rêve n'existe plus. [...]
Attention à la théâtralisation, à l'idéalisation d'un homme providentiel. Obama porte un espoir, mais aussi des incertitudes. Il développe des thèmes sociaux qui renvoient à Roosevelt. Mais il est aussi choisi par des lobbies financiers: la moitié du financement d'Obama vient des grands groupes, de dollars venus de Goldman Sachs...
D'un point de vue français et européen, il faut être indépendant. Relisons Bakounine: nous sommes nos propres maîtres! Ce sentiment que le candidat démocrate est le candidat de la planète peut introduire une confusion. Obama est séduisant, mais n'allons pas réinventer l'atlantisme s'il était élu! L'Amérique n'est plus le centre de l'Occident qui n'est plus le centre du monde. Obama, comme McCain, défendra les intérêts de son pays, qui ne seront pas exactement les nôtres."*
Une femme libre, Anne-Marie Le Pourhiet critique courageusement le "gouvernement des esprits"
par les lois mémorielles scélérates qui donnent le pouvoir à des administrations orwelliennes comme la
HALDE ou à toutes sortes de lobbies narcissiques en légitimant la pénalisation abusive des délits d'opinion
désignés sous le terme de révisionnisme ou négationnisme : on peut l'entendre ici
Anne-Marie
Le Pourhiet est juriste, docteur en droit, professeur
agrégé de droit
public à l'Université Rennes 1,
vice-présidente de l'Association
française de droit constitutionnel (AFDC) et de la
Société des
professeurs des facultés de droit (SPFD), membre
suppléante
du Conseil
national de l'enseignement supérieur et de la recherche
(CNESER).
« Beaucoup de parlementaires sont devenus des représentants, peut-être moins de la nation que des lobbies en tout genre, tirant la couverture publique vers leurs intérêts catégoriels.
La lecture des débats et des documents publics fait frémir tant la novlangue et le totalitarisme orwellien s'y répandent, en particulier la lecture de la loi de 2004 créant la HALDE et réprimant les propos prétendument sexistes, homophobes, ou handiphobes est de ce point de vue assez terrifiante, c'est un lavage de cerveaux, une obsession purgative et répressive »Je dis toujours que le culturalisme est à l'esprit ce que le culturisme est au corps : une gonflette narcissique fortement antipathique. A donner raison à tous ces groupes conflictuels qui cultivent ce qui sépare au lieu de cultiver ce qui unit, le législateur à mon avis n'apaise rien du tout, au contraire, il excite la détestation réciproque et propage la zizanie dans la société »
« J'ai été choquée par une expression, celle de « politique de la mémoire » ; je trouve cette expression parfaitement orwellienne et elle évoque le lavage de cerveau.. on se demande à quand la création d'un « ministère de la mémoire » ! arrêtez vous, mesdames et messieurs les députés, on va trop loin dans la manipulation des mémoires et de nos cerveaux ! »
« Le plus grave, c'est la question de la violation de la liberté, par des lois à caractère pénal qui sont ainsi votées, c'est bien sûr l'atteinte à la liberté d'expression, et la liberté de presse en général.
Pour moi
les délits de négation ou de minimisation de ces
actes sont des délits
d'opinion, inacceptables en démocratie libérale..
de ce point de vue je
reste comme beaucoup de juristes et d'historiens absolument hostile
à
ce type de délit ; il n'y a pas de
bonnes lois mémorielles,
pour moi elles sont toutes mauvaises , le parlement doit rester
à sa
place s'abstenir de gouverner nos mémoires et nos cerveaux ! »
10
octobre 2008, lu sur le Réseau
Voltaire, http://www.voltairenet.org/article158268.html#article158268
:
Ban Ki Moon
aurait placé les forces de l’ONU au service de
l’OTAN
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Flagrants délits En
bref, une image révélatrice, un fait marquant ou
une déclaration décalée.
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Au moment où l'autoproclamée "Cour Pénale Internationale" accuse le président soudanais de génocide, il est temps de remettre les choses en perspective et de poser la question : qu'est-ce qui motive véritablement l'ingérence occidentale dans cette région du monde ?
La campagne « Sauver le Darfour » est une vulgaire arnaque
Bruce Dixon
bruce.dixon@blackagendareport.com
Titre
original : "Save
Darfur" Campaign is a PR Scam
Global Research
12/12/2007
Traduit par Jean-Marie Flémal
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Dix raisons expliquant pourquoi « Sauver le Darfour
» est une arnaque
de relations publiques destinée à justifier les
prochaines guerres
américaines pour le pétrole et les
matières premières en Afrique.
Les clameurs constellées d'étoiles du type « Sauver le Darfour » et « Faites cesser le génocide » ont suscité beaucoup de tirage parmi les médias américains et ont bénéficié en même temps du soutien des deux partis au Congrès et de celui de la Maison-Blanche. Mais le Congo, avec dix ou vingt fois plus d'Africains tués dans la même période, n'a pas droit à l'appellation de « génocide » et il passe quasiment inaperçu. Le Soudan s'étend au-dessus d'immenses lacs de pétrole. Il dispose de vastes gisements d'uranium et d'autres minerais, d'importantes réserves d'eau et il occupe une position stratégique à proximité d'autres gisements pétroliers et ressources naturelles en Afrique. Il est une question qu'on ne pose pas : Le gratin républicain et démocrate de notre politique étrangère ne se sert-il pas des plaintes pour génocide et des appels en faveur d'une « intervention humanitaire » pour faciliter la voie vers les prochaines guerres pour le pétrole et les ressources naturelles du continent africain ? La fabrication régulière et l'entretien constant de fausses réalités au service de l'Empire américain est l'une des fonctions premières de la profession des relations publiques et des médias traditionnels. Quant à savoir si, oui ou non, les infos sont bidon lorsqu'elles parlent de remèdes miracles, qu'elles expliquent comment des substances chimiques toxiques sont bonnes pour votre santé, que des présentateurs et des journalistes achetés discourent à propos des bénéfices de l'opération contre l'enfance abandonnée, que des stars holywoodiennes prônent l'intervention militaire pour sauver des orphelins américains ou que d'habiles campagnes de propagande recourent à de néfastes techniques de marketing pour tendre la main aux étudiants des collèges, aux internautes, aux églises et aux citoyens ordinaires, une chose est certaine, il est des plus utiles d'examiner soigneusement ce que dissimulent toutes ces façades. Parmi les toutes dernières réalités falsifiées qu'on a mises sous le nez des citoyens américains figurent les images simplistes des noirs face au génocide arabe au Darfour et la solution qu'on a proposée : une robuste intervention militaire soutenue et dirigée par les États-Unis au Soudan occidental. Il convient d'accorder une attention croissante au lobby et à la coalition soutenant « Sauver le Darfour », à ses fondateurs, ses finances, ses méthodes et motivations et sa crédibilité. Dans l'intention de favoriser cet examen, nous présentons ici dix raisons de soupçonner que la campagne « Sauver le Darfour » est une arnaque de relations publiques destinée à justifier une intervention américaine en Afrique. 1. Ce ne serait pas le premier gros mensonge que notre gouvernement et la crème de nos médias nous racontent pour justifier une guerre. Les plus âgés d'entre nous se souviendront sans doute de l'incident du golfe du Tonkin, délibérément provoqué par le gouvernement américain pour justifier le déclenchement de la guerre du Vietnam. Ce prétexte fut suivi rapidement par le besoin d'aider la toute jeune « démocratie » en lutte au Sud-Vietnam, ainsi que par l'absurde slogan toujours très utile : « Combattez-les là-bas afin que nous n'ayons pas à le faire ici ». Plus récemment, des gens payés avec les deniers publics ont diversement expliqué les bombardements, l'invasion et l'occupation de l'Afghanistan et de l'Irak, les qualifiant de nécessaires parce qu'il fallait « avoir Bin Laden » afin de venger le 11 septembre et qu'il fallait prendre des mesures afin d'ôter les « armes les plus dangereuses au monde » des mains des « régimes les plus dangereux du monde ». En outre, ces mesures devaient donner à la « démocratie » irakienne en lutte la possibilité de se tenir sur ses deux pieds et elles étaient donc nécessaires, parce qu'il valait encore mieux « les combattre là-bas plutôt que d'avoir à le faire ici ». 2. Ce ne serait même pas la première fois que le gouvernement américain et la crème des médias emploient la « prévention du génocide » pour justifier une intervention militaire dans une région riche en pétrole. En 1995, l'intervention militaire des États-Unis et de l'Otan dans l'ancienne Yougoslavie était prétendument une opération de « maintien de la paix » visant à arrêter un génocide. Le résultat durable de cette campagne est Camp Bondsteel, l'une des plus grandes bases militaires de la planète. Les États-Unis sont pratiquement le seul pays au monde à maintenir des bases militaires à l'extérieur de ses propres frontières. D'une superficie de presque quatre cents hectares, Camp Bondsteel assure à l'armée américaine la capacité de positionner à l'avance d'importantes quantités d'équipement et de matériel capables d'atteindre les gisements pétroliers de la mer Caspienne, les itinéraires des oléoducs et les importants couloirs maritimes de cette zone du monde. Bien des gens croient également que c'est le site de l'une des prisons secrètes et autres centres de torture des États-Unis. 3. Si mettre un terme au génocide en Afrique était réellement à l'ordre du jour, pourquoi se focaliser sur le Soudan, avec de 200.000 à 400.000 morts, plutôt que sur le Congo, avec cinq millions de morts ? « La notion prétendant que la mort d'un quart de million d'habitants du Darfour constitue un génocide et que celle de cinq millions de Congolais n'en est pas un est immorale et absurde », déclare la militante congolaise Nita Evele. «Ce qui s'est passé – et se produit toujours – au Congo n'a rien d'un conflit tribal ni d'une guerre civile. C'est une invasion. C'est un génocide avec un tribut de cinq millions de vies humaines, soit vingt fois plus qu'au Darfour, et il a été lancé dans le but de piller les richesses minérales et naturelles du Congo. » Plus que tout, l'application sélective et cynique du terme « génocide » au Soudan, plutôt qu'au Congo où de dix à vingt fois plus d'Africains ont été massacrés, révèle la profondeur de l'hypocrisie qui entoure le mouvement « Sauver le Darfour ». Au Congo, où des gangsters, des mercenaires et des seigneurs de guerre locaux prêtent main-forte à des armées d'invasion venues de l'Ouganda, du Rwanda, du Burundi et de l'Angola pour se lancer dans des massacres, des viols collectifs et le dépeuplement de la région à une échelle qui écrase tout ce qui se passe au Soudan, tous ces acteurs rivalisent frénétiquement pour assurer que se poursuivent sans dérangement l'extraction du coltan, vital pour les ordinateurs et téléphones cellulaires de l'Occident, l'exportation de l'uranium pour les réacteurs et armes nucléaires de l'Occident et le pillage des diamants, de l'or, du cuivre, du bois et des autres ressources congolaises. L'ancien ambassadeur des États-Unis Andrew Young et George H.W. Bush (le père) font tous deux partie du Conseil d'administration de Barrick Gold, l'un des plus importants et actifs groupes miniers opérant dans un Congo déchiré par la guerre. Il est bien évident qu'au vu de l'afflux vers l'Occident des bénéfices réalisés dans l'extraction brutale des richesses congolaises, aucun « génocide » congolais ne vaut la peine qu'on le mentionne et, surtout, qu'on s'en mêle. En ce qui concerne leurs objectifs, les planificateurs stratégiques américains peuvent considérer leur modèle congolais comme le moyen idéal de s'emparer des richesses africaines à un coût minimal et sans devoir se soucier d'une présence militaire officielle des États-Unis sur le terrain. 