
Perspectives DÉSINTOX Sommaire
La méthode Sarkozy :
Le trafic de mémoires
Vieille recette pour remonter le moral des troupes et de leurs familles lorsque le doute s’installe, lorsque la guerre à l’étranger ne fait plus aucun sens (sauf à continuer de servir des « alliés » dont la loyauté et l’honnêteté, quant à leurs motivations réelles, est de plus en plus douteuse, et à combattre des « ennemis » qui n’ont rien fait --à la France, à l’Europe-- pour mériter ce que nous leur faisons) : faire passer l’ennemi pour un « barbare », un « moyenâgeux », un terroriste, un non-humain dont notre brillante « civilisation » a tout intérêt à se débarrasser au plus vite sous peine de le voir rappliquer chez nous pour troubler la quiétude de nos chaumières, de nos trains et de nos avions avec ses bombes…
La déshumanisation de l’ennemi est un classique de la propagande la plus grossière, illustrée par les affiches de la première guerre mondiale où l’Allemand était représenté comme un gorille casqué, armé d’une massue, ou par celle où l'on voit la "générosité française" donner à boire au blessé du camp d'en face alors que la "barbarie allemande" l'étripe d'un coup de baïonnette.
Il y a quelques jours, dix de nos soldats sont morts loin du pays dans une guerre non déclarée contre un ennemi invisible qui a l’appui d’une majorité de la population locale face aux occupants de l’OTAN. Mais la revanche (qui ose nier que ce n’en était pas une ?) fut terrible d'après les récents communiqués de presse que nos journaux se sont empressés de camoufler derrière une avalanche de sous-informations diverses.
Vendredi soir, les
Américains avaient démenti, annonçant même la mort de trente
« insurgés ». En réalité, ce sont probablement plus de 90 civils
qui ont été tués par les avions de l'Otan, près du village d'Azizabad, dans le
district isolé de Shindand, où les talibans sont très présents, à quelque
120 km d'Hérat. Une commission d'enquête met en cause le manque de
coordination entre forces américaines et afghanes.
Le ministre des Affaires
religieuses du gouvernement de Kaboul s'est rendu sur place. Il a constaté « que
le bombardement a été très intense et que beaucoup de maisons ont été
détruites ». Selon ce témoin, la plupart des victimes sont des
femmes et des enfants.
Des journalistes qui se sont rendus sur place,
samedi, sous escorte policière, ont vu plusieurs maisons
détruites, mais les
corps avaient déjà été enterrés.
Dans un cimetière voisin, vingt nouvelles
tombes avaient été creusées. Il est pour l'instant
impossible de donner un
bilan de source indépendante. La région était
calme, hier, mais des manifestants
ont clamé « mort à
l'Amérique ». Le président Hamid Karzaï a
annoncé
le renvoi de deux officiers supérieurs de l'armée, pour
« négligence » et
« rétention d'information ».
« Les soldats de
l'Otan ont abattu samedi quatre civils afghans et en ont blessé trois autres
qui avaient refusé de s'arrêter à un point de contrôle dans le sud du pays. Les
sept personnes circulaient à bord d'un véhicule dans la province d'Helmand, et
le conducteur de la voiture a refusé d'obtempérer aux forces armées. De
nombreuses voix se sont élevées récemment pour dénoncer la mort de centaines de
civils ces derniers mois en Afghanistan.
Neuf
policiers afghans ont été tués dimanche dans le bombardement d'un poste de
police par les forces internationales dans l'ouest de l'Afghanistan. L'opération a été lancée à
la suite d'une confusion, selon les autorités locales.
Des combats ont éclaté tôt
dimanche dans la province de Farah lorsque des policiers d'une part, des
soldats afghans et des forces internationales d'autre part se sont pris
réciproquement pour des talibans, a déclaré le gouverneur provincial adjoint,
Mohammad Younus Rasouli. La police a ouvert le feu sur les soldats étrangers et
afghans, qui ont réclamé un soutien aérien, a-t-il poursuivi.
