Du
côté de nos élites, un nouvel allié est venu rejoindre la part
majoritaire, interloquée et indignée de l’humanité : le professeur de
géopolitique au Collège Interarmées de Défense – sis à l’École
Militaire – Aymeric Chauprade, souverainiste opposé à tous les
impérialismes, et auteur de Chronique du choc des civilisations
(imprimé en décembre 2008 et sorti il y a trois jours) un ouvrage
abondamment illustré avec 10 pages qui traitent de « la version
officielle contestée » du 11 septembre 2001 (pp.14-24).
Il était déjà l’invité d’ Eric
Laurent et de Thierry Garcin en 2007 pour un précédent
maître ouvrage :
Je
recopie donc quelques passages de ce résumé aux termes soigneusement
pesés (l’auteur est en effet chargé d’instruire notre élite militaire,
et l’éditeur est réputé pour son sérieux). Parmi les références citées,
quelques titres de journaux et de documentaires et quelques noms
d’enquêteurs dans le corps du texte, et, à la fin, une courte liste de
sites comprenant Complete911timeline (« donne une chronologie critique
du 11 septembre et propose des milliers d’articles et de reportages
« enterrés» par les grands médias » ), 911Truth.org,
Scholarsfor9/11Truth (« rassemble plus de 200 experts et
scientifiques »), Reopen911.info (« présente de nombreux articles et
répertorie des vidéos, essentiellement américaines » ), et les récents
ouvrages de Meyssan (L’effroyable imposture + Le Pentagate, 2007), Griffin (Le nouveau Pearl Harbor, 2006) et Tarpley (La Terreur fabriquée, 2006).
Encarts sur Ben Laden :
«
(…) En 1996, Ben Laden déclare ouvertement la guerre aux États-Unis. Le
Soudan, qui essaie de redorer son blason auprès de l’Occident, après
avoir livré le terroriste Carlos aux Français, propose aux Américains
de leur livrer Ben Laden. Etrangement, et probablement sous l’influence
de la CIA, dont les connexions avec l’islamisme radical restent
ambiguës et qui n’entend sans doute pas voir la justice américaine s’y
intéresser de trop près, Washington décline deux fois de suite l’offre
soudanaise ».
« La
puissance financière de Ben Laden, des liens secrets probablement
conservés avec quelques membres de sa nombreuse et riche famille et les
liens importants de cette dernière avec le complexe pétrolier texan
(dont la famille Bush ), ont contribué à alimenter la thèse d’une
conjuration islamo-américaine, voire islamo-américano-sioniste après le
11 septembre 2001, thèse fondée sur l’idée de la convergence d’intérêts
entre des djihadistes soucieux d’accélérer le réveil du monde
islamique, des Américains intéressés par le pétrole irakien, et des
Israéliens décidés à bouleverser les frontières du Moyen-Orient »
Sur le 11-9, plus précisément
« Pourquoi
les attaques du 11 septembre 2001 ont-elles constitué une accélération
foudroyante du choc des civilisations ? Parce que le monde s’est divisé
entre ceux qui pensent qu’un formidable attentat islamiste a déclenché
une guerre contre l’Occident libéral et démocratiqe, et ceux qui
pensent qu’un machiavélique complot américano-israélien a été le point
de départ d’une guerre américaine contre le reste du monde. Une
hypothèse qui ne manque pas d’arguments, à défaut de forcément
convaincre »
« D’abord,
les associations des familles de victime qualifient le texte officiel
[rapport final de la commission nationale] de « rapport final de
l’omission » ».
« Les
théories qui remettent en cause la version officielle s’articulent
autour de trois sujets distincts : les attentats contre le World Trade
Center, l’attentat contre le Pentagone, l’ambiguïté du renseignement
israélien ».
WTC : des tours minées ?
« L’incendie
(…) ne peut être responsable de l’effondrement de bâtiments aux
structures d’acier. Alors que le Meridian Plazza de Philadelphie, en
1991, a brûlé dix-neuf heures sans s’effondrer, les tours Sud et Nord
se seraient respectivement écroulées au bout d’une heure et deux heures
d’incendie, ceci quand le Scientific American (octobre 2001) affirme
que rien n’a jamais été construit d’aussi solide que le WTC. L’incendie
n’a pas été si violent que le prétend la Commission d’enquête, puisque,
selon la FEMA (…) le kérosène s’est volatilisé dans l’explosion (…) Le
test dit de Cardington atteste qu’un immeuble d’acier résiste à des
températures très supérieures à celle de la combustion du kérosène. Le
Fire Engineering Magazine, référence dans la science du feu, soutient
qu’aucun bâtiment d’acier n’a jamais été détruit par le feu et que
l’enquête sur le WTC ne fut qu’une « farce grossière » ».