4. Tout tourne autour du pétrole soudanais. ![]() (Source : USAID) Le Soudan et, plus particulièrement la région du Darfour, s'étend sur un immense lac de pétrole. Mais les gisements de pétrole soudanais ne sont pas mis en valeur et exploités par Exxon, Chevron ou British Petroleum. Ce sont des banques, des compagnies pétrolières et des sociétés de construction chinoises qui font les prêts, opèrent les forages, posent les oléoducs pour envoyer le pétrole soudanais là où elles veulent qu'il aille et prennent bien trop de décisions dans un 21e siècle où les États-Unis aspirent au contrôle absolu des ressources planétaires en énergie. Aux yeux des planificateurs américains, une intervention de l'US Army et de l'Otan devrait résoudre ce problème. 5. Tout tourne autour de l'uranium, de la gomme arabique et des autres ressources naturelles qui font la richesse du Soudan. L'uranium est vital pour l'industrie des armes atomiques et il est un combustible essentiel pour les réacteurs nucléaires. Le Soudan possède des gisements d'uranium de haute qualité. La gomme arabique est un ingrédient essentiel des produits pharmaceutiques, des bonbons et des boissons du type Coca-Cola et Pepsi, et les exportations soudanaises de cette marchandise constituent 80 % de son volume mondial. En 1997, lorsque le gouvernement américain a envisagé des sanctions écrasantes contre le Soudan, les groupes de pression de l'industrie se sont dressés pour obtenir des exemptions qui permettraient de garantir leurs approvisionnements en cette précieuse marchandise soudanaise. Mais une présence militaire des États-Unis et de l'Otan à l'intérieur même de ce pays constitue une garantie plus sûre de ce que l'extraction des ressources soudanaises, à l'instar de celles du Congo, puisse affluer vers les États-Unis et l'Union européenne. 6. Tout tourne autour de la position stratégique du Soudan. Le Soudan est situé en face de l'Arabie saoudite et des États du Golfe, où se trouve, pour les quelques années à venir, une part importante du pétrole mondial facilement exploité. Le Darfour a des frontières communes avec la Libye et le Tchad, qui ont leurs propres ressources pétrolières importantes ; il est à distance de frappe de l'Afrique occidentale et centrale et, de plus, sa position fait qu'il est susceptible d'accueillir un oléoduc. Le Nil traverse le Soudan avant d'entrer en Égypte et la partie sud du Soudan dispose aussi de ressources hydrographiques d'une grande importance régionale. Avec la création d'Africom, le nouveau commandement militaire américain pour le continent africain, les États-Unis ont dévoilé ouvertement et explicitement leurs intentions de poser une empreinte stratégique sur le continent. À partir de bases soudanaises permanentes, l'armée américaine pourrait influencer la politique et l'économie de l'Afrique pour la génération à venir. 7. Les fondateurs du mouvement « Sauver le Darfour » et les personnes qui soutiennent ce mouvement ont de puissantes relations et ne manquent pas de fonds, puisqu'il s'agit dans les deux cas de gens du gratin de la politique étrangère américaine. Selon une histoire parue cet été dans le Washington Post et dont les droits sont réservés, la coalition « 'Sauver le Darfour' a été créée en 2005 par deux groupes inquiets à propos du génocide dans ce pays africain – l'American Jewish World Service et le Musée américain du Mémorial de l'Holocauste (…) La coalition possède une équipe de 30 personnes spécialisées en politique et en relations publiques. Son budget pour le dernier exercice fiscal était de 15 millions de dollars (…) 'Sauver le Darfour' ne souhaite pas révéler combien elle a dépensé exactement pour ses publicités qui, cette semaine, ont tenté de couvrir de honte la Chine, le pays d'accueil des JO de 2008, afin qu'elle réduise son aide au Soudan. Mais une porte-parole de la coalition a parlé d'un montant se chiffrant en millions de dollars ». Bien que la campagne de relations publiques de « sauver le Darfour » emploie des techniques de marketing particulièrement efficaces en faisant appel aux étudiants des collèges et même à des internautes noirs, elle ne constitue pas un phénomène émanant de la base, comme l'était le mouvement luttant contre l'apartheid et soutenant les mouvements de libération africains en Afrique du Sud, en Namibie, en Angola et au Mozambique voici une génération. Fortement alourdi de chrétiens évangéliques qui annoncent la fin du monde avec la prochaine guerre et d'éléments bien connus pour leur soutien inconditionnel à l'implantation d'Israël au Moyen-Orient, le mouvement « Sauver le Darfour » est on ne peut plus clairement un phénomène monté par l'establishment, une campagne de propagande qui dépense des millions de dollars chaque mois pour fabriquer le consentement à une intervention militaire américaine en Afrique sous le prétexte de vouloir faire cesser ou empêcher un génocide. 8. Pas un centime des fonds levés par la Coalition « Sauver le Darfour », le navire amiral du mouvement, n'est consacré à aider les Africains nécessiteux du Darfour même, affirment des articles publiés à la fois dans le Washington Post et le New York Times. « Pas un centime des fonds collectés par 'Sauver le Darfour' n'est destiné à aider les victimes et leurs familles. En lieu et place, la coalition dépense ses deniers à tenter de convaincre avant tout les gouvernements à agir. » 9. Les partisans américains de « Sauver le Darfour » ne sont pas intéressés par d'éventuelles négociations politiques qui pourraient mettre un terme à la guerre au Darfour. À plusieurs reprises, le président Bush a tenté ouvertement de saboter les pourparlers de paix visant à mettre fin à la guerre au Darfour. Même des universitaires partisans d'une intervention et des organisations humanitaires actives sur le terrain ont critiqué les États-Unis parce qu'ils mettaient en danger le personnel de l'aide humanitaire et parce qu'ils poussent avec succès les clans rebelles du Darfour à refuser les pourparlers de paix et à proposer eux-mêmes une intervention des États-Unis et de l'Otan. Cette campagne de relations publiques, très habile, richement financée et progressant sans à-coups dépeint de façon simpliste le conflit comme étant strictement une affaire raciale dans laquelle les Arabes, généralement méprisés de toute façon dans les médias américains, exterminent la population noire du Soudan. Dans le monde imaginaire qu'elle crée, il n'y a pas de place pour des négociations. Mais, en fait, un grand nombre de ces « Arabes » soudanais – et même les Janjawids – sont noirs également. En tout cas, ils ont été armés et excités par un gouvernement qui a le pouvoir de les désarmer s'il le veut et qui a également le pouvoir de négocier de bonne foi s'il le veut. Des négociations ne garantissent jamais rien, mais un refus de participer à des négociations – puisqu'il s'avère que les États-Unis poussent les rebelles au Darfour à le faire et que la campagne de relations publiques « Sauver le Darfour » justifie la chose – évite toute voie vers un arrangement politique entre Soudanais et ne laisse ouverte que celle de l'intervention militaire des États-Unis et de l'Otan. 10. La firme Blackwater et les autres firmes américaines de mercenaires, qui sont les ailes armées non officielles du parti républicain et du Pentagone, proposent avec impatience leurs services comme faisant partie de la solution dans la crise du Darfour. « Chris Taylor, responsable de la stratégie chez Blackwater, affirme que sa société détient une banque de données reprenant les noms de milliers d'anciens policiers et militaires prêts pour des missions de sécurité. Il affirme en outre que le personnel de Blackwater pourrait établir des périmètres de sécurité et garder les villages et camps de réfugiés du Darfour dans le cadre de missions de soutien aux Nations unies. Les responsables de Blackwater disent qu'il ne faudrait pas trop d'effectifs pour contrer les Janjawids, une milice soutenue par le gouvernement soudanais et qui attaque les villages à dos de chameaux. » Apparemment, Blackwater n'a pas besoin de se rendre au Congo, où la faim et la malnutrition, le dépeuplement, les viols de masse et la disparition des écoles, des hôpitaux et de la société civile dans de vastes zones sans lois dirigées par une bande sans cesse changeante de tueurs à gages africains (tel le fils du non regretté Idi Amin), le tout sous le voile d'un silence médiatique complice, constituent déjà le parfait environnement propice aux affaires et permettant de pomper à fond et à ridiculement peu de frais les immenses richesses de ce pays. Dans ces vastes régions d'Afrique cataloguées comme « espaces non gouvernés » par les planificateurs stratégiques américains, cherchez vous-mêmes des endroits où l'on pourrait adopter ce modèle congolais. Ne vous attendez toutefois pas à en apprendre davantage dans votre quotidien du soir ni à en savoir plus à leur sujet par la bouche d'Oprah, de George Clooney ou d'Angelina Jolie. http://blackagendareport.com> – 27 janvier 2007 |
Par,
Fausto Giudice*
Jean-Michel
Vernochet* : Dans
quelques jours, Israël sera admis comme
partenaire privilégié de l'Union
européenne sans
que les peuples d'Europe aient été
consultés, ni
même avertis d'une décision aussi lourde de
conséquences pour leur avenir.

Là, « des chirurgiens prélevaient leurs organes. Ces organes étaient ensuite envoyés depuis l’aéroport de Tirana vers des cliniques à l’étranger pour être implantés sur des patients qui payaient », écrit Carla del Ponte. « leurs bourreaux n’hésitaient pas à aller plus loin. Les victimes privées d’un rein étaient de nouveau enfermées dans une baraque jusqu’au moment où elles étaient tuées pour d’autres organes ».
Ni la Commission qui a tant oeuvré pour l’indépendance du Kosovo, ni Mr. Solana qui s’est entretenu le 19 février dernier avec Hashim Thaçi, impliqué par Mme Del Ponte, n’ont réagi face à ce scandale. Pas un mot. Aujourd’hui, la Commission « se félicite de l’adoption définitive de la directive Qualité de l’air ». Sinistre téléscopage.
Comme pour les vols secrets de la CIA, autorisés par M. BARROSO quand il était 1er ministre portugais, comme pour le camp U.S. Bondsteel, véritable Guantanamo européen et raison majeure pour reconnaître l’indépendance de la province, la Commission est muette, tout juste se borne t-elle à quelques déclarations de pure forme, jamais suivies d’effet (M. Franco Frantini qui a promis de faire toute la lumière sur les vol de la CIA ne va tout de même pas mettre en difficulté son "propre" Président...)
Comme dans le roman de George Orwell, les médias attisent les haines sur la dictature d’en face (actuellement la Chine, avec laquelle on se garde bien de remettre en cause nos relations commerciales) mais oublient de donner à ces informations l’importance qu’elles méritent.
Il nous faut donc intégrer que les envolées lyriques sur les fondements démocratiques et humanistes de la "construction européenne" qui s’accommodent si bien de fréquenter ces trafiquants de chair humaine ne sont que de la poudre aux yeux. [...]" Les Allemands sont devenus un peuple d'ilotes sans identité propre "
zur Zeit ( n°47/2007) , Vienne
Propos recueillis par Dimitrij Grieb
extraits
Q. : Vous considérez que le peuple allemand est devenu un peuple d’ilotes. Que devons-nous entendre par là ?*

Remise en cause de l’obligation du référendum pour l’adhésion turque : Nicolas Sarkozy a trompé les Français sur toute la ligne !