"L'Isaf (la Force internationale d'assistance à la sécurité de l'OTAN) a bombardé le poste de police, tuant neuf policiers et en blessant cinq autres", a affirmé le responsable local. L'Isaf a pour sa part indiqué que l'opération avait été menée par la coalition sous commandement américain, l'autre force internationale présente en Afghanistan. La coalition a confirmé qu'un incident s'était produit et indiqué mener une enquête.
A plusieurs reprises, les
forces internationales ont tué des civils par méprise. La semaine dernière, la
coalition menée par les États-Unis a annoncé avoir tué huit civils dans une frappe
aérienne qui visait des talibans dans la province de Farah.
Selon les autorités
afghanes, neuf femmes et un garçon ont été tués.
La
coalition et l'Isaf enquêtent par ailleurs sur des informations de responsables
afghans selon lesquelles 64 civils auraient été tués dans deux frappes lancées
au début du mois dans le nord-est de l'Afghanistan. L'une de ces frappes a
touché les participants à un mariage, tuant 47 personnes dont la mariée,
selon les résultats d'une enquête demandée par le président Hamid Karzaï
.
Sur les quelque 700 civils afghans qui ont trouvé la mort au cours des six derniers mois dans le cadre de ce qu'il est convenu d'appeler les «dommages collatéraux», 255 auraient été tués par l'armée afghane et les troupes de la coalition. Les autres auraient été fauchés par les tirs des talibans, ou auraient sauté sur les bombes artisanales que les rebelles islamistes plantent le long des routes. Destinées aux convois militaires, elles explosent souvent à l'aveuglette.
Trafic de mémoires
Premier président à se
rendre sur les lieux du "village martyr", Nicolas Sarkozy a souhaité
"que chaque année, au moment où nous fêtons la libération de Paris, nous
ayons une pensée pour Maillé". Le 25 août 1944, des soldats allemands
avaient tué 124 des quelque 500 habitants de ce village d'Indre-et-Loire.
En ignorant si longtemps le
drame de Maillé, en restant indifférente à la douleur des survivants, en
laissant s'effacer de sa mémoire le souvenir des victimes, la France a commis
une faute morale", a déclaré Sarkozy, premier président à se rendre sur
les lieux du "village martyr", le jour anniversaire du massacre,
perpétré le jour-même de la Libération de Paris.
"C'est cette faute qu'au
nom de la Nation toute entière, je suis venu reconnaître et réparer
aujourd'hui", a ajouté le chef de l'Etat, devant une foule de plusieurs
centaines de personnes, qui l'ont chaleureusement applaudi.
Selon lui, à l'aune du
"souvenir tragique" de ce massacre, "on comprend mieux (...) ce
que veut dire la civilisation et pourquoi il faut la défendre quand elle se
trouve confrontée à la barbarie la plus totale".
"Je
pense notamment au sacrifice de nos dix jeunes soldats face à ces barbares
moyenâgeux, ces terroristes que nous combattons en Afghanistan", a-t-il
ajouté, en faisant référence aux dix militaires tués la semaine dernière après
une embuscade des talibans à l'est de Kaboul.
AFP/Gerard
Cerles
Le trafic de mémoire, qui devrait être sanctionné, au nom de l’honneur attaché à toute charge publique, tout comme le sont le trafic d’influence et l’abus d’autorité, consiste non pas à honorer comme il se doit les victimes des conflits, les sacrifiés au devoir, etc., ce que tout chef d’État ou de gouvernement accomplit dans la dignité qui sied à la circonstance, mais à faire un spectacle de telles commémorations, à s’en servir pour justifier une cause douteuse, sans rapport direct avec la cérémonie. Il suffit de relire les deux derniers paragraphes, ceux qui font la jonction entre la « barbarie » d’hier et celle d’aujourd’hui, contre laquelle se défend notre (soi-disant irréprochable) « civilisation » grâce au sacrifice de nos jeunes soldats… pour comprendre la nuance que nous faisons ici.