« Plus
troublant encore est le mystère du bâtiment 7 (…) brutalement
désintégré à 17h30. Le « FEMA’s Report on the collapse » reconnaît
prudemment que « les détails sur les incendies du bâtiment 7 et la
façon dont ils ont provoqué l’effondrement sont inconnus ». Mystère qui
débouche sur l’étrange M. Larry Silverstein, propriétaire du WTC
seulement depuis le 24 juillet 2001 et qui s’était employé à remplacer
le personnel d’entretien et de sécurité (…) il avait demandé aux
pompiers de « tirer » le bâtiment 7 (terme qui désigne une démolition
contrôlée) Or, comment les pompiers de New York, lesquels ne
disposaient pas des personnels qualifiés dans le domaine de la
démolition contrôlée, auraient-ils pu placer en moins de sept heures
les explosifs aux bons endroits dans un bâtiment qui, selon la version
officielle, brûlait, quand on sait qu’une implosion préparée demande au
minimum deux semaines. Le bâtiment 7 n’était-il pas le centre de
contrôle qui aurait servi à la démolition de l’ensemble ? Quelques mois
plus tôt, le 23e étage avait été rénové dans le but d’en
faire un centre de commande des situations d’urgence pour la mairie de
New York. Cet étage (…) pouvait résister à des situations
exceptionnelles (…) (et) offrait une vue idéale sur l’ensemble des
bâtiments du WTC. Dans Painful Questions, Eric Hufschmid note que la
trajectoire des deux avions semblait viser le bâtiment 7, comme si
celui-ci émettait un signal d’autoguidage ».
« La
thèse des explosifs est illustrée par un autre fait : une carte
thermique des gravats du WTC fournie par la NASA montre que, cinq jours
après les attentats, la température à l’intérieur des sous-sols du
bâtiment 7 et de la tour Sud (où la chaleur est restée piégée) était
encore supérieure à la température de fusion de l’acier. Seuls des
explosifs comme le C4, qui porte la température à plus de 1600 °C
peuvent expliquer la fusion des structures des sous-sols des tours ».
« Quant à l’école de pilotage de Venice
(Floride), elle est pointée du doigt pour ses liens historiques
avec la CIA ».
« Le
matin du 11 septembre, plusieurs simulations militaires pouvant servir
de couverture aux attaques eurent lieu (sous le contrôle du NORAD, de
l’US Air Force et de la CIA) : il s’agissait de Northern Vigilance,
exercice annuel de l’Air Force simulant une attaque russe, qui amena à
déplacer les chasseurs patrouillant habituellement dans le Nord-Est
vers le Canada et l’Alaska, les exercices Vigilant Warrior et Vigilant
Guardian, simulant des détournements d’avions et l’injection de faux
signaux d’avions sur les radars, et l’opération Northern Guardian, qui
aurait affaibli la capacité de réponse de la base aérienne de Langley ».
LE PENTAGONE
« Les
terroristes, qui provoquèrent la mort de plus de 2500 personnes dans le
WTC, auraient-ils été assez stupides pour frapper la seule partie vide
d’un bâtiment, le Pentagone, où travaillent habituellement 20 000
personnes ? L’aile touchée était en rénovation ; elle devait voir ses
murs et fenêtres renforcés face à une attaque d’un missile de croisière
ou d’un drone… Pour frapper cette aile en venant de la direction
opposée, l’avion (si c’est le vol 11 77) a dû opérer un virage de 270° »
« Lorsque
la navette Columbia a explosé à 65 km au-dessus du Texas en 2003, à la
vitesse de 19 000 km/h, avec ses sept astronautes, on a retrouvé des
lambeaux humains et des débris de l’appareil sur des centaines de
kilomètres. Comment expliquer l’absence de débris significatifs et de
morceaux de corps dans le cas d vol AA 77 ? (…) Où sont les 60 tonnes
des moteurs, du fuselage, des sièges, des bagages et bien sûr des
passagers ?. Le drone Global Hawk ressemble à un petit Boeing. Il est
silencieux, vole à 18 000 m. d’altitude sans se faire repérer par les
radars (les aiguilleurs ne le verraient donc pas venir ; or ils n’ont
justement pas vu venir le vol AA 77) et son explosion laisserait, du
fait qu’il est composé pour moitié de fibres de carbone et de résine,
seulement 2 tonnes de débris. Avec lui, la pelouse du Pentagone ne
serait jonchée que de quelques morceaux d’aluminium peu épais, et de
fragments de moteur, à l’image de celui que l’on retrouve sur une photo
et qui est bien trop petit pour appartenir à un 757.Officiellement, en
décembre 2002, l’armée américaine déplorait la perte de deux Global
Hawk en opérations, sans que l’on en connaisse la cause (source : Christopher Bolen, reporter)».
LE RENSEIGNEMENT ISRAÉLIEN
Le
troisième volet de la « théorie du complot s’articule autour des
arrestations de citoyens israéliens par le FBI juste après le 11
septembre. Le très officiel mémorandum de la Commission nationale sur
les attaques terroristes du 11 septembre (rapport de la Commission du
renseignement du Sénat américain), intitulé « La Surveillance
israélienne des futurs pirates de l’air et des suspects du FBI dans les
attaques du 11 septembre et son échec à donner aux Etats-Unis les
avertissements nécessaires : le besoin d’une enquête publique » (publié
le 15 septembre 2004), rapporte de nombreux faits qui ne peuvent
qu’alimenter la polémique.