L’avant-projet de loi sur la réforme des institutions remet en cause l’obligation du référendum pour l’adhésion à l’Union européenne de nouveaux membres.
Après avoir refusé une indispensable consultation populaire sur la Constitution-bis signée jeudi dernier à Lisbonne, Nicolas Sarkozy récidive en faisant cette fois sauter la seule garantie qu’avaient les Français que les négociations ouvertes avec Ankara ne doivent pas aboutir à une adhésion automatique.
Après l’ouverture à deux reprises de chapitres supplémentaires de négociation avec la Turquie, la preuve est ainsi faite que le président de la République a trompé nos concitoyens sur toute la ligne : son opposition à l’adhésion turque n’est qu’une posture.
Tout doit donc être fait pour empêcher cette révision institutionnelle et les parlementaires de l’UMP portent désormais une responsabilité écrasante devant les Français.
Nicolas DUPONT-AIGNAN Député DLR de l’Essonne Président de Debout la République
L'Organisation
du traité de l'Atlantique
Nord (OTAN) a choisi l'aéroport d'une ville de
l'ouest de la Hongrie comme base pour ses transports aériens
stratégiques, a informé lundi le quotidien
national Nepszabadsag.
L'alliance militaire a décidé vendredi de privilégier la ville hongroise de Pápa, face à celles de Ramstein en Allemagne et de Constanta en Roumanie, a dit le ministre de la Défense Imre Szekeres à la presse, dimanche, à Pápa.
Dans cette base de Pápa, l'OTAN devrait stationner 4 avions de transport Boeing C-17 Globemaster III, un appareil stratégique permettant de transporter 77 tonnes de marchandises sur 4 450 km.
Le
premier avion devrait atterrir à Pápa
fin 2008, et les autres arriveront en 2009.
Cet
appareil aura un rôle central dans le transport des troupes
tournantes
de l'OTAN déployées en Irak et en Afghanistan, et
dans le soutien logistique.
Les C-17s seront accompagnés de 200 soldats de plus de 17 nations et d'une équipe de mécaniciens de Boeing.
Source du texte : PORTFOLIO.HU
| "Pourquoi et
comment j'ai financé Ben Laden en Afghanistan"
Zbigniew Brzezinski |
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| http://www.michelcollon.info/ |
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Le 15 janvier 1998, Zbigniew Brzezinski est interviewé par Le Nouvel
Observateur. Cet homme a dirigé la politique
étrangère des USA sous
Carter. C'est lui qui a financé et utilisé Ben
Laden pour abattre un
régime progressiste qui avait accompli une
réforme agraire et émancipé
les femmes.
Brzezinski le reconnaît ici. Pire, il en est fier. Eclairant... Il tord le cou au mythe qui va suivre : c'est bien la CIA qui a piégé l'URSS pour l'attirer en Afghanistan. |
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“Oui, la
CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes...”
Le Nouvel Observateur. — L'ancien directeur de la CIA Robert Gates l'affirme dans ses Mémoires (1) : les services secrets américains ont commencé à aider les moudjahidine afghans six mois avant l'intervention soviétique. A l'époque, vous étiez le conseiller du président Carter pour les affaires de sécurité ; vous avez donc joué un rôle clé dans cette affaire. Vous confirmez? Zbigniew Brzezinski (2). — Oui. Selon la version officielle de l'histoire, l'aide de la CIA aux moudjahidine a débuté courant 1980, c'est-à-dire après que l'armée soviétique eut envahi l'Afghanistan, le 24 décembre 1979. Mais la réalité, gardée secrète jusqu'à présent, est tout autre : c'est en effet le 3 juillet 1979 que le président Carter a signé la première directive sur l'assistance clandestine aux opposants du régime prosoviétique de Kaboul. Et ce jour-là, j'ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquais qu'à mon avis cette aide allait entraîner une intervention militaire des Soviétiques. N. O. — Malgré ce risque, vous étiez partisan de cette “covert action” [opération clandestine]. Mais peut-être même souhaitiez-vous cette entrée en guerre des Soviétiques et cherchiez-vous à la provoquer? Z. Brzezinski. — Ce n'est pas tout à fait cela. Nous n'avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous avons sciemment augmenté la probabilité qu'ils le fassent. N. O. — Lorsque les Soviétiques ont justifié leur intervention en affirmant qu'ils entendaient lutter contre une ingérence secrète des Etats-Unis en Afghanistan, personne ne les a crus. Pourtant, il y avait un fond de vérité... Vous ne regrettez rien aujourd'hui? Z. Brzezinski. — Regretter quoi? Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d'attirer les Russes dans le piège afghan et vous voulez que je le regrette ? Le jour où les Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j'ai écrit au président Carter, en substance : “Nous avons maintenant l'occasion de donner à l'URSS sa guerre du Vietnam.” De fait, Moscou a dû mener pendant presque dix ans une guerre insupportable pour le régime, un conflit qui a entraîné la démoralisation et finalement l'éclatement de l'empire soviétique. N. O. — Vous ne regrettez pas non plus d'avoir favorisé l'intégrisme islamiste, d'avoir donné des armes, des conseils à de futurs terroristes? Z. Brzezinski. — Qu'est-ce qui est le plus important au regard de l'histoire du monde? Les talibans ou la chute de l'empire soviétique? Quelques excités islamistes ou la libération de l'Europe centrale et la fin de la guerre froide? N. O. — “Quelques excités”? Mais on le dit et on le répète: le fondamentalisme islamique représente aujourd'hui une menace mondiale. Z. Brzezinski. — Sottises! Il faudrait, dit-on, que l'Occident ait une politique globale à l'égard de l'islamisme. C'est stupide: il n'y a pas d'islamisme global. Regardons l'islam de manière rationnelle et non démagogique ou émotionnelle. C'est la première religion du monde avec 1,5 milliard de fidèles. Mais qu'y a-t-il de commun entre l'Arabie Saoudite fondamentaliste, le Maroc modéré, le Pakistan militariste, l'Egypte pro-occidentale ou l'Asie centrale sécularisée? Rien de plus que ce qui unit les pays de la chrétienté...
Propos recueillis par Vincent Jauvert
(1) From
the Shadows, par Robert Gates, Simon and Schuster. (2) Zbigniew Brzezinski a publié Le Grand Echiquier, Bayard Editions, 1997 Voir aussi sur le site de Michel Collon : Brzezinski : Comment dominer le monde http://www.michelcollon.info/display.php?image=img/livres/Monopoly_Kosovo/106_zbigniew_brzezinski_dominer_monde.jpg |
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7 aout 2007![]() |
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Belgrade n'échangera pas l'indépendance du Kosovo contre son adhésion à l'UE (diplomate serbe) |
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MOSCOU, 7 août 2007- RIA Novosti.
Belgrade n'acceptera pas l'indépendance du Kosovo et Metohija en échange de l'adhésion à l'UE, a déclaré à RIA Novosti lundi l'ambassadeur serbe à Moscou, Stanimir Vukicevic.
"Je peux affirmer en toute certitude qu'il n'y aura pas de marchandage: l'adhésion de la Serbie à l'Union européenne ne sera pas achetée par l'indépendance du Kosovo", a-t-il indiqué.
La Serbie est en train de mener des négociations avec l'UE en vue d'intégrer l'Europe unie, a rappelé le diplomate. Par ailleurs, il a souligné que la décision sur le statut du Kosovo devait être trouvée sur la base d'accords et d'un compromis dans le cadre du Conseil de sécurité de l'ONU.
La province du Kosovo, qui reste formellement une partie du territoire serbe, a été placée sous la tutelle des Nations unies en 1999. Conformément au Plan de Martti Ahtisaari prévoyant son indépendance surveillée, le contrôle de la province devrait passer à l'UE.
Ce passage est cependant impossible sans une résolution appropriée du Conseil de sécurité de l'ONU, estime M. Vukicevic, qui juge toutefois nécessaire la présence de missions administrative et militaire des Nations unies dans cette région instable.
Le Conseil de sécurité de l'ONU n'ayant pas réussi à adopter une résolution concertée sur le statut du Kosovo, cette question a été soumise au Groupe de contact spécialement créé à cet effet, qui regroupe des représentants de la Russie, de l'Union européenne et des Etats-Unis.
| "Exit strategy" en Irak ? Une fausse guerre entre Bush et le Congrès. |
| Derrière leur opposition de façade, les Démocrates sont d'accord avec le président pour une politique d'occupation militaire usaméricaine ininterrompue au Moyen Orient et en Asie centrale |
| Lucio Manisco |
| Avec le vote à la Chambre des représentants du 23 mars et celui du Sénat quatre jours après, le Congrès des Etats-Unis à majorité démocrate aurait imposé au président Georges Bush le retrait des troupes d’Irak et alentours d’ici 2008, et ce retrait aurait été la condition sine qua non pour concéder au chef de l’exécutif les 124 milliards de dollars de financement de l’envoi de 21 mille ou 31 mille militaires de plus à Bagdad et à Anbar. Selon les rapports des correspondants des plus grands quotidiens italiens aux Usa, ceci aurait été un tournant décisif. |
|
Unestimmungsbrechung, une
rupture, un changement radical, de la guerre
à la paix, dans les humeurs de l’opinion publique
et de ses
représentants que le président, malgré
ses menaces de veto, ne pourra
pas ignorer.