Le président est venu, dit-il, « réparer une faute », celle de l’oubli d’un acte de barbarie commis par l’ennemi d’hier, l’Allemand, qui a bon dos, même s’il y avait peut-être dans ses rangs, comme à Oradour, des « malgré nous » alsaciens.
Est-il prêt à réparer les fautes imputables aux actes de barbaries (l’euphémisme tragi-comique de « bavure » devrait nous faire honte) de nos soldats ou de leurs alliés dans l’Afghanistan occupé ?
La réponse est évidemment non car, ce faisant, il démoraliserait nos soldats et serait contraint de les rapatrier rapidement, blessant au passage « l’ami américain ».
Est-il prêt, à chaque grande commémoration, comme pour celle du 8 mai 1945, à réparer la faute de l’oubli des crimes commis en ces jours glorieux par les forces françaises ou les « résistants » ?
La réponse est sûrement non, car cela reviendrait à relativiser les crimes de l’ennemi, proportionnellement à ceux commis par les « nôtres », à polir la figure du « barbare » adverse tout en durcissant celle du « civilisé » de notre propre camp.
Rappel opportun d'une barbarie bien de chez nous
Nous ne ferons pas ici la liste, très noire et très longue, des crimes de la résistance partiellement répertoriés par les historiens. Cependant, un petit rappel des faits à propos des grands massacres de Sétif et Guelma déclenchés le 8 mai 1945 ne sera pas de trop pour éclipser les effets de manche de la rhétorique sarkozienne. Voici un extrait de Wikipedia à ce sujet :
Les massacres de Sétif et Guelma
sont
des répressions sanglantes d'émeutes nationalistes qui
sont survenues en 1945 dans le département de Constantine en
Algérie
durant la période coloniale française.
Elles
débutent le 8 mai 1945 :
pour fêter la fin des hostilités et la victoire des
Alliés sur les forces
de l'Axe, un défilé est organisé. Les partis
nationalistes algériens,
profitant de l'audience particulière donnée à
cette journée, décident par des
manifestations pacifiques de rappeler leurs revendications
patriotiques. Après
des heurts entre policiers et nationalistes, les manifestations
dégénèrent en
émeutes et provoquent d'abord des massacres d'Européens
dans les régions de Sétif et Guelma. L'armée
française exerce alors une répression qui va
prendre des proportions considérables et durer plusieurs
semaines.
Il y aura
parmi les « Européens » plus d'une centaine de morts et autant de
blessés. Le nombre des victimes autochtones, difficile à établir, est encore
sujet à débat ; les autorités françaises de l'époque fixèrent le nombre de
1165 tués, un rapport des services secrets américains à Alger en 1945 notait
17000 morts et 20000 blessés, le gouvernement algérien avance le nombre de 45
000 morts, alors que suivant les historiens le nombre varie de 8 000
(Charles-Robert Ageron, Charles-André Julien) à 45 000 victimes.
(………………)
La répression, menée par
l'armée et la milice de Guelma, est d’une incroyable violence : exécutions
sommaires, massacres de civils, bombardements de mechtas. Deux croiseurs, le
Triomphant et le Duguay-Trouin, tirent plus de 800 coups de canon depuis la
rade de Bougie
sur la région de Sétif. L'aviation bombarde et rase plus ou moins complètement
plusieurs agglomérations kabyles. Une cinquantaine de « mechtas »
sont incendiées. Les automitrailleuses font leur apparition dans les villages
et elles tirent à distance sur les populations. Les blindés sont relayés par
les militaires arrivés en convois sur les lieux. À l’image d’une milice de 200
personnes qui se forme à Guelma sous l'impulsion du sous-préfet André
Achiary qui distribue toutes les armes disponibles,
soit les 60 fusils de guerre qui équipaient les tirailleurs et se livre à une
véritable chasse aux émeutiers. Pendant deux mois, l’Est de l’Algérie connaît
un déchaînement de folie meurtrière.