Que
dit ce rapport du Sénat ? Des groupes israéliens (plus de 125
personnes), sous couvert d’espionnage dans le cadre de la DEA
américaine (Drug Enforcement Agency), suivaient sur le sol américain
les activités des islamistes. Ces « Israeli DEA Groups » se divisaient
en cellules (New Jersey, Hollywood en Floride, etc.), toutes basées à
proximité des cellules islamistes. Leurs moyens lourds d’écoute
(notamment des communications de mobiles) font croire aux auteurs du
rapport qu’ils disposaient très certainement des détails précis de
l’opération terroriste en préparation. Le principal groupe israélien
jouxtait à Hollywood le centre de commande des opérations terroristes
(…) Le matin du 11 septembre, juste après le premier impact sur les
tours jumelles, plusieurs membres de la cellule israélienne du New
Jersey, écoutés par le FBI, se seraient réjouis au téléphone du succès
de l’opération
Le
rapport souligne le décalage entre les avertissements vagues donnés par
les Israéliens aux Américains dans la deuxième moitié d’août 2001 et la
précision des informations dont disposaient certainement les groupes
qui évoluaient sur le territoire américain et « tenaient à la culotte »
les groupes islamistes ; il s’interroge sur le rôle de la CIA qui
semblait protéger ces groupes israéliens et sur l’ambiguïté de la
coopération du « renseignement extérieur » avec le FBI, lequel n’hésita
pas à placer plusieurs de ces citoyens israéliens incriminés sur la
liste des suspects du 11 septembre, au même titre que les islamistes.
Mais ces Israéliens ne resteront pas longtemps aux Etats-Unis. Sans
doute du fait des pressions de la CIA et de ses relations avec le
Mossad, ils seront expulsés libres, vers Israël et l’on ne parlera plus
de l’affaire des espions israéliens du 11 septembre, encore moins en
France d’ailleurs qu’aux Etats-Unis (…) A cela s’ajoute l’ensemble des
spéculations financières étranges, remarquées par la Commission des
opérations de Bourse de New York (…) ».
OPÉRATION SOUS FAUX DRAPEAU ?
« Si
l’on fait la synthèse de ces trois volets, chacun ébranlant fortement
la thèse officielle, on voit alors s’esquisser une sorte de complot –
pas nécessairement à un niveau gouvernemental ou présidentiel, mais
associant obligatoirement des composantes du renseignement américain et
(ou) israélien – se superposer au complot islamiste. Une conspiration
chargée de réussir un attentat sous « faux drapeau » de façon à
justifier des choix politiques américains forts. Al-Qaïda, dont la
responsabilité dans le 11 septembre proprement dit n’a jamais vraiment
été établie, ne serait dès lors que le réseau exécutant et le
responsable visible de cette conspiration. Des avions pilotés à
distance auraient été téléguidés sur des tours qui devaient s’effondrer
sous l’effet de destructions contrôlées à l’explosif, orchestrées à
partir du centre de contrôle du bâtiment 7. Le vol AA 77 aurait atterri
sur une base militaire de l’Ohio où il aurait disparu avec ses
passagers et il aurait été remplacé par un drone Global Hawk envoyé sur
l’aile en réfection du Pentagone (…) »
« Les
événements tragiques du 11 septembre auraient alors constitué le
premier acte d’une sorte de coup d’État invisible limitant les libertés
civiles (Patriot Act), et donnant des marges de manœuvre géopolitiques
considérables tant à l’Amérique (Asie centrale, Irak, Iran, etc.) qu’à
Israël (libéré des contraintes internationales sur la Palestine grâce
au spectre du terrorisme international), ainsi que des perspectives
économiques nouvelles au complexe militaro-industriel et à l’industrie
pétrolière des Etats-Unis ».
« Dans
une Amérique hantée par le souvenir de l’assassinat de Kennedy et par
les ambiguïtés de l’attaque japonaise de Pearl Harbor, profondément
marquée par la culture du complot (ses thrillers multiplient les
scénarios de coup d’Etat invisible contre les vieilles libertés
américaines), et où la CIA a de lourds antécédents en matière
d’opérations sous « faux drapeau », la thèse du complot intérieur
est-elle vraiment plus étonnante que la thèse officielle selon laquelle
des gens peu expérimentés et non rompus aux techniques du renseignement
auraient réussi une opération aussi extraordinaire ? Reste toutefois,
pour les tenants de la thèse officielle, l’argument le plus fort :
comment une telle conspiration n’a-t-elle pas pu être démasquée dans un
pays où tant de contre-pouvoirs peuvent jouer et où tant d’hommes
farouchement attachés à leurs libertés sont prêts à se dresser pour
« tuer Liberty Valance », pour paraphraser le titre de l’un des plus
célèbres westerns de John Ford ? ».