Le problème des correspondants italiens dans la république étoilée est qu’ils ne lisent pas les textes des résolutions des deux chambres, les actes du Congrès, les déclarations des plus importants représentants démocrates. S’ils l’avaient fait, ils auraient écrit que la Chambre des représentants a approuvé l’affectation des 124 milliards de dollars, et que l’échéance indiquée pour le retrait partiel des troupes – le 1er septembre 2008 - pourra être évitée par le chef de l’exécutif par une simple note d’information au Congrès sur les progrès enregistrés dans les 17 prochains mois, et sur la nécessité d’allouer d’autres fonds nécessaires pour prolonger l’occupation de l’Irak. C’est Nancy Pelosi elle-même, nouveau leader démocrate de la Chambre, qui a donné des éclaircissements ultérieurs sur les tâches des forces US à « redéployer » en Irak dans le cas où Bush devrait faire sienne l’échéance indiquée : « Elles ne pourront être employées que pour des opérations d’anti-terro! risme, pour l’entraînement de l’armée irakienne, et pour la protection du personnel diplomatique ». Plus ou moins les mêmes tâches qu’a mentionnées Bush le 10 janvier quand il a décidé d’envoyer d’autres troupes. Plus générique encore et moins contraignante l’échéance de mars 2008, indiquée par le Sénat pour « redéployer » le corps expéditionnaire quand le refinancement de son augmentation numérique sera accompli. Le chef du groupe démocrate de la chambre haute, le sénateur Harry Reid, a assuré que les soldats ne seront de toutes façons pas rapatriés mais transférés en Afghanistan « pour combattre Al Quaeda ». Le sénateur Joe Biden, candidat aux présidentielles, a été plus précis : « La date de mars 2008 n’est que l’indication d’un objectif : il reviendra aux commandants sur le terrain de décider d’ici une année si cet objectif a été ou peut être atteint ». Il est particulièrement intéressant, toujours dans ce contexte, de jeter un coup d’œil aux actes du Congrès concernant les compte-rendus du bilan de la Défense qui, sans l’allocation supplétive des 134 milliards, se montait déjà à environ 500 milliards de dollars : des dizaines et dizaines de milliards seront dépensés pour compléter l’installation de 14 grandes bases en Irak, et le renforcement de la green zone dans la capitale, qui, en plus d’abriter la plus grande ambassade US du monde, défendra les ministères irakiens, et des douzaines de compagnies paramilitaires étasuniennes. Quatre de ces bases, avec piste d’atterrissage de quatre et cinq miles pour bombardiers stratégiques, occupent des aires de 25 kilomètres carrés : sur celle d’Anaconda, on est en train de terminer des logements pour 21 mille soldats ; celle de Camp Taji disposera d’un métro, de chaînes de Mc Do, Burger King et Pizza Hut ; un immense lac artificiel entourera Camp Victory avec des logements pour 14! mille militaires, hôtels et salles de conférence en béton armé. Toutes les bases en dehors de la green zone sont délocalisées loin des centres habités parce que la leçon de Ho Chi Minh a été apprise au prix fort : « Les américains ne peuvent être combattus que de près, en les empoignant par la ceinture ». Aucune exit strategy donc, mais, bien au contraire, les préparatifs alarmants d’une grande guerre moyen-orientale, et, simultanément, la tentative de façade d’un Congrès à majorité démocrate d’aller au devant de l’insatisfaction de l’opinion publique à l’égard d’un conflit sanglant et insensé, et de préparer ainsi la revanche sur les républicains aux prochaines élections présidentielles de l’année prochaine. www.luciomùanisco.com Edition de mercredi 4 avril 2007 de il manifesto http://www.ilmanifesto.it/Quotidioano-archivio/04-Aprile-2007/art16.html Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio Lucio Manisco est député au Parlement européen (Parti des Communistes italiens, groupe GUE/NGL) |
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Lundi 26 février 2007
Israël Shamir : Plaidoyer pour un nouvel empire d'Orient fondé sur l'union de la Russie et de la Turquie
« [...] Au lieu de lutter pour
conquérir le leadership en Eurasie, les Turcs,
les Slaves (et leurs voisins moins nombreux) pourraient unir leurs
forces et faire de Constantinople [« Istanbul »
n'est pas autre chose
qu'une lecture erronée de « Constantinople
»…] leur capitale commune et
le siège du gouvernement impérial.
Constantinople, cela pourrait être
notre réponse à Bruxelles, New York et
Pékin… Alors que la quête de
l'hégémonie, des siècles durant, en
Eurasie, a causé d'innombrables
guerres, une union satisferait les désirs de tous : les
Russes auront
Constantinople pour capitale, sans en déloger pour autant
les Turcs ;
les Turcs auront des routes d'approvisionnement vers la
Crimée et
Tachkent, et même vers les réserves
diamantifères perdues au fond de la
Yakoutie, cette contrée des Turcs Pravoslav [Orthodoxes,
ndt], sans
avoir à se battre contre un seul Russ e… Le
Moyen-Orient sera à nouveau
incorporé à l'Eurasie, comme il le fut longtemps
; il n'aura plus à
obtempérer à des ordres venus de Washington, de
Londres ou de
Bruxelles. Au lieu d'être un coin perdu, la Turquie deviendra
le lieu
de rendez-vous des habitants de Bagdad et de Kiev, de Belgrade et du
Caire, de Vladivostok et d'Ankara.
Levons
à nouveau l'aigle
bicéphale de Byzance, comme symbole de l'unité de
notre civilisation
orientale des orthodoxes et des musulmans, investissons nos dirigeants
de la double couronne du Calife de l'Islam et d'Empereur de
l'Orthodoxie, enterrons les nationalismes mesquins du récent
passé et
entamons une nouvelle page exaltante de notre histoire et de l'histoire
du monde ! Le Commonwealth de l'Orient reconstitué,
successeur légitime
des Empires orientaux romain, byzantin, russe et ottoman,
possèdera de
vastes richesses et de grandes ressources spirituelles, qui en feront
une superpuissance mondiale, aux côtés de l'Europe
unie, des Etats-Unis
et de la Chine. [...] »
Lundi 29 janvier 2007
Les derniers jours de la chrétienté en Europe ?
C'est un sondage de plus. Au milieu de toutes ces évaluations et spéculations électorales, il passe inaperçu. Pourtant, cette petite enquête de l'Institut CSA auprès de 2012 personnes, publiée dans Le Monde du 9 janvier 2007, est beaucoup plus significative que bien des courbes de tendances :
« Il n'y aurait plus aujourd'hui qu'un Français sur deux (51%) à se déclarer "catholique" » auxquels il convient d'ajouter les 4% de "chrétiens sans précision" « alors que les Français "sans religion" représentent désormais jusqu'à un tiers, ou presque (31%), de la population ».
L'accélération est brutale, car en 1994 encore - c'était hier -, alors que les sans religion représentaient déjà un relativement gros bataillon pour la fille aînée de l'Église avec 23% de l'échantillon, ils avaient encore, face à eux plus de deux tiers de catholiques déclarés (67%).
Et d'après un autre sondage, publié au même moment par Le Monde des religions, parmi les catholiques ou chrétiens déclarés, très peu sont des pratiquants du culte : plus de la moitié ne vont jamais à la messe. Seul un petit tiers s'y rend occasionnellement, pour un mariage, un baptême ou une fête. Seulement 8% y vont tous les dimanche alors qu'ils étaient encore 13% en 1988, 25% en 1968 et 37% en 1948.
Plus étonnant encore : le fait que seuls 52% des catholiques jugent "certaine" ou "probable" l'existence de Dieu, et qu'une infime minorité (8%), adhère à la croyance en un Dieu personnel, dogme fondamental du christianisme, alors que la plupart des croyants (79%) se réfèrent à une "force, énergie ou esprit". Cet agnosticisme vitaliste ne manque pas de rappeler certaines conceptions païennes du monde .
Les seules superstitions - au sens de croyances survivantes - sont la croyance au diable (33%), aux miracles (64%), et à l'idée que la mort n'est pas "l'étape ultime" (74%). Ici aussi, force est de constater que ces "catholiques" se rapprochent sensiblement de choix philosophiques très anciens, partagés avec d'autres obédiences.
Par ailleurs, environ 80% de l'échantillon se déclare, à l'encontre de Rome, en faveur du mariage des prêtres et de l'ordination de prêtresses.
En regard de ce recul très net du catholicisme, on notera que le nombre des protestants déclarés reste stable à 3% , de même que celui des juifs, alors que le nombre des musulmans passe de 2 à 4%, chiffre imputable en partie à l'immigration soutenue de populations non-européennes.
L'appartenance à une Église (qui recueille 76% d'opinion favorable parmi les catholiques, démontre toutefois que le catholicisme contemporain, à défaut d'être une vocation spirituelle, reste, au même titre que les religions minoritaires pour les publics concernés, un marqueur identitaire pour une partie substantielle de la population française.
Que peut-t-on penser d'une telle évolution d'un point de vue européiste ? Selon la perspective, on pourra la déplorer en y voyant le signe indiscutable d'un vide spirituel croissant et d'une progression des valeurs matérialistes et individualistes. Mais on peut aussi y déceler l'opportunité de "remettre les compteurs à zéro", de laisser se refermer tranquillement la parenthèse chrétienne et de saisir cette occasion pour renouer avec les splendides "valeurs", esthétiques, sensuelles et politiques qui avaient été délibérément écartées, réprimées par le christianisme de la Réforme et de la contre-Réforme dont les longs siècles d'Inquisition nous ont laissé un goût amer.
Tout un programme de réflexion et de recherche s'impose désormais, afin d'enrichir notre laïcité désenchantée avec les immenses trésors du patrimoine philosophique et religieux, au sens large, d'une culture européenne qui n'aurait plus peur, enfin, de se reconnaître elle-même, de s'assumer dans son intégralité.
Yves Argoaz Voir aussi l'article de Jacques Marlaud La religion de l'Europe n'est pas encore faite *
Dantec et la posture du renégat par Serge Rivron (extraits)
«...Mais revenons à
Dantec,
parce que lui il y est revenu, à nous asséner sa
posture de renégat. [...]
Il faut
lui reconnaître un
talent à Dantec : il sait pousser le bouchon trop loin.
C'est plutôt
réjouissant, dans ce moment des hommes où la
provoc est devenue un préalable à
l'existence publique à tel point qu'on finira tous peu ou
prou par se faire un
devoir de dénoncer tous les matins le camp qu'on a
installé soi-même la veille
au soir. Il en faut des tonnes pour qu'on frémisse un tant
soit peu, on se
surprend presque nulle part. On est tellement baigné partout
de consensus qu’il
devient consensuel même d'abominer le consensus. Pour Dantec
c'est rupture
totale qu'il faut viser, point barre. Plus se faire chier avec aucune
prévenance. Son article s'appelle "Total-Chirak" et c'est ni
plus ni
moins qu'un appel à la guerre contre les "francoboches"
européens.
"La civilisation européenne ne vaut pas la disparition d'un
seul clébard
de New-York City", qu'il conclut. Ça c'est envoyé
!
Moi, je m'en fous qu'il insulte le pacifisme
bêlant, et
Kouchner (dont j'ai cru comprendre qu'il était d'ailleurs
plutôt favorable à
cette guerre, d'ailleurs) et Chirac, et qui il veut, du reste. Qu'il se
passe
des formes convenues et de pas mal d'hypocrisies trouillasseuses pour
insulter
les "républiques-Banania" qui siègent
à l'ONU. Même qu'il se sente
transi d'admiration néo-pragmatique pour la technologie de
l'industrie
aéro-militaire US, dont je vois juste pas bien qu'elle doive
fonder l'espérance
de l'humanité, mais bof.
Ce que je regrette, et qui m'exaspère, c'est la
méthode
foutoir, la mauvaise foi totale polémique qui sonne
bizarrement comme une
revanche, à ce stade, même plus du
dépit ni de l'amertume. C'est effectivement
le côté renégat, cette posture
tellement séduisante et puérile de renier ses
racines. En disant n'importe quoi, en souhaitant voir l'histoire
soumise aux
dictats d'une société américaine qui
n'aurait dû ses quelques tares
(consumérisme effréné ? colonialisme
de l'argent ? Dantec ne déplore que la
démocratie) qu'à la "contamination des nihilismes
rances" de la
vieille Europe. Pour le néo-capitaliste Dantec, le choix de
la guerre est
politiquement admirable et éthiquement courageux, la
position du "camp
franco-boche" n'est pas un choix, c'est une provocation
anti-américaine.
Voire, mais c'est un brin simpliste. Dantec qui en veut tellement
à l'Europe de
ne pas soutenir totalement les Américains sur le coup en
s'engageant
physiquement à leur côté, rappelle
lui-même (mais il est vrai dans un contexte
argumentaire où le sens que j'y vois a dû lui
échapper) "la difficile
entrée en guerre de Roosevelt pour défendre
l'Europe, il fallut attendre Pearl
Harbour" : Ah bon ! les américains ont le droit, eux, de
refuser de faire
la guerre à un salopard, agresseur qui plus est, quand ils
estiment que leurs
intérêts ne sont pas directement
menacés ? C'est pas des larvouilleuses
larveries, eux, cette fois, dis Maurice ?