De
nombreux corps ne peuvent être enterrés ; ils sont jetés dans les puits,
dans les gorges de Kherrata en Kabylie. Des miliciens utilisent les four
à chaux
pour faire disparaître des cadavres. Saci Benhamla, qui habitait à
quelques centaines de mètres du four à chaux d’Héliopolis, décrit
l’insupportable odeur de chair brûlée et l’incessant va-et-vient des camions
venant décharger les cadavres, qui brûlaient ensuite en dégageant une fumée
bleuâtre.
Le but de ce rappel n’est pas ici de se prêter au jeu des cadavres que l’on sort des caves de Barbe Bleue enfouie dans l’histoire des guerres sales pour demander des comptes à leurs auteurs présumés. Toutes les guerres sont sales et conservent des zones d’ombre que personne ne souhaite mettre au jour, hormis peut-être les descendants directs des victimes n'ayant pas fait leur deuil. Toute l’histoire est traversée de bruits, de fureurs et d’horreurs sans nom qui méritent, sauf pour les cercles retreints attachés aux reliques tragiques, et pour les historiens, d’être laissés au silence sépulcral de leur anonymat.
Il est aussi des victoires et des défaites, des résistances et des redditions, des héros tombés au champ d'honneur ou fauchés au poteau d'exécution, des peuples sacrifiés, des victimes immolées dans l'ombre de chaque conquête, de chaque repli historique dont l'humble souvenir élève au sentiment tragique de la vie ceux qui le cultivent. Et comme tous les rites, ceux-ci doivent être respectés.
Mais l’exhumation unilatérale et spectaculaire d’horreurs particulières permettant de pointer un doigt accusateur dans une direction spécifique tout en nimbant de sainteté ses propres exactions est précisément ce que nous entendons par trafic de mémoires et qui doit être dénoncé sans concession.
Non Monsieur Sarkozy, vous ne nous ferez pas prendre les vessies pour des lanternes !
Et d’ailleurs, vous ne trompez plus grand monde avec vos actes de contrition sur la poitrine des autres.
Quelques commentaires décapants
Voici, en guise de conclusion, quelques réactions de lecteurs désabusés du Figaro à propos des récentes bavures et des commémorations fabriquées de toutes pièces qu'on tente de nous faire avaler :
capjuby - 25/08/2008 17:39:20
Il ne manque plus que ce sombre idiot de
sarko pour venir se faire mousser au sujet de MAILLE ça le fera remonter dans
l'opinion publique à cet analphabète illettré de surcroît
enak - 25/08/2008 17:02:17
Près de 20% d'une population communale
massacrés, mais dans le contexte de l'été 1944 qui sent déjà le début de la fin
du IIIème Reich, avec ses innombrables et abominables exactions, je comprends
que dans cette petite commune on n'ait jamais digéré cet oubli mémoriel, en un
temps où tout est sujet à devoir de mémoire. Pour autant avec M.SARKOZY et le
parallèle fort opportun pour ses intérêts auquel il se livre, de nature à faire
digérer à l'opinion publique l'intervention militaire en Afghanistan et les
pertes humaines en découlant, on peut se demander si cela ne serait pas, comme
il a l'habitude de le faire, une instrumentalisation de plus! "Maillé veut
comprendre", mais a t-on une explication à fournir sur les atrocités
bi-millénaires des hommes en temps de guerre? Maintenant, "les
anciens" ont le droit à la reconnaissance nationale de leurs épreuves
passées dans le terrible contexte 1939-1945, sur lequel, n'en déplaise à
beaucoup, on a certainement pas tout appris.
sinjust - 25/08/2008 16:46:38
Reconnaissons à Sarkozy le mérite de sortir
cet épisode tragique de l'ignorance et de l'oubli... On ne sait pourquoi
certaines choses persistent et d'autres s'effacent rapidement. Quant à
comprendre les raisons de ce massacre, il s'agirait de ("simples")
représailles suite à des actions de la Résistance...
