
Perspectives DÉSINTOX Sommaire
Pierre
Le Vigan
Qui connaît le sourire de Mme Royal ?
Note sur le sourire terminal de
l’impolitique
Il y
a des sourires de femmes qui n’embrassent pas. Et des sourires de bois que l’on
n’aimerait pas rencontrer au coin d’un bois au cours d’une nuit sans lune comme
disait Philippe Muray à propos du sourire de Ségolène Royal (Le sourire à
visage humain,
Manitaba-Les Belles Lettres, 2006). Ce sont les sourires
d’un pays enfin apaisé, c’est-à-dire vraiment
mort. C’est le sourire terminal
du Dalaï Lama – et même du Dalaï Mama, le sourire
de toutes les ‘’Maman’’ – et
surtout pas des Putains. C’est le sourire niais de
« juste l’ordre »
– et non pas l’ « ordre juste ».
Au nom de ce sourire, tout
devient possible. La tautologie (la Totologie : c’est Toto
qui entre en
politique) : il faut « libérer les
libertés » dit Ségolène Royal
(Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, La femme fatale,
Albin Michel,
2007). D’autres veulent « ouvrir la voie à
l’ouverture ». Et pourquoi
pas « trouer le trou » comme dit encore Philippe
Muray ? Ou
« défricher la friche » ? On
prête justement (à tort ou à
raison) à Ségolène Royal l’idée, dans
les années 80, de réunir les chefs des pays
industrialisés dans une friche industrielle (La femme fatale, op. cit.).
L’idée est bien – et c’est l’essentiel – dans l’esprit du temps, comme les
défilés de mode place du Colonel Fabien.
Oui,
tout devient possible. Le retour du Christ aussi. Ségolène Royal nous le
dit : « Je suis habitée » (par les forces de l’esprit, et plus
si affinités). A propos de ses supporters, elle précise : « Je les
porte, je m’imprègne de cette force populaire », et poursuit :
« aidez-moi, portez-moi ». « Bon sang, mais c’est bien
sûr » comme il est dit dans Les cinq dernières minutes. Nous
savions que Jésus avait des frères, eh bien, voici leur mère, la mère de tous
les petits jésus. Et c’est exactement de cela qu’il s’agit. Le sourire de
Ségolène, c’est le sourire que l’on voit deux heures moins le quart avant la
fin de la France et avant la fin des peuples. Car il ne faut pas s’illusionner :
la mort de la nation des nations sera la fin de toutes les nations. En
attendant, l’esprit christique finit par des niaiseries scout. Ségolène Royal
dit : « Venez. Serrons-nous les coudes ! Ensemble nous allons rendre
le sourire à notre pays, ensemble nous allons conjurer les mauvais démons de la
déprime et du déclin ! » (La femme fatale, op. cit.). Ségolène
sourit, et la fatale sourieuse sourit même de se voir sourire. Ce sourire tuera
notre pays et tuera toute joie de vivre
et toute envie de lutter car c’est « un sourire qui se lève après
la fin du deuil de tout » comme disait formidablement Philippe Muray. Sauf
si… sauf si nous y répondons par un rire libérateur.
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