Mais il y a plus pénible encore que cette posture du
renégat si pleinement assumée par Dantec. C'est
qu'à écouter chanter ses
sirènes pour le coup : absolument nihilistes, on comprend
qu'elles dessinent
l'attente fervente d'un monde soumis à la gouvernance d'une
seule nation, d'un
seul mode de relation à l'être et aux choses. Je
trouve ça pathétique, pour un
écrivain, a fortiori de sa trempe. Je ne discute
même pas ici du choix qu'il
opère dans le mode idéologique qui lui
paraît le bon. On pourrait là aussi le
prendre aux mots de ses amnésies et de ses impasses, mais on
risquerait vite
d'être taxé d'anti-américaniste, ce que
je ne veux pas. Non, au nom de mes
convictions de chrétien franchouillard, je trouve piteux
qu'il envisage de
passer son éternité avec une seule famille de
clébards, fussent ses
préférés.
Mais c'est au fond la leçon de toute mauvaise foi que de
finir par abolir le
monde. »
(voir aussi le portrait
de Maurice Dantec
brossé par Maximilien Malirois)
Copyright (c) 2003
Serge Rivron. Tous droits réservés.
La chancelière allemande Angela Merkel, qui a fait part cette semaine de ses projets de relance de la Constitution européenne, a de nouveau estimé que le projet de loi fondamentale n'accordait pas, en l'état, suffisamment d'importance au rôle du christianisme en Europe.
"J'aurais préféré que l'on reconnaisse plus clairement les racines chrétiennes de l'Europe", déclare Madame Merkel dans une interview à paraître dans l'hebdomadaire Focus.
Angela Merkel, fille de pasteur qui dirige l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et assume la présidence tournante de l'Union européenne, compare le projet de Constitution européenne à la Loi fondamentale allemande, qui se réfère à la responsabilité de chacun envers Dieu et envers le peuple.
Reuters, 20/01/07
On peut trouver moult objections à l'encontre de cette vision spécifique et étriquée de l'Europe dont la plupart ont été énoncées dans l'article de Jacques Marlaud, "La religion de l'Europe n'est pas encore faite" dans notre rubrique Métapolitique. En voici quelques-unes pour mémoire :
1) Que l'Europe n'est au sens historique et chronologique que très partiellement chrétienne, et qu'elle l'est aujourd'hui moins qu'hier et sans doute beaucoup moins que demain. Un récent sondage montre que seulement 51% des Français se définissent comme catholiques alors qu'ilsétaient encore 80% voici une quinzaine d'années.
2) Que ce qu'on entend par "héritage chrétien" recouvre de multiples significations, y compris les hérésies, et qu'il y a aujourd'hui un véritable abîme entre l'orthodoxie des slaves ou des Grecs, le luthéranisme des Allemands du nord et le catholicisme des Polonais ou des Siciliens
3) Que la vocation universelle du christianisme et la vocation impériale (au sens romain-germanique, c'est-à-dire politique, territoriale et culturelle) du mythe européen ne peuvent que vivre une coexistence conflictuelle comme l'ont amplement démontré au cours des siècles la longue querelle des investitures, la lutte du pape et de l'empereur et les guerres de religion (qui renaissent aujourd'hui).
Nous avons le plaisir d'accueillir un site frère <http://www.europemaxima.com/rubrique.php3?id_rubrique=1> qui revendique son affiliation à la revue L'Esprit Européen (qui a, comme précisé dans notre rubrique " Qui sommes-nous ?", cessé provisoirement sa parution "papier" essentiellement par manque de moyens. Toute initiative "d'esprit européen", quelle que soit sa couleur politique ou son origine géographique, est la bienvenue. Nous proposons à Europemaxima, comme d'ailleurs aux autres publications d'intérêt général européen, d'échanger textes et points de vue chaque fois que cela nous paraît utile (comme cela se produit dans les faits puisque plusieurs de nos écrits figurent sur les deux sites), de publier les communiqués des uns et des autres et, éventuellement, d'entreprendre des démarches communes comme le lancement d'un sondage ou d'une pétition. Bien entendu, chacun garde sa sensibilité politique, philosophique, esthétique. L'Europe, unité dans la diversité par excellence, ne s'unira que par la convergence, et non par une fusion ou une confusion, de ses forces multiples. À nous de faire en sorte que nos différences, loin d'être la source d'une concurrence hostile, nous rapprochent au sein de la communauté de destin qui est notre patrie.
12/10/05: Irak : Prochaine chute de Saigon-Bagdad et fuite en avant agressive de l'occupant américain
« Anthony Cordesman, un expert militaire au Center for Strategic and International Studies de Washington DC, déclare : " Nous ne pouvons sécuriser la route de l'aéroport, ni empêcher les tirs de mortier sur la Zone Verte, ni arrêter les tueries et les kidnappings ". Le soulèvement contrôle l'essentiel de Bagdad et des provinces sunnites. En raison d'une capacité de jugement réduite par la frustration, l'armée US maintient 40 000 Irakiens en détention, soit deux fois le nombre estimé des insurgés (...)
Selon de récentes dépêches de presse, l'ambassadeur US en Irak, Zalmay Khalilzad, a prédit que les troupes US entreraient bientôt en Syrie (que les États-Unis accusent de laisser passer des insurgés vers l'Irak, à travers une longue frontière en terrain difficile, alors qu'ils sont eux-mêmes incapables de sécuriser la petite longueur de route conduisant à l'aéroport de Bagdad !) En même temps, l'administration Bush tente désespérément d'orchestrer une affaire qu'elle puisse utiliser pour attaquer l'Iran. »
http://www.counterpunch .org, traduit et publié par http://www.legrandsoir.info/index.php
Sept. 2005) La procureure internationale Carla del Ponte tente de dicter à l'U.E. sa politique pour les Balkans !
Selon le site
d'information de l'Union
Européenne EurActiv.com (6 sept. 2005),
la
procureure du Tribunal pénal international pour
l'ex-Yougoslavie, Carla Del Ponte, a une nouvelle fois
appelé la
Croatie et la Serbie-Monténégro à
coopérer
pleinement avec le
TPI, lequel réclame toujours l'arrestation de plusieurs
ressortissants de ces Etats soupçonnés d'avoir
commis des
crimes de guerre durant le conflit yougoslave. Tant qu'une telle
coopération n'aura pas été obtenue,
l'UE devra
continuer à fermer sa porte à ces pays, a
estimé
Mme Del Ponte.
Dans un discours
prononcé le 1er
septembre, la procureure du TPI soulignait qu'il était
"difficile d'imaginer que la Croatie, la
Serbie-Monténégro (...) et la
Bosnie-Herzégovine
rejoignent l'Union européenne alors même que
chacune de
ces nations prépare idéologiquement le prochain
conflit."
Selon Mme Del Ponte,
l'Union
européenne se trouve aujourd'hui face à un
dilemme : elle
peut "soit intégrer les Balkans de l'Ouest, avant
même
qu'un processus de réconciliation véritable soit
établi et prendre le risque d'importer des conflits en son
sein,
soit attendre qu'une paix solide soit instaurée, mais cela
pourrait prendre des décennies, et personne ne peut
prédire ce qu'il arriverait durant ce laps de
temps."
Carla Del Ponte
appelle l'UE à ne
pas entamer de discussions sur le pacte de stabilisation avec Belgrade
tant que le général Mladic demeure en
liberté ; si
elle devait le faire, elle "mettrait gravement en péril la
perspective d'une arrestation rapide [de
Mladic] ". La décision de l'UE concernant l'ouverture
d'éventuelles discussions sur le pacte de stabilisation avec
Belgrade doit intervenir le 5 octobre prochain.
Une telle arrogance laisse rêveur de la part de ceux qui se soucient comme d'une guigne de l'intérêt général européen, qui ont clairement échoué après des années de "médiation" imposée par la force aux peuples des Balkans et qui n'oseraient pas demander le dixième de ce qu'ils exigent des naufragés de l'ex-Yougoslavie (pour cesser de les boycotter) à leurs propres commanditaires états-uniens et à leurs alliés israéliens ou Turcs pour les crimes de guerre et contre l'humanité dont on les accuse régulièrement un peu partout dans les pays qui subissent leur occupation militaire comme l'Irak, la Palestine, le Kurdistan, l'Afghanistan, le Kosovo...
Sept. 2005) Vers un plus grand empire états-unien ?
Les États-Unis, on le sait, sont déjà un grand empire, mesuré à sa puissance, certainement le plus grand jamais recensé par l'histoire. Mais pour ce qui est de sa durée, il aura du mal à égaler certains empires antiques. Certains chroniqueurs (comme Emmanuel Todd) perçoivent même les signes d'un déclin accéléré. L'un des indices qui ne trompe pas est un taux de natalité qui, tout en restant supérieur à celui de la plupart des pays d'Europe, connaîtra une régression inquiétante à partir des années 2010. L'un des plus importants think tank outre-atlantique, le council on Foreign Relations, véritable inspirateur de la politique étrangère états-unienne, s'en émeut dans une récente étude prospective. Comme solution provisoire à ce problème qui met en danger le statut de l'hyper-puissance, le CFR recommande une véritable fusion économique et politique entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.
Or, un tel élargissement pourrait accélérer le déclin au lieu de l'enrayer, si l'on en croit l'analyste du devenir impérial, Paul Kennedy, pour qui l'overstretching, la sur-extension, fut la cause principale de la chute des empires depuis Rome jusqu'aux empires coloniaux espagnol, ottoman, portugais, britannique, français... sans oublier l'Union soviétique. Leçon à méditer, également, pour les Européens.
Août 2005) Deux Européens sur trois contre l'entrée de la Turquie
On évite généralement de parler des vérités qui blessent. C'est le cas de ce sondage publié très discrètement au mois d'août (2005) par la Commission européenne qui indique que 65% des citoyens de l'Union (qui compte vingt-cinq États membres, rappelons-le) s'opposent à l'entrée de la Turquie dans l'Europe. Seuls 32% des Français et 33% des Allemands y sont favorables, soit 3% de moins que les partisans d'une Turquie européenne recensés par le même sondage en 2004.
Ce qui n'empêche pas la Commission européenne de rouvrir les négociations sur l'adhésion turque en octobre. Mais on reprend d'une main ce qu'on donne de l'autre. La reconnaissance de Chypre est en ce moment l'obstacle avoué à l'accélération des procédures. Et si demain Ankara cède sur ce point, l'accueillera-t-on à bras ouverts ou trouvera-t-on un autre prétexte pour ne pas heurter de front une opinion publique européenne qui aimerait enfin être entendue ?
En Allemagne en tout cas, les partis qui ont le vent en poupe dans la nouvelle donne électorale qui se dessine, tant à droite qu'à gauche, ne sont pas favorables à la participation des Turcs au gouvernement de l'Europe, malgré les pressions états-unienne dans ce sens.
Rien n'est encore joué. Surtout après la cinglante défaite essuyée par la République de Bruxelles lors des référendums français et Hollandais sur le projet de Constitution. Rien n'est joué mais le ballet des hypocrites continue.