Josephine - 25/08/2008 15:59:01
Je suis tout à fait d'accord avec Majdad et
Patrick. Et est-ce que le fait de savoir la vérité sur qui a perpétré ce
massacre va changer quelque chose ? Toutes les commémorations ne changeront
rien au fait que quand il y a la guerre, c'est toujours pour une "bonne
cause" (surtout quand il s'agit de s'approvisionner en pétrole....) et
qu'il y a toujours des civils qui périssent malgré les soi-disant frappes
chirurgicales dont on nous a parlé pendant des semaines lors des récents
conflits, qui durent toujours et qui ont apporté leur lot quotidien
d'horreur...On n'en parle plus parce que "le bon peuple", c'est mieux
de le garder dans l'ignorance... et dans quelques années des drames comme
Maillé ressortiront dont on ne parle pas aujourd'hui et une fois encore on se
demandera "Pourquoi, Pourquoi" ??? Il n'y a pas de réponse, ni de
justification et peu importe qui a agi, ou sur les ordres de qui, .....c'est la
folie des hommes dans leur position de dominant.
majdad - 25/08/2008 14:59:52
Concernant l'identité des massacreurs, n'a
-t-on pas peur, de surtout découvrir la véritable identité des soldats de
l'armée allemande ayant perpétré ce massacre, dont on sait que tous n'étaient
pas à l'origine de nationalité allemande mais incorporés d'office dans cette
armée . Pour faire plus clair n'a -t-on pas peur de découvrir que des
"malgré nous" dont on sait que certains avaient participé quelques
jours plus tôt au massacre d'Oradour, faisaient partie des
"massacreurs"...........?????????????
patrick - 25/08/2008 14:22:12
Sarkozy va nous refaire chaque année le coup
d'un Guy Mocquet bis. Les horreurs d'une guerre qu'il n'a pas connu lui donnent
de quoi se la jouer compassionnel jusqu'à la fin de son mandat. Porter l'avenir
de la France ne lui suffit pas, il lui faut aussi faire celui qui assume le
passé. Ce faisant, il ne l'assume pas, il s'en sert pour sa propre comm. Qui
osera lui rappeler qu'à cette époque, pas si lointaine, ses futurs parents
n'étaient même pas français ? Ceci explique sans doute cela. Il n'est
assurément pas le mieux placé pour parler au nom des victimes de ces atrocités,
mais qui s'en soucie quand il s'agit de remonter dans les sondages alors que la
rentrée sociale et économique s'annonce difficile ?
martineau - 25/08/2008 13:43:18
Ce n'est pas étonnant du tout, la même chose
se répète en Afghanistan ou en Irak, chaque fois qu'une armée d'occupation
subit des dégâts, elle se venge sur les civils, en 1944 c'était avec des
canons, aujourd'hui c'est avec des avions de combat qu'on s'en prend aux civils
( 84 morts il y a à peine 4 jours en Agfghanistan ). alors je pense qu'il faut
plus se poser de questions " pourquoi ", ça saute aux yeux.
herve - 25/08/2008 13:31:39
En Afghanistan aussi, un jour les enfants du
village ou 90 civils se sont fait massacrer par l'otan se diront "mais
pourquoi ??"
la haine - 25/08/2008 13:31:32
La haine tout simplement les Allemands avaient la haine des Français et se sont défoulés sur ce village c'est tout. Regardez ce qui se passe dans nos banlieues profondes avec les racailles et autres islamistes c'est exactement ça. C'est marrant cet aveuglement des gens à ne pas voir la réalité !
J.M.
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