On peut lire plus bas dans la page la suite de cette chronique dont les titres figurent ci-dessous
1) Des Suisses s'inquiètent d'un resserrement des liens avec les États-Unis
2) La Turquie : cheval de Troie des partisans de Ben Laden en Europe
3) Jamais la Turquie ne deviendra européenne
4) Le
moralisme mis à mal
5)
Les
Balkans : protectorat de l'OTAN ?
6) La plus vieille Europe est toujours parmi nous
7) L’Empire tout proche
8)
L’Autriche-Hongrie,
une idée vraiment d’avenir
9) Feue
la Communauté…
10)
Écoutons
le philosophe
11) Islam et Occident : deux sectes issues du même messianisme
12) Un
succès royal chez les Bulgares
13) Une
seule solution pour l'Europe : le fédéralisme
14)
L’unité
de l’Europe vient de loin
15) Jean-Marc
Ferry contre le fétichisme de la souveraineté
16) Helmut
Schmidt le scandaleux
17)
Défendons
les Sorabes !
18) Vers
la plus grande
19) Renaissance du Moyen Âge
20)
L’Europe
au-delà
21) Qui
l’eut cru
22) Cacciari impérial
23) Ainsi parle Sloterdijk
24) Pour une république européenne
25) Aux origine du drapeau européen, l’Opus Dei ?
26) Il
n’y aura pas d’enquête sur
ÉCHELON
27) Il
y aura bien une enquête sur ÉCHELON
28) Vers une Europe mondiale ?
29)
Devoir
de mémoire
1) Des Suisses pro-européens s'inquiètent d'un resserrement des liens avec les États-Unis
Berne 31 mars 2005 - Selon une information parue dans Le Temps du jeudi 24 mars, le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) examine actuellement l’opportunité de négocier un accord de libre-échange entre la Suisse et les États-Unis. Vivement préoccupé par ce qu’il perçoit comme une manière de tourner le dos à l’Europe, le Nomes (Nouveau mouvement européen suisse) a demandé des éclaircissements au Conseiller fédéral Joseph Deiss, chef du DFE, sous la forme d’une lettre ouverte.
2)
La Turquie : cheval
de Troie des
partisans de
Ben Laden
en
Europe
C’est
l’opinion du chef d’État lybien,
Muhammar
Kadhafi dans une analyse sérieuse parue vers la mi-janvier
2005, traduite par
le site www.investigateur
“
Pendant 55 ans, estime le colonel Kadhafi, la Turquie a
essayé de s’européaniser, sans pouvoir
atteindre cet objectif pour des
raisons objectives qui dépassent et l’envie
qu’elle en a, et le pragmatisme
qu’elle y applique. Essayer de faire entrer la Turquie dans
l’Union européenne
équivaut à tenter une greffe d’organe
entre deux êtres que tout séparerait,
y compris le groupe sanguin [...]
La nouvelle
génération turque n’échappe
pas à la pédagogie
de Ben Laden.
En effet, le
risque ne vient pas tant de la vieille classe
politique turque ni de ses successeurs qui
vénèrent encore Atatürk, mais de
la nouvelle génération composée de
jeunes éduqués via Intenet et les
satellites, qui ne peuvent échapper chaque jour à
la pédagogie des érudits
du monde musulman, y compris celle de Ben Laden.
Qu’adviendrait-il
si des milliers de Turcs étaient les
disciples de Ben Laden et de ses partisans ou du Mollah Omar et de sa
clique ?
C’est pourtant la situation actuelle. En effet, ces
gens-là pensent que l’Europe
est païenne et qu’elle ne mérite rien
d’autre que la conquête, à la
pointe d l’épée.
Ils ne se
contenteront pas de s’arrêter aux portes de
Vienne, comme le firent les Ottomans [...] Grâce à
la polygamie, à
l’esclavage et aux harems (approvisionnés par les
chrétiennes européennes),
la Turquie deviendrait l’État le plus
peuplé d’Europe.
Une fois dans
l’Europe, ils n’accepteront pas que
l’on puisse interdire les partis à
dénomination musulmane, et ils
n’accepteront pas que, en Europe, des partis puissent, par
leur nom, évoquer
le christianisme [...] La stratégie des islamistes turcs en
Europe ainsi que
des disciples de Ben Laden, c’est la renaissance
d’un État musulman en
Albanie et en Bosnie. Grâce à cela ils pensent
pouvoir affronter l’Europe païenne
et créer un nouveau front islamique européen qui,
soutenu par le monde
musulman dans son ensemble, obligerait l’Europe à
se convertir ou à payer
l’impôt prévu par le Coran...
”
Mais pourquoi
donc le musulman pratiquant, ancien
adversaire “ terroriste ” de l’Occident
se soucie-t-il tant de notre vieux
continent ? Par “ souci de la stabilité mondiale
au tout premier chef, ainsi
que de celui de la Méditerranée ”,
explique-t-il. Un souci que
partagent de nombreux Européens.
3) Jamais la Turquie ne deviendra européenne
C’est
aussi l’avis du philosophe et essayiste tunisien
Mezri Haddad qui, dans un long article donné à Libération
(“ Le
marchand de tapis et la stripteaseuse ”, 31/12/04)
écrit : “
La Turquie ne sera jamais prête à
s’agréger à l’Europe,
car son handicap majeur et insurmontable sera toujours son
islamité. C’est ce
qu’on n’ose pas lui dire franchement. Mais elle est
déjà très largement
prête pour revenir à son milieu naturel : le monde
islamique, qu’elle a
abandonné à son triste destin il y a à
peu près quatre-vingts ans. Il ne
s’agit pas de restaurer un Empire ottoman qui est mort comme
il est né : dans
la ruine et la désolation. Il s’agit de constituer
une nouvelle entité géopolitique,
une espèce de Commonwealth turco-arabo-islamique,
réunissant notamment le
Turkménistan, l’Ousbékistan,
l’Azerbaïdjan, le Tadjikistan, le
Kirghizstan, le Kazakhstan, l’Afghanistan, le Pakistan,
l’Iran, l’Irak, la
Syrie, l’Égypte, l’Arabie Saoudite...
C’est sa vocation historique que de
prendre le leadership d’une telle communauté qui
n’est pas si hétérogène
qu’elle y paraît. Plutôt que de se
dissoudre dans une Europe qui reste, quoi
qu’on en dise, marquée par des siècles
de christianisme, ne vaut-il pas
mieux qu’elle soit l’élément
catalyseur et fédérateur d’un monde
musulman qui cherche à se frayer un chemin vers la
modernité?
[...]
À moyen ou long terme, ce bloc islamique verra le
jour. Reste à savoir sous l’impulsion de quelle
idéologie mobilisatrice il
émergera : une idéologie laïque et
démocratique ou une idéologie
théocratique
et totalitaire ? En d’autres termes, si rien n’est
fait pour fédérer le
monde musulman autour d’un projet humaniste, pragmatique et
pacifique, il se réunira
sous la bannière de l’islamisme le plus radical.
C’est dans cette
perspective-là que l’apocalypse du
prophète Samuel (Huntington) deviendra
inéluctable.
”
Les Européens feraient bien d’ écouter ces sagesses venues de l’Orient.
4) Le
moralisme mis à mal
L'essayiste
français d'origine bulgare, Tzvetan Todorov,
après s'en être pris aux Abus
de la mémoire à propos des
totalitarismes et de leurs victimes (Arléa,
1995/1998, 20FF) critique vigoureusement
l'emprise du "nouveau moralisme" sur la pensée occidentale.
Celui-ci,
au nom du combat pour les droits de
l'homme et de l'anti-racisme se permet de donner des leçons
au monde entier.
Une attitude qui permet à l'Occident de camoufler, tout en
les reproduisant régulièrement,
ses propres comportements criminels
ou "bavures", comme on les désigne pudiquement, ainsi que
les
faiblesses patentes de son modèle de
société. Todorov conclut: " Un
précepte
pour le prochain siècle pourrait être: commencer
par combattre , non pas le
mal (chez les autres) au nom du bien (que nous détenons),
mais l'assurance de
ceux qui prétendent toujours savoir où se
trouvent bien et mal; non pas le
diable, mais d'abord les manichéens " (Le Débat,
N°107, nov.-déc.1999).
5) Les
Balkans : protectorat
de l'OTAN ?
Ce n'est
pas nous qui le disons. Selon un membre de l'US Council on Foreign
Relations,
" la Bosnie, le Kosovo, la Macédoine et l'Albanie sont
devenus des
protectorats de l'OTAN. La Slovénie, la Croatie, la
Roumanie, la Bulgarie
rempliront bientôt les conditions de leur admission
à l'OTAN. Que cela plaise
ou non , l'Alliance
possède
(sic!) maintenant
les
Balkans " (C. Jupchen , Washington
Post, 13/06/99). Ce que confirme
l'ancien parlementaire influent Lee
Hamilton dans
un article
du
New YorkTimes (18/07/99)
: " Nous avons complètement pris le contrôle des
Balkans, les
responsables américains exercent
des
fonctions dirigeantes
dans tous
les États de
l'ex-Yougoslavie (NDLR:
à l'exception -provisoire?- de la Serbie). Nous en
sommes pratiquement le proconsul ". Propos relevés par F.
Chesnais et al.
Dans Réflexions
sur la guerre
en Yougoslavie (éd. L'Esprit frappeur, N°
50, oct. 1999, 20FF). On savait
que la nature n'aime pas le vide, et comme nous, pauvres
Européens, ne sommes même
pas en mesure d'assurer la sécurité de notre
continent, faut-il en conclure
que tout vide laissé par le Kremlin sera automatiquement
comblé par le
Pentagone ?
6) La
plus vieille Europe est toujours parmi nous
La
lettre d’information de l’Ambassade de Grande-
Bretagne rapporte deux
informations anodines pour le grand public, mais tout à fait
réjouissantes
pour les vieux Européens que nous sommes :
1. Au
troisième millénaire,
l’accès au site mégalithique
d’Avebury se
faisait par une avenue monumentale dont la dernière
description remonte au début
du XVIIIème siècle. Cette avenue avait disparu
depuis, au point que son
existence même était mise en doute. Au moyen de
photographies aériennes, des
archéologues de Leicester viennent d’en retrouver
la trace : six pierres
enfouies et un cromlech néolithique entouré
d’un fossé à moins de deux
kilomètres du cercle. Peu à peu,
l’ensemble sacré se reconstitue et nous
permet ainsi de renouer avec une partie de notre ancienne
mémoire.
2. Le
dernier Prix Whitbread du XXème siècle, qui
récompense en Grande-Bretagne le
meilleur livre de l’année, vient
d’être décerné au Prix Nobel
de littérature
Seamus Healey pour une traduction du Lai de Beowulf,
poème anonyme de 3000 vers
écrit dans un anglo-saxon archaïque.
L’épopée d’origine, qui
relate les
hauts faits des Francs et des Goths, date de
l’époque pré-chrétienne.
Remaniée au IXième siècle, elle a
donné lieu à un manuscrit qui se trouve
au British Museum. On se félicite de cette distinction qui,
espérons le,
permettra à de jeunes anglais de renouer avec leur
passé et de se dégager de
l’influence grandissante des médias
américains, rendue plus efficace encore
par la proximité linguistique.
7)
L’Empire
tout proche
Dans un
courrier, M. Martin Raether, de nationalité allemande,
professeur de Lettres à
l’Université de Lyon, nous signale qu’en
s’intéressant à la mythologie des
fleuves, et plus particulièrement à
celle qui concerne la voie fluviale Rhône/Saône, il
a découvert que la notion
d’Empire, au sens romain-germanique, a
littéralement flotté, probablement
jusqu’à l’orée du XXe siècle dans
la langue franco-provençale des mariniers :
“
À
l’avant du bateau, le pan en main, le pilote sondait le fond
et annonçait,
parfois d’une voix
impérative, au patron qui tenait le gouvernail
:
-- Pique
au Riaume !
Ou bien
:
-- Pique
à l’Empi !
Quelle
est la signification de ces termes ? Comme l’explique si bien
Gabriel Gerin
dans son roman Mariniers du Rhône, au XIe siècle,
les États de Rodolphe III,
dernier souverain de
Bourgogne, étant passés sous la
suzeraineté des empereurs d’Allemagne au
détriment
de la couronne de
France, le Rhône devint la limite naturelle entre le royaume
de France et
l’empire d’Allemagne. D’où les
termes de Riaume
(le royaume) et
d’Empi
(l’empire) pour désigner les rives droite et
gauche du fleuve. Ces
termes de mariniers étaient utilisés
jusqu’au moment de la navigation à
vapeur...”
Le fait
est relaté par Alain Pelosato (Que Sais-je ?
N° 1507, P.U.F.) dont la citation
a été extraite.
M. Raether précise que les expression d’Empi et de Riaume auraient peut-être survécu à la marine à vapeur si la langue qui les a charriées jusqu’à nous ne s’était éteinte, à peu près au même moment que l’ancienne profession de marinier.
8)
L’Autriche-Hongrie,
une idée vraiment d’avenir
Très
sévère envers les traités de paix
conclus en 1919 et qui sont à l’origine
de la plupart des maux du XXe siècle,
l’écrivain Claude-Michel Cluny propose
une Fédération danubienne. “ Depuis des
siècles, les Habsbourg avaient
assez respecté les cultures et les particularismes, faisant
de l’Autriche le
premier État de nature européenne. ” De
ce fait, “ l’empire d’Autriche,
mosaïque de nationalités, assurait avec
l’Empire ottoman la stabilité des
Balkans ”. En envisageant une
fédération danubienne autour de Vienne, les
États
d’Europe centrale et balkanique “ donneraient une
cohésion au ventre mou du
continent ”. Toutefois, s’inquiète-t-il,
“ y a-t-il à Bruxelles une pensée
géopolitique ? ” C’est tout le
problème…
(Le Figaro, 30 mars 2000)
9) Feue
la Communauté…
Dans
sa parution du 5 juillet 2001, Le Monde publie un
vrai brûlot de Xavier
Delcourt intitulé “ La déseurope
”. “ La Communauté européenne
est
morte à Nice. […] Le Conseil européen
l’a exécutée, dans un conclave
dont les minutes ont révélé
l’accablante médiocrité. […]
L’Europe est
donc désormais le vide sidéral d’un
destin. Ou peut-être d’une “
gouvernance ”, allez savoir ! ” La vieille Europe
est morte. Tant mieux!
Vive l’Europe des réalités, celle que
tous les peuples forgeront ensemble.
10)
Écoutons
le philosophe
Ancien
maire de Venise et philosophe, Massimo Cacciari déclare que
“ le
pouvoir est aujourd’hui distribué ailleurs : dans
la finance, l’économie,
la technique, les sciences, la culture, les médias. Mais ces
puissances-là ne
peuvent résoudre des problèmes
planétaires comme l’environnement,
l’immigration, le tiers-monde, la définition des
grands espaces géopolitiques
entre Europe, Amérique et Chine. On reviendra à
la grande politique, donc à
un risque de tragédies, toujours
entraîné par les grands mouvements
politiques ”. Voilà une réflexion
à cent coudées au-dessus des sordides
combats électoraux.
(Le Figaro, 19 et 20 mai 2001)
11) Islam et Occident : deux sectes issues du même messianisme
Sophie
Bessis, auteur d’une remarquable critique du
modèle occidental de
civilisation (L’Occident et les autres. Histoire
d’une suprématie,
La Découverte, Paris, 2001), exprime avec plus de force
encore que ne le
faisait Benjamin Barber dans son Djihad versus McWorld
(1995),
l’essence de la rivalité qui oppose les deux
grands intégrismes actuels :
“ L’Islam ne fait-il pas peur parce qu’il est proche et que cette proximité réveille des fantômes ? Il est un "autre" à part, né de la même matrice abrahamique, héraut du même monothéisme révélé qui n’a cessé, depuis des siècles, de mettre des absolus en concurrence autour de la Méditerranée et de ses marches. Il est capable du même totalitarisme messianique dont se rendit coupable en son temps la chrétienté et que l’on retrouve aujourd’hui en Israël, et porte une prétention - bien familière aux Occidentaux - à fournir aux régions dans lesquelles il est majoritaire une sorte d’universel de rechange puisant sa légitimité dans le champ religieux. Au terme d’une lente sécularisation, l’Europe chrétienne troqua le messianisme évangélique pour celui du progrès. En terre d’Islam, le processus commence à peine (...) Les Occidentaux mesurent le pouvoir de telles mobilisations messianiques (...) Il n’est pas sûr, hélas, que le bombardement de l’Afghanistan les désamorce. ” (“ Les belles paroles de l’Occident ”, Libération, 24/10/01)
12) Un
succès royal chez les Bulgares
Dans les Dernières Nouvelles d’Alsace du 18 juin 2001, l’éditorial de Jean-Claude Kiefer salue le succès de l’ancien roi de Bulgarie, Siméon II, aux élections législatives. “ N’en déplaise à ceux qui croient que la démocratie républicaine, fondée sur l’“ État de droit ” et le respect des lois, demeure le but suprême dans une société moderne. En Europe orientale, par atavisme, on sait que la loi ne résiste jamais au “ bakchich ” versé au policier ou au fonctionnaire. En d’autres termes, mieux vaut un personnage charismatique, capable de réconcilier un peuple avec son histoire et de faire respecter la démocratie, que pas d’autorité du tout. ” Qu’en pensent ses confrères de Libération et du Monde qui voient dans tout résultat surprenant la marque du “ populisme ” ?
13) Une
seule solution pour l'Europe : le fédéralisme
Toujours dans les Dernières Nouvelles d’Alsace du 18 juin 2001, Joseph Yacoub, professeur de sciences politiques à l’Université Catholique de Lyon, s’interroge sur “ le respect des minorités dans une Europe élargie ”. Après avoir constaté que l’Europe “ est composée d’identités multiples ” et qu’en son sein “ il existe plusieurs Europe ”, il estime que la question des minorités nationales, ethniques et religieuses “ dépasse l’État de droit et les institutions stables et démocratiques ”. En outre, “ l’Europe occidentale […] règle mal ” la question nationale et historico-identitaire, car elle “ a laminé ses minorités ”. Joseph Yacoub avertit : avec leur adhésion prochaine, les États d’Europe centrale et orientale nous apprendront à “ changer nos schémas en matière stato-nationale pour aller vers des États binationaux et multinationaux respectueux des diversités en leur sein […]. Dans ce cadre, le fédéralisme peut être la solution à l’échelle du continent européen à condition qu’il intègre la dimension identitaire dans le respect des nations, des peuples, des régions et des minorités”. À L’Esprit Européen, on n’aurait pas mieux écrit. Vive la Grande-Europe fédérale !
14)
L’unité
de l’Europe vient de loin
“
Entre - 2500 et - 2200, sur une période
d’à peine deux ou trois siècles, on
trouve partout en Europe les mêmes armes, les mêmes
parures, les mêmes fameux
vases à boire appelés “ campaniformes
”, décorés de la même
manière…
Du nord à l’extrême sud, de
l’Atlantique aux Balkans, un ensemble de
traits culturels communs transcende les particularismes
régionaux. Déplacement
de population ? L’hypothèse est peu probable. Il
s’agit plutôt d’un
style, d’un comportement commun qu’auraient
adopté les élites sur tout le
continent. Peut-être la première unité
européenne… L’Europe
naissante avait donc un double visage : à la fois celui
d’un émiettement en
identités régionales et celui d’un
ensemble “ supraculturel ” qui reste
l’une des grandes énigmes de la
préhistoire. ” (Jean Guilaine,
préhistorien
au Collège de France dans L’Express
du
5 juillet 2001). Comme quoi,
vouloir l’Europe n’est pas nouveau !
15) Jean-Marc
Ferry contre le fétichisme de la souveraineté
Dans Le Figaro (du 15
juillet
2002), le philosophe Jean-Marc Ferry déclare qu’on
peut parler de peuple
européen, car “ c’est une perspective
”. Aux eurosceptiques, il déclare
que “ l’échelle des nations est devenue
inadaptée : les États nationaux
pris individuellement, sont impuissants. Mêmes
s’ils conservent de jure leur
souveraineté, ils ont perdu de facto leur autonomie
politique. Ils doivent
partager leur souveraineté avec les autres pour
accroître leur puissance
[…]. Donc, d’un point de vue purement fonctionnel,
ce passage à une
dimension quasi continentale se justifie comme rattrapage
d’une nouvelle échelle
d’interdépendance. […] Il ne faut pas
se fixer de façon fétichiste sur la
souveraineté. Le but de la souveraineté,
c’est l’autonomie politique. Or
elle n’existe plus aux niveaux nationaux. Donc, pour la
reconquérir, il faut
partager les souverainetés et construire un
système reposant non pas sur la
subordination des États membres à un
État supranational, mais sur la coopération
et la concertation. […] Il doit exister un principe de
fermeture, car l’Union
n’est pas un État cosmopolitique au sens
d’un État mondial. ” Des
analyses d’une très grande finesse !
16) Helmut
Schmidt le scandaleux
Interrogé
par l’hebdomadaire
L’Express
(du 30 août au 5 septembre 2001), l’ancien
chancelier social-démocrate
allemand Helmut Schmidt fait des déclarations fort
politiquement
incorrectes.
Il refuse l’adhésion de la Turquie à
l’Europe
: “ La contribution spirituelle de la Turquie
à
l’Europe est
infime. Presque sans importance. […] En 2029, il y aura plus
de
Turcs que de
Français et d’Allemands réunis.
” En ce qui
concerne la Russie, elle “ a
largement contribué à enrichir le
trésor culturel
commun aux Européens. On
ne peut imaginer parler de littérature européenne
sans y
inclure Dostoïevski
ou Pouchkine. Et il en va de même pour la musique de
Tchaïkovski ou de
Prokoviev… Mais la Russie n’a jamais connu la
période des Lumières ”.
Quant à l’attitude ambivalente de la
Grande-Bretagne, il
croit qu’“ au
cours du XXIe siècle il faudra […] que les
Britanniques
choisissent entre
l’Union européenne et, s’ils le
souhaitent, le fait
de devenir le 51e ou le
52e État des États-Unis ”. Il juge
enfin
inéluctable que “ l’Europe va
devenir une communauté chargée de
gérer les
urgences de notre époque.
C’est l’avenir qui se dessine ”. Enfin,
un homme
politique qui parle
clairement.
17) Défendons
les Sorabes !
Connaissez-vous
les Sorabes ?
Nommés aussi “ Serbes de Lusace ”, ils
sont les derniers descendants des
tribus slaves installées près de l’Elbe
avant la colonisation germanique.
Vivant au sud-est de Berlin, en Lusace, entre la Saxe et le
Brandebourg, les
Sorabes forment avec les Frisons et les Danois l’une des
minorités nationales
d’Allemagne. Environ 60 000 aujourd’hui, les
Sorabes défendent leurs
particularismes et s’opposent avec fermeté
à l’assimilation. Des écoles
sont ainsi occupées par des parents
d’élèves inquiets de la fermeture de
cla
18)
Vers
la plus grande
Le
général Leonid Ivachov, vice-président
de l’Académie russe de géopolitique
estime que “ l’avenir est à la formation
d’un bloc continental avec la
France, la Russie, l’Allemagne, l’Inde,
l’Iran et la Chine - qui fera pièce
aux puissances maritimes, États-Unis et Grande-Bretagne. A
cette fin, il faut
nous allier dans le monde arabe aux forces radicales
anti-américaines ”. (L’Express,
30 avril 2003).
19) Renaissance du Moyen Âge
L’historien
médiéviste jacques le Goff écrit :
“ Nous sommes à ce moment de
l’histoire où nous devons faire émerger
le cercle européen et lui donner le
Moyen Age comme référence essentielle, non comme
nostalgie, mais comme
tremplin vers l’avenir. […] Le Moyen Age,
c’est l’espoir. ” (Le
Nouvel Observateur du 17 au 23 avril 2003).
20) L’Europe
au-delà
“
Si l’Europe a un rôle à jouer,
c’est dans l’invention et la promotion
d’une pensée non binaire, capable
d’éviter les pièges de la
simplification, et sachant trier dans le chaos des sentiments les
valeurs de
droit auxquelles elle refuse de déroger. […]
Tenter de se mettre d’accord
sur ce que l’on désire est plus difficile, mais
[…] c’est plus beau…
” Philippe Val, Charlie Hebdo du 16
avril 2003.
21) Qui
l’eut cru
Il ne fait pas bon d’être opposé à la politique de Bush en Moldavie. Ancienne république soviétique de langue roumaine, la Moldavie est dirigée par des communistes nostalgiques de Staline. Chef de l’État, le secrétaire général Vladimir Voronine a lâché la police et les services secrets contre quinze étudiants, membres de Jeunesse du XXIe siècle d’Oleg Oniscenko. Leur crime ? Avoir été des boucliers humains en Irak au début du mois d’avril ! Cette chasse à l’homme est destinée à montrer à l’ambassadeur US la fidélité des bolchéviks au camarade texan… (Le Monde, 25 avril 2003).
22)
Cacciari
impérial
Dans un entretien au Figaro (11 août 2003), le philosophe italien Massimo Cacciari déclare plutôt appartenir à une école « qui considère qu’une Constitution européenne à froid, comme on est en train de la préparer, est absolument destinée à ne pas durer. Le texte qui sera discuté est un texte très modeste, ce n’est même pas une Constitution, c’est une synthèse des différents traités avec quelques ajouts importants. Par rapport à la citoyenneté européenne, à l’identité culturelle, aux nouveaux droits, rien n’a été fait ». « Une Europe réduite à un pur espace économique et, de surcroît, dépendante de la grande île américaine est-elle pensable ? Certes, c’est le grand rêve de la droite européenne de nos jours : se passer de la politique et mettre au pouvoir les lois du marché. Je pense qu’il ne s’agit là que d’un interrègne et qu’un jour l’Europe devra définir une politique à elle. On verra alors la planète s’organiser en trois grands espaces : l’espace anglo-saxon et atlantique; celui qui est chargé de tensions entre Chine et Amérique; et l’espace européen, aux racines méditerranéennes, orientales et franco-carolingiennes. Soit l’Europe disparaît, soit elle devient compétitive et dynamique dans tous les domaines. Je crois à cette seconde possibilité. »
23)
Ainsi
parle Sloterdijk
Le philosophe allemand Peter Sloterdijk estime que les Européens sont « devenus des Américains du XVIIIe siècle, proclamant [leur] droit à vivre dans des espaces où l’histoire ne peut plus nous atteindre. Ce désir d’échapper au destin n’est pas régressif; il résume au contraire l’utopie de la modernité et l’illusion du progrès ». Puis réfléchissant à partir de l’Énéide du Latin Virgile et de ses enseignements, il observe que « les fondements de l’Empire désignent le lieu originaire de la construction européenne. Et surtout qu’il n’y a qu’un seul empire, l’empire romain européen, clé de voûte de notre histoire. […] Créer un empire revient toujours, selon la constante européenne, à installer un havre de paix offert à tous ceux qui veulent recommencer. Un impérialisme quasiment thérapeutique en somme ». (Le Figaro, 26 septembre 2003).
24)
Pour
une république européenne
Alain Caillé et Ahmet Insel, animateurs de la Revue du MAUSS, suggèrent une orientation nouvelle pour l’Europe dans Libération (7 janvier 2003). Pour eux, il faut « sauver le politique en renouant avec l’aspiration républicaine et démocratique mais à une échelle plus vaste que celle des nations anciennes mais moins que celle de l’Europe marchande. Cela implique la formation d’un nouveau peuple, un peuple des républicains d’Europe, un peuple qui n’abolit pas les peuples qui le composent, Français, Allemands, Italiens et autres (eux-mêmes faits en définitive de peuples multiples) mais qui les unifie en une souveraineté politique partagée susceptible de donner à la grande Europe marchande unie, et en articulation avec ses instances de direction, l’impulsion qui lui manque ». Représentée par un président élu au suffrage universel et responsable devant le Parlement européen, cette République européenne aurait entière souveraineté pour les questions militaires, diplomatiques et économiques. Ne s’agit-il pas d’un plaidoyer en faveur d’un noyau dur construit autour du couple franco-allemand ?
25)
Aux
origine du drapeau européen, l’Opus Dei
?
Le journal hongrois Hetek rapporte les propos d’Otto de Habsbourg sur Josemaria Escrivà, le fondateur de l’Opus Dei. « “ Comme je lui demandais comment sauver l’âme de l’Europe, le père Escrivà m’a dit que l’Europe avait besoin de valeurs catholiques. Mais nos ennemis - tel le ministre des Affaires étrangères britannique, Anthony Eden, athée et diabolique - étaient contre l’utilisation de symboles chrétiens ”. Alors l’archiduc a proposé comme symbole les douze étoiles. Ces dernières figurent, selon Otto de Habsbourg, “ la couronne d’étoiles de la Vierge de Fatima ” ». Il y a une autre lecture du drapeau européen, plus celtique celle-là, puisque les douze étoiles représenteraient les chevaliers de la Table ronde du roi Arthur ! (Courrier International du 27 juin au 3 juillet 2002).
26)
Il
n’y aura pas d’enquête sur
ÉCHELON
Par
340 voix contre 210
(voir Le Temps du 6 juillet 2000), le
Parlement européen a refusé la
création d’une véritable commission
d’enquête, qui aurait permis de faire la
lumière sur le système
d’espionnage anglo-saxon ÉCHELON. La
majorité des eurodéputés a
estimé
que le Parlement se serait ridiculisé en créant
une commission qui aurait eu
peu de chances de pouvoir auditionner les responsables des services
secrets des
Quinze et de la CIA américaine. Une commission parlementaire
européenne sera
bien créée, mais elle n’aura pas pour
mandat d’enquêter : elle sera chargée
de proposer des mesures pour protéger les citoyens et les
entreprises de l’Union
des écoutes indiscrètes. – Souriez, on
continuera de vous espionner…Une
fois de plus l’Union européenne adopte une
attitude passive. Après ça, on
s’étonne qu’elle
soit encore toujours un nain diplomatique et politique !
Comment
voudriez-vous qu’une telle Europe se fasse respecter ? Des
injections massives de testostérone
s’imposent…
27) Il
y aura bien une enquête sur ÉCHELON
C’est
une lettre de l’ancien juge Thierry Jean-Pierre, aujourdhui
député européen
et trésorier du parti “Démocratie
Libérale” , qui lance la machine
judiciaire française à l’assaut du
gigantesque réseau anglo-saxon
d’interception des communications privées et
stratégiques à travers le
monde.
Sur une
requête du Procureur de Paris, et s’appuyant sur
certains
articles du code pénal contre les “atteintes aux
intérêts fondamentaux de
la nation et les atteintes au secret des correspondances
émises par voie de
télécommunication”,
le juge Jean-Pierre Dintilhac a ouvert, le 24 mai dernier, une
enquête préliminaire
en chargeant le contre-espionnage français (la DST), de
recueillir toutes les
informations disponibles sur ÉCHELON.
Cette action
judiciaire, énerve terriblement, paraît-il, les
dirigeants
américains, notamment ceux de la puissante National
Security Agency (NSA)
qui, avec ses 40 000 fonctionnaires et son budget de 5 milliards de $,
déteste
qu’on l’empêche d’espionner en
rond (de satellites). La NSA met en branle
tout son monde pour tuer l’enquête dans
l’œuf. Reste à savoir si les
Européens “en auront” ou pas...
28) Vers
une Europe mondiale ?
Rares
sont ceux qui perçoivent distinctement les
conséquences géopolitiques de
l’éventuelle
entrée de la Turquie dans l’Union
européenne. Dans Le Monde (16
décembre
1999), Daniel Vernet se demande si l’Europe ne risque pas de
devenir une
future puissance proche-orientale. En effet, la candidature turque
à l’Union
européenne a été chaleureusement
accueillie par son unique allié régional,
Israël. Alors que Jérusalem attend depuis cinq ans
que l’Europe lui accorde
le statut de “ partenaire
privilégié ”, “
l’entrée de la Turquie dans l’U.E., note
D. Vernet,
créerait une continuité stratégique
entre l’Europe et Israël ”.
A
plus long terme, Israël pourrait à son tour
réclamer son admission dans le
club européen, car “ n’est-il
pas, par
son histoire, sa culture, ses valeurs, son développement
économique et démocratique,
un pays aussi “ européen ” que la
Turquie ? ” Les équipes israéliennes
de football et de basket participent déjà aux
championnats européens. Jérusalem
a déjà remporté l’Eurovision
de la chanson. A ce rythme, et en suivant les
critères énoncés par M. Vernet, les
Etats-Unis, le Canada, l’Argentine,
l’Australie, la Nouvelle-Zélande pourraient, eux
aussi, demander à rejoindre
l’Union européenne.
29) Devoir
de mémoire
Qui sait qu’entre 1945 et 1948 quinze à vingt millions d’Allemands ont été expulsés d’Europe de l’Est et du Sud-Est, et que près de trois millions d’entre eux en sont morts, souvent dans des circonstances atroces ? La Fédération des expulsés (la structure politique chargée de représenter les survivants) déploie tous ses efforts pour qu’un Centre contre les expulsions voie le jour à Berlin. Un centre qui serait tout à la fois lieu de commémoration, musée et centre d’information. Contre toutes les expulsions. La Fédération souhaite qu’il soit comparable " au musée de l’Immigration d’Ellis Island à New York, voire au musée de l’Holocauste à Washington ". Le débat et la controverse sont lancés en Allemagne : certains traitent la Fédération de revanchiste, voire de révisionniste, tandis qu’elle souhaite que cet épisode de l’histoire allemande ne passe pas aux oubliettes (Courrier International, 22-28 juin 2000). – Plus jamais de conflits fratricides en Europe !